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DIAPORAMA SONORE Générique de fin pour le chantier du cinéma EuropaCorp - La Joliette

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Générique de fin pour le chantier du cinéma EuropaCorp - La Joliette
E. Griffe - Avant de voir le jour, le cinéma Europacorp de La Joliette a connu de multiples scénarios.

Ce vendredi, le cinéma Europacorp de La Joliette, à Marseille, devrait (enfin) ouvrir ses portes. Dernier né du groupe Pathé-Gaumont, il propose des salles originales, avec des méridiennes ou canapés par exemple. Un travail atypique pour les architectes de l'agence MAP Architecture, qui ont mené le projet avec GSE. Explications en images et sons avec Renaud Tarrazi, architecte chez MAP, qui nous conduit dans les allées du multiplexe.

Il aura mis près de quinze ans à voir le jour. Dernière pièce du centre d'affaires Euromed Center, situé au nord de La Joliette à Marseille, le cinéma EuropaCorp - La Joliette devrait ouvrir ses portes ce 29 mars. Initié en 2005 par la société du cinéaste Luc Besson, EuropaCorp, le projet est racheté par le groupe Pathé-Gaumont en décembre 2016. « Dans ce cinéma figure un condensé de la stratégie du groupe, qui se positionne sur une montée en gamme basée sur trois axes : la technologie, le service et le confort », explique Pierre-François Duwatt, directeur de ce complexe de 14 salles et 2080 fauteuils.

Multiples scénarios

Mais avant de sortir de terre, le multiplexe aura connu de nombreux scenarios. Dans un premier temps imaginé par Massimiliano Fuksas, le cinéma devait prendre la forme d'un dauphin. Un dessin « joli » mais peu efficace pour y faire rentrer des salles de cinéma. La société de Luc Besson se tourne donc vers Christian Marina, fondateur de MP&A Architectes, et obtient le permis de construire. Mais avec notamment ses arbres sur le toit et l'immense fée EuropaCorp accrochée au bâtiment, le coût du projet est jugé trop élevé.

GSE, contractant global en immobilier d'entreprise, reprend finalement le projet assisté de l'agence MAP Architecture. Le cinéma est repensé en s'appuyant sur le projet dessiné par Christian Marina. « Nous avons travaillé sur l'intérieur, l'extérieur, la charpente, les techniques de construction, les sujets chers et pas efficaces pour finalement faire baisser le prix du complexe d'un tiers », détaille Renaud Tarrazi, architecte associé chez MAP. Les nouveaux plans sont soumis à Christian Marina pour validation puis l'agence marseillaise dépose un permis de construire modificatif. Avant travaux, l'investissement est estimé à 24 millions d'euros. « Nous avons eu deux missions : une mission clé en main sur la coque et les équipements de ce projet de 11 975 m2 de surface de plancher ; et une deuxième mission de maîtrise d'œuvre des lots de cinéma. Nous devions donc nous occuper des fauteuils, des écrans, de la projection, du son et de la partie décoration », ajoute Christophe Deverre, directeur de projet chez GSE.

Puis arrive Pathé avec son propre cahier des charges. « Le défi était d'adapter les salles et l'organisation interne sans toucher à la forme générale », détaille Michel Mayolet, architecte chez MAP, plus particulièrement en charge de la partie « ciné » de l'agence. Car après obtention du permis, il ne fallait pas modifier l'aspect extérieur du lieu.

Renaud Tarrazi évoque la façade du cinéma, ici ouverte sur la lumière du jour, et dont certains panneaux sont rétroéclairés :

Des critères pointus

Entre la pose de la première pierre en mai 2017 et la livraison du chantier ce vendredi, « chaque salle a été redessinée au moins trois fois », se remémore-t-il. « Au début nous avons travaillé sur 2803 fauteuils et peu à peu, Pathé a repensé son bébé qui s'est transformé. » Les salles ont en effet évolué puisque certaines comportent aujourd'hui des canapés, des méridiennes, des "fat boy" pour les enfants, une autre encore est consacrée à la 4DX avec des sièges qui bougent, de l'air soufflé sur le spectateur et... trois écrans ! « Je n'avais jamais été confronté à cela. C'était une autre gymnastique : en général, les fauteuils se ressemblent tous alors qu'avec les méridiennes par exemple, il a fallu adapter la taille des gradins. » Au lieu de dupliquer quatorze fois la même salle, il a donc fallu en imaginer six spécifiques au total.

Grâce à un partenariat avec Lego, Pathé propose une salle spécialement pour les enfants. "Ils peuvent rigoler, joueur, s'allonger, regarder sur le ventre, sur le dos", détaille Renaud Tarrazi.

D'autre part, « on ne dessine pas un cinéma comme on dessine un bâtiment classique. Un bureau on sait comment ça fonctionne. Un cinéma est techniquement plus compliqué puisque pour faire une salle, il faut respecter des critères pointus au niveau de la projection, du son, des équipements, de la distance entre les assises et le dossier du fauteuil devant, qui doit être de 35 centimètres minimums... », ajoute l'architecte.

D'un point de vue technique, la gestion de l'acoustique est bien entendu primordiale. Les murs des salles « sont des cloisons en placo-plâtre spéciales, avec des affaiblissements acoustiques allant jusqu'à 72db, qui mesurent entre 20 et 40 centimètres », indique Christophe Deverre. Dans le cas de salles limitrophes, « il est préconisé de mettre une double dalle et d'incorporer entre les deux des plots en élastomères. » Particularité du lieu : les gradins sont en bois et non en béton, ce qui facilite et accélère la construction.

Cette salle 4DX ScreenX est l'une des rares en France puisqu'elle propose trois écrans, en plus de l'animation 4DX.

Clap de fin

Au rez-de-chaussée, un gradin fait face à un écran « où pourront être projetés des événements sportifs par exemple ou des bandes-annonces », explique Christophe Deverre. Un immense arc jaune, dessiné par le designer marseillais Ora-ïto pour Pathé, encadre les marches. Celles-ci desservent un vaste atrium, « atypique dans un cinéma », selon le responsable projet de GSE. Si pour l'heure, le cinéma ouvre sous le nom EuropaCorp, il devrait prendre celui de Pathé dans les mois à venir. Le clap de fin d'une saga à rebondissements.




Karen Latour
Journaliste

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