AccueilTerritoiresYvan Chaix : « Même peu nombreuses, nos industries sont parmi les plus performantes dans leur domaine »

Yvan Chaix : « Même peu nombreuses, nos industries sont parmi les plus performantes dans leur domaine »

Alors que la semaine de l'industrie vient de s'achever, le directeur de l'Agence de développement économique et touristique (Addet) des Hautes-Alpes, Yvan Chaix, dresse un portrait du secteur.
Yvan Chaix, directeur de l'Agence de développement des Hautes-Alpes.
Agence de développement des Hautes-Alpes - Yvan Chaix, directeur de l'Agence de développement des Hautes-Alpes.

TerritoiresHautes-Alpes Publié le , Propos recueillis par Marie-France SARRAZIN

TPBM : Les Hautes-Alpes sont le département le moins industrialisé de France. Comment l'expliquer ?

Yvan Chaix : Ça n'a pas toujours été le cas. Il y avait ici une longue tradition industrielle, aux XIXe et XXe siècles. Les choses sont différentes aujourd'hui. Ça s'explique facilement : il suffit de regarder la géographie et la démographie. La part de l'industrie représente 5 % de la population active, soit 3 000 emplois répartis dans 400 entreprises dans les Hautes-Alpes. Parmi elles, 350 comptent moins de 10 salariés. Même si les industries sont peu nombreuses, quelques-unes sont parmi les plus performantes de France et d'Europe dans leur domaine. Nous possédons quelques grands pôles. L'aéronautique, autour de l'aérodrome de Gap-Tallard. Beringer, spécialiste des roues et des freins, et Icarius, dans la maintenance, sont des leaders européens dans leur niche. Dans l'agroalimentaire, nous avons quelques belles sociétés d'envergure régionale. Il existe aussi des entreprises historiquement installées, comme Extruflex, à La Roche-de-Rame, leader dans la fabrication et la distribution de plastique. On peut ajouter le BTP. Nous possédons des PME remarquables et aux belles marges de progression.

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Vous avez justement pris le parti de concentrer vos efforts sur la croissance de ces sociétés déjà implantées plutôt que d'essayer d'en attirer de nouvelles...

Exact. La cinquantaine d'industries employant plus de 10 salariés a besoin des leviers de croissance que sont la formation, le recrutement, les nouveaux débouchés commerciaux et le foncier. Il est important de les accompagner. Evidemment, si des entreprises désirent s'implanter dans les Hautes-Alpes, elles sont les bienvenues et nous leur faciliterons la tâche.

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L'Agence de développement accompagne le laboratoire Acanthis, en pleine croissance. (Crédit : Agence de développement des Hautes-Alpes)

Plus de 400 collégiens et lycéens ont été accueillis dans 18 entreprises dans le cadre de la semaine de l'industrie. Est-ce que ce genre d'opération fonctionne ?

Ces métiers souffrent d'une perception erronée, comme dans les métiers manuels. Et pourtant, ce sont des métiers qui font sens, qui offrent des perspectives, qui embauchent et rémunèrent bien. D'où la nécessité de présenter leur richesse et leur diversité aux jeunes générations, mais aussi aux femmes, très peu présentes dans l'industrie haut-alpine (33 %), aux parents et à l'Education nationale.

L'Agence de développement aide les sociétés à trouver du foncier pour s'agrandir. Quels sont les derniers exemples en date ?

La Métallerie Chevalier a racheté la Miroiterie gapençaise et a développé Thermolaqualp, spécialiste du traitement des surfaces des pièces métalliques. Ces trois entités réunissent une centaine de collaborateurs. L'entreprise était à la recherche de foncier pour augmenter ses unités de production. Tout est en cours de rapatriement à La Roche-des-Arnauds. Le laboratoire Acanthis, spécialisé dans les extraits végétaux, à Lardier-et-Valença, est tout jeune et connaît une croissance incroyable avec ses 35 salariés. Nous l'aidons dans ses extensions, ses investissements, ses recrutements.

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Comment intervenez-vous en matière de recrutement ?

Nous sommes au plus près des entreprises et des branches professionnelles pour identifier les besoins en main d'œuvre. Nous travaillons en lien avec Pôle Emploi, qui déploie des efforts considérables, et ensuite, nous promouvons ces offres d'emploi sur le territoire. Le jeune actif cherche à la fois un emploi qui correspond à ses aspirations et aussi un cadre de vie. C'est d'autant plus vrai depuis la crise sanitaire. Sur la formation, nous entreprenons un travail au plus long cours sur l'adaptation des offres et le maillage régional. Bon nombre d'entreprises cherchent des chaudronniers, qui sont formés dans le bassin arlésien. Il y a nécessité de rapatrier la formation ou de créer des passerelles plus fortes entre les entreprises haut-alpines et les lieux de formation pour capter cette main d'œuvre.

Qu'est-ce qui fait qu'un territoire est un terreau fertile pour l'industrie ?

Le logement, les transports et l'installation des conjoints. Il faut certes créer un environnement favorable, mais la réussite provient avant tout de l'entrepreneur qui prend des risques.

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