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Grasse : le centre ancien aura bientôt sa médiathèque

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Grasse : le centre ancien aura bientôt sa médiathèque
Serres - Le gros oeuvre de la médiathèque est achevé.

Ce projet phare de la rénovation urbaine du centre historique a nécessité six ans de chantier et a été stoppé par des effondrements d'immeubles. Un exemple des difficultés et des contraintes à construire en tissu urbain dense et ancien.

Le gros œuvre achevé, les corps d'état techniques à pied d'oeuvre, une fin des travaux programmée à l'été... A Grasse, au cœur du centre ancien, le chantier de la médiathèque est entré dans sa dernière ligne droite. Après l'installation des équipements intérieurs, le bâtiment ouvrira ses portes au public début 2020. L'épilogue d'un projet et d'un chantier particulièrement complexes et qui auront au total duré près de dix ans, depuis l'attribution du concours d'architecture en 2011. Malgré cette très longue gestation, ce lieu de culture et de connaissance va fortement modifier la physionomie et le fonctionnement d'un secteur dégradé de la vieille ville, la porte Est. Son architecture en particulier, signée du groupement Beaudouin Architectes (mandataire) et Atelier Fernandez & Serres, jouera un rôle important dans cette reconquête. « Nous avons conçu un bâtiment contemporain qui va se glisser dans un site très contraint, en fort dénivelé. Mais ses aménagements intérieurs, les matériaux mis en œuvre comme la pierre et le béton architectonique seront en référence directe et en dialogue avec le patrimoine historique du Vieux Grasse », souligne l'architecte Ivry Serres.

Enveloppe de colonnettes en façades

Construit sur sept niveaux dont un niveau en sous-sol, cette médiathèque de 3600 m2 dispose de trois entrées — place du Rouachier (entrée principale), rue Charles Nègre et place Vercueil, via la rue Paul Goby — qui mettent directement en relation différentes strates de la vieille ville. « A l'intérieur, nous avons reproduit les jeux de resserrement et de dilatation du tissu urbain avec une alternance de grands plateaux et de cheminements, baignés de lumière grâce aux grandes baies vitrées en façade » poursuit l'architecte. Référence directe aux portes et aux ruelles du centre ancien, les plafonds des salles prennent la forme d'une succession de voûtes. Sur les murs, le béton est calepiné en grands modules de 1,20 m par 1,20 m, à l'image des murs traditionnels.

A l'extérieur, le bâtiment sera enveloppé de multiples colonnettes cannelées en béton blanc pour le protéger de l'ensoleillement. Leur fabrication va représenter au total un linéaire de 8 km... Le traitement des espaces publics alentours, confié à Stoa, fera également l'objet d'un soin particulier avec de grands emmarchements à partir de la place du Rouachier, à l'image de gradins surplombant la scène d'un théâtre.

« Découverte exceptionnelle » pour l'archéologie

Equipement public majeur du projet de rénovation urbaine signé en 2008 avec l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (75 millions d'euros), la réalisation de cette médiathèque illustre les difficultés de reconstruction de la ville sur la ville, dans un secteur protégé par un PSMV* et sur un site très contraint (accessibilité, géologie complexe) et chargé d'histoire. Lancés en 2014, les travaux ont connu de longues interruptions : début 2015 pour une campagne de fouilles archéologiques, suite à un classement en « découverte exceptionnelle » (un gisement de tessons datés de l'âge du bronze moyen) ; fin 2015 avec des effondrements d'immeubles au 47 et 49 rue Droite, du bâti partie prenante du projet de la médiathèque.

Ces événements ont entraîné de longues investigations techniques, des travaux de sécurisation, la mise au point de nouvelles solutions constructives... « Nous avons dû procéder à des mises aux normes parasismiques d'immeubles avoisinants rue Charles Nègre et définir des solutions « légères » pour la nouvelle structure des bâtiments rue Droite dont la reconstruction vient de s'engager », précisent les responsables de la maîtrise d'ouvrage à la ville. Une adaptation qui a entraîné un changement de maîtrise d'oeuvre pour le gros œuvre de cette opération. Ces difficultés et ces travaux supplémentaires ont eu une répercussion sur la facture du projet. Elle s'élève aujourd'hui à 23 millions d'euros HT dont 4 millions d'euros de surcoût suite aux effondrements avec un contentieux devant les tribunaux entre le maître d'ouvrage et l'entreprise (Cari Fayat en charge du clos couvert), suite à ce sinistre.

* Plan de sauvegarde et de mise en valeur




Rémy Mario
Journaliste

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