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Hautes-Alpes : un positionnement fort pour développer des projets d'énergies renouvelables

La crise sanitaire a montré combien il était capital pour un département de ne pas dépendre d'une monoactivité. Aujourd'hui, les Hautes-Alpes ont une carte à jouer dans la transition énergétique et doivent saisir les opportunités qu'offre le plan France Relance.
Hautes-Alpes : un positionnement fort pour développer des projets d'énergies renouvelables
Patrick Domeyne/Addet - L'assemblée générale de l'Addet s'est tenue dans un domaine arboricole, en visioconférence.

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L'année 2020 aura marqué « un coup d'arrêt brutal après cinq années de croissance dans les Hautes-Alpes », résume Patrick Ricou, président de l'Agence de développement économique et touristique du département (Addet), dont l'assemblée générale s'est tenue en visioconférence vendredi 28 mai. Les chiffres sont sans appel : au 30 octobre 2020, le chiffre d'affaires cumulé des entreprises s'établit à 4,088 milliards d'euros, accusant une baisse de 4,24% sur 12 mois glissants. Tous les secteurs sont concernés : le BTP (- 8,36%), le commerce (- 1,39%), l'hôtellerie-restauration (- 12,86%). Les investissements, eux, reculent de 7,13%. « Seules les ventes immobilières demeurent élevées avec + 5,14% », remarque M. Ricou. De fait, en 2020, le taux de chômage a atteint 8,4% et 16 600 personnes sont sans emploi depuis le début de 2021.

« Les Hautes-Alpes et la Savoie sont les départements qui connaissent la plus forte hausse du taux de chômage. Et pourtant, on peine à recruter dans le BTP, l'hôtellerie-restauration et l'agriculture », constate le directeur de l'Addet, Yvan Chaix.

Les entreprises haut-alpines font partie de celles qui ont le plus mobilisé efficacement les dispositifs de soutien de l'Etat et la de Région : 190 M€ de prêts garantis par l'Etat, 39,18 M€ de fonds de solidarité, 32,89 M€ d'exonérations fiscales et sociales, et 26 233 salariés qui ont bénéficié du chômage partiel, soit 70% de l'emploi privé. « Les défaillances d'entreprises (- 14,2%) ont ainsi pu être contenues », poursuit Yvan Chaix.

2021 s'annonce compliquée. « Nous allons perdre 20% d'activité, car le moteur de notre économie reste le tourisme », calcule le directeur. Alors que depuis 2014, le département enregistre une croissance continue de sa fréquentation touristique en toute saison, 2020 fait état d'un mauvais bilan avec 18,7 millions de nuitées touristiques (-17,5%) et 975 M€ de chiffre d'affaires (-21%), malgré un été record. L'arrêt des remontées mécaniques cet hiver aura porté un coup très dur à l'activité économique haut-alpine.

Tout au long de cette crise, l'Addet se sera fortement impliquée pour faire entendre les difficultés spécifiques au territoire auprès des gouvernants, notamment en signant la requête devant le Conseil d'Etat, le 4 décembre dernier, dans l'espoir de voir suspendre la fermeture administrative des remontées mécaniques décidée par le gouvernement. « Certes nous n'avons pas été entendus, mais la mobilisation a permis d'obtenir des compensations satisfaisantes, même si elles ne couvrent pas le manque à gagner de 120 M€ pour les seules vacances de Noël », indique Patrick Ricou. L'Addet aura aussi aidé à la reprise d'activité des entreprises, en collaborant à la rédaction des protocoles sanitaires, puis en valorisant les bonnes pratiques, et mobilisé les aides financières disponibles pour aider les entreprises à faire face

169 projets structurants recensés

Désormais, l'Agence de développement se concentre sur l'avenir. Avenir qui passera forcément par la transition énergétique. « Les Hautes-Alpes sont à la fois l'un des départements les plus touchés par le réchauffement climatique et aussi parmi les plus vertueux en matière d'écologie. Certes, il reste du chemin à faire. Il faut trouver un juste équilibre entre la préservation de notre nature d'exception et son exploitation », pointe Patrick Ricou. Cet objectif se heurte à des murs. « Les entreprises essaient d'innover et d'intégrer le volet énergétique à leur projet, mais sont confrontées à des normes, à des lourdeurs administratives et à des oppositions », regrette le président de l'UPE 05, Michel Garcin. Le Département s'est lui aussi emparé de la question.

« Nous nous sommes positionnés pour créer des Sem [sociétés d'économie mixte, NDLR] hydroélectriques. Aujourd'hui, il y a une levée de bouclier contre la privatisation des barrages. Demain, nous voulons participer à leur gestion, être acteur de cette gestion de l'eau », indique le président du département des Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard.

La balle est dans le camp du gouvernement, précise Yvan Chaix. Le Département a aussi acté la constitution d'une Sem énergie pour porter la construction d'ouvrages d'énergies renouvelables, assurer leur exploitation et leur distribution.

L'avenir passe également par le fait de saisir les opportunités qu'offrent France Relance et les plans sectoriels portés par l'Etat, la Caisse des dépôts et ses filiales. L'Addet en est l'un des coordinateurs locaux. Avec l'ensemble du monde économique, les représentants de l'Addet ont rencontré les exécutifs intercommunaux des Hautes-Alpes, dotés de la compétence économie, pour recenser les projets éligibles : 99 sont portés par des collectivités et 70 par des entreprises. Car il s'agit aujourd'hui de ne pas rater le train en marche.

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