Fermer la publicité

Grande plaisance : la rade de Toulon en tête de pont…

Var le - - Economie

Grande plaisance : la rade de Toulon en tête de pont…
O. Réal - De nombreux chantiers navals se sont installés dans la rade de Toulon

Par l'intermédiaire du réseau Riviera Yachting Network qui structure et fait rayonner la grande plaisance régionale, la rade de Toulon s'inscrit en tête de pont de la filière. Dans cet ex-fief de la construction navale, l'accueil, le refit, la réparation de yachts montent en puissance.

La dernière expansion d'IMS Shipyard illustre les développements de la grande plaisance en rade de Toulon. Historiquement implantée à travers son chantier de Pin Rolland IMS 300 aujourd'hui saturé, l'entreprise a en effet ouvert en début d'année un nouveau chantier, IMS 700, dédié à la maintenance et réparation navale sur le nouveau Parc d'activités marines de Saint-Mandrier. Capacité d'accueil multipliée par 5, large spectre de possibilités d'activités sur des unités plus grandes et plus lourdes (pouvant atteindre jusqu'à 70 mètres et 670 tonnes), la réponse à la demande et le positionnement prospectif du groupe Nepteam ont été significatifs.

L'investissement aussi, en l'occurrence 23 millions d'euros dans des équipements de haut niveau, précédés de travaux de réhabilitation du site, portant en particulier sur 60.000 m2 terrestres et 50.000 m2 maritimes (rénovation des bâtiments, dépollution pyrotechnique, nouveau terre-plein, mise en réseaux, construction d'ouvrages maritimes…). Outre la création de richesses et d'emplois, directement (une cinquantaine de postes) ou au profit de la sous-traitance, c'est l'ensemble de l'attractivité territoriale autour du yachting qui est ainsi boostée*.

A commencer par le Parc d'activités marines de 15 hectares, né de la volonté des pouvoirs publics de reconvertir l'ex-Base aéronavale de Saint-Mandrier. La Communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée a instruit ce dossier depuis 10 ans, incluant les nombreuses et longues procédures administratives (à la croisée des enjeux de domaine public maritime et de Marine nationale) et les aménagements divers (10 millions d'euros de fonds publics investis). Le site accueille une douzaine d'implantations avec IMS.

D'autres chantiers navals importants ont fait le choix de la rade de Toulon, que ce soit sur les territoires de Saint-Mandrier, La Seyne ou de la ville centre, à savoir Endel Navibord, Foselev marine, Other Angle Yachting Services (DCNS), Transmétal industrie… ainsi que des sous-traitants comme Dazin azur montage, Peinture Mouttet, Fioul 83, Iguaçu, Favier Casanova assurances, AMV, Provence yacht services, Sade, Cegelec, Somaco Var… Sans oublier une autre arrivée spectaculaire programmée pour 2016, celle de Monaco Marine qui a décidé d'étendre son champ d'action sur le littoral de la région à La Seyne. Un grand chantier d'entretien et de réparation qui devrait s'installer sur la friche industrielle de Bois Sacré (qui doit être purgée de tous les recours puis dépolluée), moyennant une vingtaine de millions d'euros d'investissement, dont les 2/3 par l'industriel.

Démarches d'excellence

Il est certain que les actions conduites depuis 15 ans par le cluster Riviera Yachting Network (né Technicmarine), dont les 12 dernières années sous la présidence du dynamique Laurent Falaize, ont constitué la colonne vertébrale d'une prise de conscience de l'existence et de l'importance de cette filière d'abord, de la nécessité d'avancer de concert ensuite sous une bannière partagée, sur des salons internationaux dans une perspective de marchés, mais aussi vis-à-vis des autorités afin d'asseoir la représentativité et la considération. Ainsi, le réseau rassemble plus de 80 entreprises du secteur du refit, de la réparation, de la maintenance, des services aux yachts, sachant que l'industrie yachting régionale génère 728 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, soit 44 millions d'euros pour les Bouches-du-Rhône, 121 millions d'euros pour le Var, 554 millions d'euros pour les Alpes-Maritimes et 9 millions d'euros en Corse. Les chantiers navals représentant à eux seuls 150 millions d'euros de chiffre d'affaires et 2.500 emplois.

Le marché est là puisque sur les 6.290 yachts de plus de 24 mètres dans le monde (dont près de la moitié a moins de 10 ans), 70% naviguent d'avril à septembre sur le littoral méditerranéen français et italien. En outre, le coût de fonctionnement annuel d'un yacht (entretien, équipage, port, gasoil…) est de 8 à 10% de sa valeur, soit 1,27 million d'euros pour un bateau de 30 à 40 mètres, et 5,6 millions pour un 80 mètres.

Dans ce contexte, le pôle complémentaire Toulon/La Ciotat/Marseille représente un « spot » leader du secteur du refit et de la maintenance de yachts au niveau mondial. Pour Laurent Falaize, très impliqué dans tous les développements de la filière - à la fois dans l'agglomération toulonnaise, sur le plan régional et à l'échelle nationale, jouant même un rôle actif dans l'émergence du nouveau Comité français du yachting -, le secteur est créateur de retombées économiques et sociales, qui sont estimées par yacht à quai à plus d'un million d'euros, avec un ratio emploi de sept personnes à terre pour une embarquée.

En fait, tout en tendant vers des démarches d'excellence, l'industrie du yachting s'est développée avec des constructeurs, des chantiers de réparation et maintenance, des brokers, des capitaines de yachts, des équipages, des ports de plaisance, des sociétés de management, des entreprises de services (avitaillement, assurances…). Parmi les retombées indirectes, figurent également les hôtels, les restaurants, les commerces, les transports, le tourisme culturel…

C'est une nouvelle culture d'activité qui s'est déployée sur la région, y compris par l'éducation des professionnels dans leur façon de travailler sur les bateaux (propreté, qualité, bonnes pratiques), et qui, pour mieux corréler les développements aux potentialités, souhaitent bénéficier de plus d'aménagements structurants et d'anneaux pour grands yachts.

Pour aller plus loin :




Olivier Réal
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

TPBM Semaine Provence Journal d'annonces légales et d'informations locales, économiques et judiciaires en PACA

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer