AccueilTerritoiresEt si Vinci finançait et réalisait la rocade de Gap ?

Et si Vinci finançait et réalisait la rocade de Gap ?

La construction de la voie de contournement de Gap connaît bien des déboires. Pour s'assurer de l'achèvement de sa réalisation, et à moindre coût, le maire, Roger Didier, demande à l'Etat d'adosser la future rocade à l'A51. Un décret du 14 août dernier rend la perspective possible.
Et si Vinci finançait et réalisait la rocade de Gap ?
M.-F. Sarrazin - Pour gagner du temps, la Ville de Gap a pris la maîtrise d'ouvrage déléguée de la réalisation du carrefour du Sénateur qui relie la section centrale de la rocade.

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Un mois après avoir demandé à l'Etat la maîtrise d'ouvrage de la réalisation de la rocade de Gap, qui peine véritablement à voir le jour, le maire, Roger Didier, émet une autre idée, plus avantageuse à bien des égards. L'élu compte se saisir d'une opportunité légale : confier la réalisation et le financement de cette voie de contournement à Vinci, concessionnaire de l'A51. Comment ? Par le biais de l'adossement. Grâce à un décret pris en Conseil d'Etat le 14 août dernier, une route nationale ou départementale peut être adossée à une autoroute existante. Un dispositif gagnant à la fois pour l'Etat, qui peine à financer l'entretien et la création de nouvelles voies, pour les sociétés d'autoroute qui, en contrepartie, voient la durée de leur concession allongée, et pour les usagers qui bénéficient d'une portion rapide supplémentaire sans péage.

Pour rappel, le 25 février 2019, des acteurs politiques et économiques des Hautes-Alpes s'étaient rendu au ministère des Transports pour plaider en faveur d'aménagements pour le désenclavement du département, en intégrant la possibilité qu'ils puissent être portés par Vinci, également présent. Parmi ces aménagements, la délégation haut-alpine avait émis le souhait de créer une voie rapide de la sortie de l'autoroute, à La Saulce, jusqu'à Gap. Roger Didier va aujourd'hui plus loin, en demandant à l'Etat d'intégrer à cet adossement l'intégralité de la future rocade de Gap, une voie à double sens de 9 km limitée à 70 km/h. Le décret prévoit en effet que « dans le cas où les contraintes topographiques rendent impossible ou anormalement coûteux un aménagement avec un profil à deux fois deux voies et chaussées séparées, et dans la mesure où le trafic le permet, une section de route ne présentant pas un tel profil d'aménagement peut être classée dans la catégorie des autoroutes [...] à condition d'être située dans le prolongement direct d'une voie bénéficiant déjà du statut autoroutier ».

« Pourquoi ne pas faire appel à un acteur privé ? »

Le maire de Gap espère ainsi s'assurer de l'aboutissement de la rocade, et à moindre coût. « L'Etat annonce une mise en service de la section centrale de Charance en 2024, soit dix ans de travaux pour construire une route de 3 km ! Quant au coût, il a bondi de près de 20 M€ en dix ans pour atteindre 56,3 M€. C'est de l'argent public qui est en jeu. Puisque la réglementation nous le permet désormais, pourquoi ne pas faire appel à un acteur privé, qui est prêt à financer ce projet et qui pourrait le faire de façon plus rapide ? », s'interroge-t-il.

Il estime aussi que cette configuration placerait Gap « au cœur d'opportunités de développement économique, entre la métropole d'Aix-Marseille, Grenoble et l'Italie ». Elle permettrait a minima aux usagers d'accéder au nord de Gap plus rapidement qu'aujourd'hui, alors que la perspective d'un prolongement de l'A51 s'est éteinte depuis longtemps.

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