AccueilTerritoiresHynovera : concertation en vue pour le projet de plateforme production de bio-carburants

Hynovera : concertation en vue pour le projet de plateforme production de bio-carburants

Dans un contexte social tendu, la Commission nationale du débat public (CNDP) vient de désigner deux garants pour superviser la concertation préalable au projet « Hynovera ».
Le projet Hynovera prévoit la construction d’une plateforme de production de bio-carburants sur le site de la Centrale thermique de Provence.
W. Allaire - Le projet Hynovera prévoit la construction d’une plateforme de production de bio-carburants sur le site de la Centrale thermique de Provence.

TerritoiresBouches-du-Rhône Publié le ,

La Commission nationale du débat public (CNDP) a désigné deux garants,Philippe Quevremont et Vincent Delcroix, pour superviser le processus de concertation préalable pour le projet « Hynovera » de construction d’une plateforme de production de bio-carburants porté par Hy2gen France sur le site de la Centrale thermique de Provence, à cheval sur les communes de Gardanne et Meyreuil.

Evaluer l’opportunité du projet Hynovera

La concertation du grand public sur le projet doit permettre de répondre à différentes questions. Tout d’abord, l’opportunité du projet : « le dossier présenté par HY2Gen est propice aux controverses, notamment techniques et environnementales », remarque la CNDP dans le lettre de saisine adressée aux deux garants. La concertation préalable doit permettre de discuter certes des caractéristiques et des impacts d’un projet, mais aussi et surtout de son opportunité, de ses alternatives, de ses enjeux et des modalités d’information du public jusqu’à l’ouverture de l’enquête publique. « Cette concertation préalable n’est donc bien qu’une première étape dans la vie "publique" du projet, et il appartient à la CNDP d’adopter les modalités, le périmètre et le calendrier de cette concertation », précise l’instance présidée par Chantal Jouanno.

Revoir notre Club TPBM : Provence-Alpes-Côte d'Azur, terre de transitions énergétiques

Expliquer l’innovation

Cette phase de concertation doit aussi éclairer le caractère innovant du projet qui se situe sur un site déjà industrialisé et se compose de techniques connues. Si un prototype a été développé à Dunkerque pour tester le montage de cette unité, « la compréhension de l’innovation technique apportée, du risque industriel, du type d’intrants et de produits finis, etc. sont des informations dont le public doit disposer pour pouvoir se faire son propre avis sur ce projet ». Et la CNDP de demander d’amener les différents acteurs à verser les études disponibles sur ces sujets et à identifier le plus en amont possible l’éventuel besoin d’expertise complémentaire.

Contexte social

La plongée dans l’arène démocratique doit également permettre de déminer la conflictualité locale :

« Au-delà du projet Hynovera, c’est bien l’avenir de la centrale thermique de Provence et des emplois locaux qui est en jeu. Même si le projet objet de la saisine ne présente a priori pas de vecteur de conflictualité en lui-même, il s’inscrit dans un contexte où les tensions territoriales semblent fortes entre les syndicats, les acteurs de la protection de l’environnement, les services de l’Etat, l’exploitant de la centrale, et peut-être plus largement, les industriels étant donné l’historique de la ville », observe la Commission.

A cet aune, il semble donc important que le champ des débats ne soit pas limité par défaut au périmètre du projet, car il s’agit de pouvoir débattre plus largement des enjeux de son installation sur le territoire. Et la CNDP de dresser l’inventaire des sujets qui méritent d’être précisés : « Quels débouchés pour quels types d’activités soutenues ? Quelles ressources utilisées et quelles origines à l’approvisionnement ? Quelle contribution de l’usine au maintien de l’emploi local et à la préservation de l’environnement ? Quel avenir pour la filière bois, qui, dans une optique d’évitement des transports de bois, est intimement liée à Hynovera ? Est-ce que le pacte de territoire et le plan régional hydrogène présentent des pistes souhaitables pour l’avenir des territoires de Gardanne-Meyreuil et de la région ? ».

Répondre aux interrogations

Dans ce contexte aux interrogations multiples, « le maître d’ouvrage devra être prêt à accueillir les tensions, et accompagner des partenaires disposant d’une partie des interrogations du public qui le dépasseraient, au premier rang desquels Gazel Energie, propriétaire du site », recommande la CNDP.

Enfin, l’instance s’inquiète de la mobilisation du grand public. Si le projet se développe dans un environnement institutionnel déjà bien balisé par les industriels, les syndicats professionnels, les acteurs politiques et les services de l’Etat. Dès lors, il convient de s’assurer que cette phase de participation inclue avant tout le public au-delà des corps constitués : les riverains, les habitants des zones où vont se développer des activités clientes de Hynovera...

Un investissement de 460 M€

Derrière le projet Hynovera, on retrouve deux industriels : GazelEnergie, le propriétaire de la centrale thermique de Gardanne qui appartient à l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky et le groupe allemand Hy2Gen, dont la filiale française est installée à Aix-en-Provence.

Les deux industriels prévoient d’investir 460 millions d’euros dans le développement d’une unité produisant du carburant de synthèse renouvelable et de l’hydrogène vert sur le site de l’actuelle centrale à charbon. A la clef, une cinquantaine d’emplois pourraient être créés compensant le traumatisme provoqué par l’arrêt définitif de la centrale à charbon en 2022 et ses conséquences sociales (98 postes supprimés).

Pour mener à bien ce projet, GazelEnergie et Hy2gen tablent sur l’aide de Bruxelles et de Paris avec deux guichets : le dossier a été retenu par l’Europe dans le cadre du programme IPCEI (Important Projects of Common European Interest) et l’Ademe au titre de l’appel à projets « briques technologiques H2 ». « Des aides publiques qui devraient permettre de couvrir environ 20 à 30% de l’investissement total », selon Jean-Michel Mazalerat, président de GazelEnergie.

Hy2Gen compte déployer une solution innovante pour produire à l’échelle industrielle à la fois du e-kérosène renouvelable - du SAF (Sustainable Aviation Fuel) - pour l’aviation et du e-méthanol pour le transport maritime. « Ces deux carburants verts seront synthétisés à partir de la ressource en biomasse de la centrale et de l’hydrogène vert provenant d’un életrolyseur fonctionnant avec de l’électricité 100% renouvelable garantie par un contrat de PPA (Power Purchase Agreement) à long terme », explique Cyril Dufau-Sansot, son président. GazelEnergie fournira l’hydrogène et Hy2gen le transformera en carburant de synthèse renouvelable.

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