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Etang de Berre, une économie en marche

Forte d'une aventure industrielle hors du commun et d'un tissu diversifié d'entreprises comprenant des majors, l'économie des rives de l'étang démontre sa capacité à s'adapter.
Etang de Berre, une économie en marche
M.Deuff - Les élus de OUest Provence ont favorisé l'implantation d'un banc d'essai de niveau mondial pour moteurs

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Ecartelé entre huit communes, elles-mêmes rattachées à cinq intercommunalités, l'Etang de Berre ressemble à un puzzle administratif. « Lorsqu'on sait les chemins tortueux qu'empruntent les dossiers d'autorisation, de subvention ou de mise aux normes, moins il y a d'interlocuteurs, mieux ce sera », résume ThierryZarka, président de l'UPE 13 Etang de Berre. Le « mieux » dont rêvent la plupart des acteurs économiques sera peut-être une réalité en janvier 2016 avec la Métropole Aix-Marseille-Provence. Car peut-on réellement penser l'économie locale sans inclure Marseille ? La plupart des chefs d'entreprise ont une opinion bien tranchée…

L'Etang de Berre : un territoire, une économie et plus de 140.000 emplois. Avec comme objectif d'unir leurs efforts, reconnaissons que les élus et la société civile n'ont pas chômé ces dernières années. Le Schéma de cohérence territoriale (Scot) d'Agglopole Provence est exécutoire depuis juin 2013 ; à l'issue de neuf années de travail, le Scot Ouest Etang de Berre arrive à son terme, tout comme celui de la Communauté du Pays d'Aix (CPA).

Animé par le préfet, le réseau Piicto (Plateforme industrielle et d'innovation « Caban-Tonkin ») a réuni les acteurs économiques autour d'une même table. De leur côté, les fédérations comme celle du BTP 13, le GMIF (Groupement maritime et industriel du golfe de Fos), le Geoeb (Groupement des entreprises Ouest Etang de Berre), le CJD (Centre des jeunes dirigeants d'entreprise) et quelques autres ont mis tout en œuvre pour tisser du lien. « De quoi faire taire les querelles de clocher et redonner confiance à cette légion de dirigeants ou chefs d'entreprise qui ont besoin de savoir où ils vont », nous confiait Dominique Krenc, président du CJD Paca*, lors d'un forum organisé par le CJD.

« Des atouts exceptionnels »

Président du Geoeb depuis quelques mois, Hervé Langlois refuse de céder à la sinistrose ambiante. « L'Etang de Berre possède des atouts exceptionnels - autant dans l'industrie que le tourisme, les services ou la recherche. Le modèle économique a changé ? Les entrepreneurs vont trouver des solutions ! D'ailleurs, la crise nous a obligés à travailler ensemble et à construire ensemble des projets viables. » L'actualité économique de ce bassin d'emploi donne incontestablement raison à ces têtes de réseau. Ainsi, les élus de Ouest Provence ont-ils « flairé » à temps de réelles opportunités dans l'aéronautique.

Afin de transformer l'essai, ils ont créé le Centre de formation d'apprentis (CFA) d'Istres, racheté les anciens hangars Mercure (ex-centre de montage de cet avion mythique) et favorisé l'implantation d'un banc d'essai de niveau mondial pour moteurs. En face, sur la rive Est, le projet Henri Fabre est en train de bâtir un fleuron industriel. Plus au sud, les élus de la CAPM (Communauté d'agglomération du Pays de Martigues) ont favorisé l'implantation d'entreprises industrielles. Une dizaine de zones industrielles existent sur cette commune de 47.000 habitants. Avec une belle unanimité, les représentants des fédérations professionnelles disent se sentir écoutés par les élus. « On oublie les clivages. L'essentiel est d'avancer ensemble », résume Marie-Thérèse Aubrieux-Gontéro, présidente de l'Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem). L'histoire nous rappelle que cette volonté de travailler ensemble ne date pas d'hier.

Une success-story i​ndustrielle

Quatre siècles d'industrie ont inévitablement façonné le territoire et les hommes. En 1690, la Poudrerie royale s'installe à Saint-Chamas sur les rives de l'étang. En 1810, c'est l'industrie chimique qui, à partir du sel, vient répondre aux besoins en soude des savonneries de Marseille. Ces industries seront prospères pendant plus d'un siècle. En 1889, une première raffinerie de pétrole (« La Phocéenne ») ouvre à Port-de-Bouc. Tout le reste n'est qu'une success-story industrielle, interrompue par les conflits et les crises majeures. « Historiquement et culturellement, l'Etang de Berre est une géographie d'échange, de mutations et de communication », rappelle le géographe Marcel Roncayolo dans l'un de ses ouvrages. L'Etang de Berre, c'est aussi le premier vol mondial d'un hydravion, le dernier maillon hydroélectrique de l'aménagement de la Durance, un site exceptionnel, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours.

Ce qui s'y passe actuellement n'est donc pas si étonnant. Que l'industrie pétrolière (Total, Lavéra) investisse des centaines de millions d'euros ; que les leaders mondiaux de l'aéronautique confortent leur implantation ; que des projets privés se concrétisent dans des secteurs aussi différents que le cinéma, l'agriculture, le tourisme ou la plaisance et que les collectivités territoriales se retroussent les manches n'est au fond que la somme d'efforts mis en commun. L'enjeu est connu (plus de 10.000 emplois dans le secteur aéronautique) ; ne reste qu'à passer à l'acte.

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