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Grand Avignon : la future usine de méthanisation sort de terre

Vaucluse le - - Economie

Grand Avignon : la future usine de méthanisation sort de terre
E. Brugvin - Les travaux devront durer 16 mois. Ici, la construction du digesteur.

La première pierre de l'usine de méthanisation sur la centrale d'épuration de Courtine a été posée vendredi 16 octobre. Cet équipement permettra de produire l'équivalent du chauffage de 2 000 personnes par an.

« Si l'essentiel des villes d'Europe du Nord et Centrale de plus de 30 000 habitants valorise en énergie la totalité des boues de leurs centrales d'épuration », estime Jacqueline Bouyac, vice-présidente de la commission biodiversité, développement durable, parcs naturels régionaux et mer à la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, « la France accuse un certain retard avec 15 % d'équipements ».

Le Grand Avignon s'engage donc sur cette voie vertueuse avec la création d'une usine de méthanisation sur la centrale d'épuration de Courtine. Elle permettra d'alimenter l'équivalent en chauffage de 2 000 personnes.

Le chantier, qui vient de démarrer, durera 16 mois, supervisé par Philippe Bourdeaux, directeur de Veolia Méditerranée.

« Nous disposons déjà d'installations similaires sur Nîmes, Valence et Fréjus, assure-t-il. Pour celle d'Avignon, le montant total de l'investissement est de 8,2 millions d'€ HT, dont 5 millions d'euros financés par Veolia, 2,1 M€ par l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse, 750 000 € par la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur et 370 000 € par l'Ademe. Nous exploitons ce site dans le cadre d'une concession décennale [via Grand Avignon Assainissement, NDLR] débutée le premier janvier 2019. La production de gaz permettra d'amortir le financement de cet équipement dont l'agglomération restera propriétaire. »

Mise en service en 2022

Les boues des villes d'Avignon, du Pontet, des Angles et de Villeneuve-lès-Avignon convergeront vers un vaste ouvrage cylindrique de 4 000 m3 appelé digesteur. Agitées lentement et silencieusement pendant 25 jours et maintenues à une température de 37°C, les bactéries des boues généreront un biogaz. Le fluide transitera ensuite vers un futur gazomètre de 400 m3. Une série de filtrations par charbons actifs et membranes permettra de livrer à GRDF un biométhane normalisé prêt à être diffusé dans le réseau urbain. Les eaux nettoyées retourneront vers le Rhône tout proche. Quant aux boues résiduelles, ce traitement aura permis de les réduire de 30 %, diminuant d'autant le volume transporté par camions vers le centre de traitement de Tarascon.

Dès le premier semestre 2022, 2 500 tonnes de boues seront ainsi valorisée afin de produire 60 000 MWh/ an de biométhane. Le bureau d'études Eysseric Environnement assure l'assistance technique de la filière épuration biogaz, Sepoc, l'assistance technique générale et de la filière boues.

Le chantier se déploie sur un périmètre de 20 800 m2 qui nécessitera 10 000 m3 de béton, 1 100 tonnes d'acier et 2 km de canalisations.




Emmanuel BRUGVIN
Journaliste

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