AccueilTerritoiresSeul sur Mars : l'habitat durable fait ses premiers pas à l'Isle-sur-la-Sorgue

Seul sur Mars : l'habitat durable fait ses premiers pas à l'Isle-sur-la-Sorgue

Avec le lancement de Seul sur Mars, GDH innove avec un quartier de six villas à caractère social à haut niveau de confort sans charges d’énergie pour ses habitants. Un projet d'habitat qui sera réalisé à l'Isle-sur-la-Sorgue.
Michel Gontard, Emmanuelle Cosse et Pierre Gonzalvez posent un pied sur "Seul sur Mars".
E. Brugvin - Michel Gontard, Emmanuelle Cosse et Pierre Gonzalvez posent un pied sur "Seul sur Mars".

TerritoiresVaucluse Publié le ,

La construction d’un ensemble de maisons à caractère social avec un grand niveau de confort sans charges pour ses habitants devient réalité. Ce projet ambitieux de Grand Delta Habitat prend enfin forme sur l’Isle-sur-la-Sorgue, avec le lancement de Seul sur Mars, sous la forme de six villas, chacune unique, toutes à énergie positive. Quand Xavier Sordelet, a lancé ce projet, il fallait lui trouver un nom. Le directeur général de GDH reprit alors le titre du film de 2015 de Ridley Scoot (Alien, Blade Runner, Gladiator…) adapté du roman d’Andy Weir. L’histoire décrit l’aventure d’un astronaute survivant, avec succès, en pleine autonomie, seul sur Mars, après un accident de vaisseau spatial. Le nom fut déposé par GDH peu après la sortie du film. Le projet fut présenté en grandes pompes au Palais des Papes d'Avignon en 2019.

10 ans d’expérience

Pour ce premier pas sur Mars, Michel Gontard, président de la coopérative de logement social,a invité Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat, ancienne ministre du logement et de l’Habitat durable. Ce chantier d’un à deux ans se déploie sur un terrain de 4 300 m2 au nord de la ville. Fin septembre, GDH désignera une entreprise générale pour piloter son dernier opus dans ses déclinaisons appliquées d’habitat durable. Son expertise débute avec un premier quartier à Monteux (84) de 13 villas à basse consommation à ossature bois. Puis en 2012, avec la Magnanerie et ses 24 appartements à énergie positive sur Jonquières (84) suivis de 10 villas à la Garidelle à Mérindol (84), saluées par le Prix National au concours du bâtiment bas carbone.

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Cumul de bonnes pratiques

D’un investissement estimé de 3,6 M€, financé pour 2,9 M€ par un prêt auprès de la Banque des Territoires, Seul sur Mars, va encore plus loin avec trois lots qui mutualisent leurs solutions énergétiques pour ne produire que 5 % de GES (gaz à effet de serre) par rapport à une construction classique. La collecte de l’eau de pluie sur les toits permettra de réduire de 30 % la sollicitation des nappes phréatiques. Les places de stationnement prévoient des bornes de recharge. La production d’énergie renouvelable des six maisons assurera 85 % des besoins des occupants. Le financement d'achat d'énergie des 15 % restant sera assuré par la revente des excédents produits par le site. Cette gestion énergétique devrait accroître le pouvoir d’achat de chaque ménage d’environ 1 200 € par an. L’air sera de meilleure qualité par l’utilisation de matériaux biosourcés, des peintures de classe A+ et la ventilation double flux. Le quartier se divise en trois lots chacun porteurs d’innovations, la Tour des ventes, les Marsupiennes et l’Isle Solaire.

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Touréolienne

Une des deux premières maisons du lot « la Tour des Vents », réalisé par le cabinet AAA (Avignon Atelier Architecture) disposera d’une construction de 15 mètres de haut équipée d’une éolienne de nouvelle génération pour la production d’électricité, de 4,20 mètres de diamètre et de 2,50 mètres de haut, installée à 1,50 mètres de la toiture et qui culminera à 15 mètres pour capter au mieux la puissance du vent. La tour bénéficiera d’une construction en sandwich composée d’un mur de structure fait de bétons décarbonés et teintés, d’un isolant et d’un parement extérieur en bois assurant une isolation phonique et thermique maximale aux pièces à vivre. Un système de contrôle solaire protègera les pièces orientées sud. Les deux maisons accueilleront une ventilation double flux alimentée par un puits provençal avec récupération de chaleur. La tour offrira quatre niveaux à ses occupants, avec une chambre par étage orienté sud au-dessus d’un espace jour semi-enterré. La seconde maison, troglodyte et bioclimatique, semi-enterrée, organisée autour d’un patio central, recevra son alimentation électrique de panneaux photovoltaïques. La construction semi-enterrée verra son énergie fournie par des panneaux posés sur des structures métalliques en forme d’arbres stylisés. Sa toiture végétalisée recevra des capteurs d’eau chaude solaire stockée. Un puits fournira un air tempéré ventilé toute l’année. Une pompe à chaleur air-eau prendra le relais en cas de faible ensoleillement.

La Tour des vents qui produira de l'électricité.

Marsupiennes

Au centre du quartier, le cabinet MAP de Marseille a conçu deux habitations troglodytes bioclimatiques jumelles protégées du mistral baptisée « les Marsupiennes ». Leur profil en forme de coques végétalisées équipées de panneaux photovoltaïques, en partie enterrée, rappellent la maison du Marsupilami. Des batteries de stockage installées au niveau de places de stationnement conserveront l’électricité. Si les chambres donnent face au sud, les séjours sont traversants et les espaces cuisine orientés est-ouest bénéficient de petits patios de part et d’autre. Une douche cyclique récupère l’eau et les calories. Si les coques inférieures emploient du béton, celles extérieures utilisent des matériaux biosourcés pour la plupart alliant bois, béton de terre lissé brut couleur locale, laine de bois pour l’isolation et charpente en lamellé collé pour la partie sud. Face au mistral, la construction adopte un béton bas carbone. Un enduit à base de chaux naturelle recouvre les façades.

Une préfiguration des Marsupiennes

L’Isle Solaire

Le dernier lot sur la commune l’isloise baptisé « l’Isle Solaire » réalisée par le cabinet d’architectes montpelliérain A&E, emmené par Laurent Pelus, spécialiste du HQE, signataire du « Manifeste de la frugalité heureuse », comprend deux maisons individuelles T4 de 95 m2 en bois biosourcés aménagées sur pilotis. Des panneaux photovoltaïques cristallins reposent sur une toiture en bois recouverte d’une membrane étanche avec un débord servant d’ombrière en été. Sa partie nord est végétalisée. Du douglas en teinte naturelle assure le bardage vertical.

Une préfiguration de l'Isle solaire.

Permaculture

GDH a abandonné la solution d’hydroliène pour produire de l’électricité, le débit du cours d’eau voisin s'avérant insuffisant. L’espace, non loin de réseaux d’irrigation agricoles, protégée par ses haies de cyprès conservées, offrira des jardins en permaculture et de composteurs dimensionnés pour valoriser la totalité des déchets organiques. Les parties communes disposeront d’un bassin de rétention des eaux. GDH a délaissé son projet initial de phyto-épuration in situ. La réglementation interdit ce procédé si près des habitations.

En termes de gouvernance, les habitants suivront une formation à la gestion participative de la résidence et sur l’optimisation des ressources énergétiques que n’a pas suivi Matt Damon alors qu’il était seul sur mars. Généreux, GDH compte partager ses retours d’expérience avec les autres opérateurs de logement social européens. Seul sur Mars est un site pilote accessible au plus grand nombre sur terre.

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