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Grève des avocats : une mobilisation sans précédent à Gap

Ce jeudi 16 janvier, des avocats de Toulon, Aix-en-Provence, Avignon et Carpentras sont venus soutenir leurs confrères haut-alpins alors que la grève contre la réforme des retraites suscite des tensions avec certains magistrats.
Grève des avocats : une mobilisation sans précédent à Gap
M.-F. Sarrazin - Des avocats de Toulon, Aix-en-Provence, Carpentras et Avignon s'étaient déplacés ce jeudi pour soutenir leurs confrères hauts-alpins.

Droit et chiffreHautes-Alpes Publié le ,

Face à la grève dure des avocats des Hautes-Alpes, qui refusent d'intégrer le régime général des retraites et de voir selon eux leurs cotisations doubler, les magistrats commencent à montrer des signes d'agacement. La tension est montée d'un cran au cours de plusieurs audiences ces derniers jours, certains magistrats ayant refusé de renvoyer des affaires, y compris civiles.

Plus déterminés que jamais, les avocats haut-alpins avaient convié des confrères des barreaux voisins de Toulon, Aix-en-Provence, Carpentras et Avignon à rejoindre les rangs des grévistes lors de l'audience correctionnelle de ce jeudi 16 janvier. Ils étaient donc une bonne cinquantaine à investir la salle d'audience. Me Pascale Girma, présidente de la conférence régionale des bâtonniers du Sud-Est et de la Corse avait même fait le déplacement.

« Le droit de grève est un droit constitutionnel »

La substitute du procureur a mis le feu aux poudres en lançant à l'assemblée que la grève était réservée aux salariés et que les avocats n'en faisaient pas partie. « Ce mouvement prive le justiciable de son droit d'accès à la justice », a déclaré Mélanie Loridan. La réponse du bâtonnier des Hautes-Alpes Me Priscillia Botrel ne s'est pas fait attendre :

« Le droit de grève est un droit constitutionnel. Il est grave de dire que les avocats portent atteinte aux droits du justiciable. Bien au contraire, le combat que nous menons ne sert pas que nos propres intérêts mais bien ceux de tous. Avec le doublement des cotisations, la profession est menacée et certains avocats amenés à disparaître. Or c'est bien l'intérêt du justiciable que d'avoir accès à un droit honorable à la justice. »

Propos corroborés par Me Girma : « L'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme est bafoué car le justiciable doit être assisté d'un avocat. Nous faisons partie du service public de la justice autant que vous », a-t-elle lancé à l'endroit de la représentante du parquet.

Finalement, toutes les affaires du tribunal correctionnel dans lesquelles intervenait un avocat ont pu être renvoyées. Y compris les quelques rares dossiers dont le parquet demandait le maintien. La mobilisation des barreaux voisins a manifestement porté ses fruits.

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