AccueilArchitectureForêt verticale : "L'arbre est le premier habitant de l'immeuble"

VIDEO Forêt verticale : "L'arbre est le premier habitant de l'immeuble"

Quand les villes se réchauffent, les bâtiments, eux, tentent de les rafraîchir. C'est en tout cas l'idée derrière les « forêts verticales » qui poussent dans plusieurs villes du monde. Anastasia Kucherova, architecte du cabinet Studio Boeri, revient sur les avancées en la matière et les efforts qu'il reste encore à fournir pour encourager la construction verte.
Forêt verticale :
E. Griffe - Anastasia Kucherova expose le concept de "forêts verticales" lors de Bâti'Frais, le 4 juillet dernier à Marseille.

Architecture Publié le ,

Au sud de la Chine, une forêt est en train de voir le jour. Ou plutôt, une « ville forêt » : dans la future commune, l'ensemble des immeubles et bâtiments - hôtels, commerces, écoles - seront couverts d'arbres et de végétation à l'image des tours Bosco Verticale de Milan, imaginées par le Studio Boeri. C'est d'ailleurs le même cabinet d'architecture, le premier à avoir imaginé et ces « forêts verticales », qui a été chargé de concevoir cette ville nouvelle nommée « Liuzhou Forest City ». « Au total, la ville forestière de 30 000 habitants accueillera 40 000 arbres et environ un million de plantes de plus de 100 espèces », fait savoir le cabinet.

Derrière ce projet impressionnant, se cache surtout un enjeu : comment faire en sorte que les villes, aux rues goudronnées, aux immeubles en béton et aux climatisations qui poussent sur les fenêtres et balcons, ne soient plus de véritables îlots de chaleur ? C'était d'ailleurs la question posée lors du dernier colloque Bâti'Frais, consacré au confort d'été et organisé par EnvirobatBDM, qui s'est tenu le 4 juillet à Marseille.

L'une des solutions est d'intégrer le végétal dans le bâti et l'aménagement urbain. « Le foncier ne nous permet plus d'avoir des parcs urbains importants », souligne l'architecte du Studio Boeri, Anastasia Kucherova. Il faut donc imaginer des immeubles de nouvelle génération qui apportent les bénéfices des arbres en ville : absorption du CO2, émission d'oxygène et réduction de la température moyenne en maintenant les bâtiments au frais. Grâce au filtre végétal, la température entre l'intérieur et l'extérieur peut être réduite de trois degrés.

Des constructions accessibles à tous

Quand il est lancé en 2009, le projet Bosco Verticale est aussi complexe que novateur. « Nous avons travaillé avec des ingénieurs, des biologistes.... Installer des arbres en hauteur sur de petites surfaces nécessite un renforcement structurel important », souligne l'architecte. Il a également fallu penser l'irrigation des végétaux, via un système centralisé d'alimentation qui récupère les eaux usagées, de pluie etc.

Autant de développements aujourd'hui rendus disponibles par le cabinet qui ne les a pas brevetés. « Le but est de le rendre accessible pour que d'autres acteurs puissent s'en servir », explique en vidéo Anastasia Kucherova :

Alors, pour elle, pas de doute : « Il est possible de faire pousser des arbres dans un environnement construit. » Preuve en est avec Bosco Verticale, mais aussi avec d'autres projets que le cabinet a mené en Chine, à Nanjing, ou est en train de développer en Suisse, à Lausanne. « Oui on peut construire de tels bâtiments, on peut en construire partout, à condition de faire des recherches spécifiques pour chaque projet », ajoute-t-elle. Il faut donc systématiquement prêter attention à l'exposition et à la hauteur d'exposition des différents types de végétaux, qui, pour être durables, doivent être des espèces locales. L'architecture même du bâtiment doit également évoluer : à Lausanne par exemple, les arbres ont été mis sur le côté des balcons pour laisser la vue sur le lac. Une forêt verticale qui fait partie d'une trentaine d'autres projets du Studio Boeri, en cours ou à venir, en Amérique, en Europe ou en Asie.

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