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Faure, quatre générations dans les cuves

L'entreprise de tartre et de produits tartriques naturels est l'une des deux entreprises françaises qui a survécu dans ce domaine. Un exploit pour cette Maison Faure fondée en 1904 à Sérignan-du-Comtat par Alfred Faure.
Faure, quatre générations dans les cuves
A. Ricci - : Jean-Pierre Faure est l'arrière-petit-fils d'Alfred Faure qui a fondé la Maison Faure à Sérignan-en-Comtat en 1904.

EconomieVaucluse Publié le ,

« Sablon, flanc, graille, vin-pierre, gravelle… tous ces termes désignent le tartre naturel contenu dans le vin. Chaque tartre a sa couleur suivant le terroir, le cépage, le type de vinification et le microclimat », explique, passionné, Jean-Pierre Faure, arrière-petit-fils d'Alfred, le fondateur de la Maison Faure.

Qu'elles soient en bois, en béton ou en acier inoxydable, les cuves ont besoin d'un détartrage régulier à la période où les cuves sont vides (printemps-été). C'est là qu'intervient l'entreprise Faure. Elle s'occupe de valoriser le tartre solide ou liquide.

Pour le premier, elle procède à un détartrage mécanique au chalumeau, au burineur ou au karcher. Une fois collecté, le tartre est envoyé sur le site de Sérignan-du-Comtat où il est étendu sur une plateforme de pré-séchage. Il est ensuite mis dans le séchoir et expédié en big bag* vers les raffineurs. Pour le tartre liquide, il est obtenu par dissolution à PH acide grâce à une solution basique. Cette solution, une fois saturée, est collectée et transportée jusqu'au site de Sérignan-du-Comtat pour y être valorisée grâce au process Ecotartre mis au point avec les chercheurs de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Elle est ensuite destinée aux raffineurs.

« Malheureusement, il n'existe plus de raffineurs en France. Et je veux lancer un cri d'alarme, car il n'existe plus que deux entreprises de tartre et de produits tartriques naturels en France. Les Chinois et leurs produits synthétiques sont passés par là… C'est une catastrophe industrielle et écologique ! », s'alarme Jean-Pierre Faure.

Economie circulaire

Une fois raffinées, les matières premières sont transformées en produits finis destinés à plusieurs secteurs d'activités : l'acide tartrique et la crème de tartre pour l'alimentaire, et le sel de Seignette pour le bâtiment, l'électronique, etc.

« Les caves sont à la fois nos fournisseurs et nos utilisateurs. C'est une économie circulaire, souligne Jean-Pierre Faure. Nous collectons 2 000 tonnes de matière première par an. »

L'entreprise réalise un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros et compte neuf salariés. Parmi ses 1 200 clients : Moët & Chandon, Veuve Clicquot et Champagne Louis Roederer en région Champagne, Château Pape Clément dans le Bordelais.

Mais « il y a péril », s'inquiète Jean-Pierre Faure. Quelles solutions ? « Il faudrait que les caves ne jettent plus le tartre solide, car nous risquons d'être dépendants des produits synthétiques chinois. Et nous devons valoriser le détartrage chimique. Nous ne valorisons que 10 % du volume potentiel produit annuellement en France… Le reste est jeté ! »

* Sac de très grande contenance.

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