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Et Ramatuelle créa la (nouvelle) plage…

Var Publié le - - Urbanisme

Et Ramatuelle créa la (nouvelle) plage…
J.-L. Chaix - Les nouveaux établissements s'installent sur la plage de Pampelonne à Ramatuelle.

La ville de Ramatuelle passe du mythe à la réalité sur sa vaste plage légendaire de Pampelonne, joyau du golfe de Saint-Tropez, dont la poursuite de l'activité nécessitait une mise en conformité après un très (trop) long fonctionnement sous régime dérogatoire. Grâce à une réhabilitation en profondeur, le sable chaud sent bon le développement durable, grâce à l'équilibre entre activités balnéaires et préservation de l'environnement…

L'opération est unique dans sa forme et son contexte, redonnant un temps à la vaste et mythique plage Pampelonne de Ramatuelle son épure d'avant « Et Dieu… créa la femme » (1956), pour (re)construire durablement, proprement, légalement. Nouveau document d'urbanisme approuvé par la commune le 15 décembre 2015, le schéma d'aménagement de la plage a précédé la nouvelle concession à la ville par arrêté préfectoral du 7 avril 2017 de ce site naturel appartenant au patrimoine national. Lequel, déclaré Espace naturel remarquable le 13 novembre 2002, était exploité depuis des années devenues décennies à titre dérogatoire, renouvelé sur la base d'un amendement du 13 décembre 2000 à la loi SRU*, introduit dans le Code de l'urbanisme. Celui-ci permettant, via un schéma d'aménagement validé par décret, de maintenir une économie balnéaire préalable à la loi littoral selon des dispositions précises préservant son environnement.

Le provisoire a un temps, quand bien même certains l'espèrent définitif, et les lois Grenelle ont remis le schéma sur le chemin, avec le long délai d'instruction inhérent à des dispositifs inédits, prorogeant chaque année la concession d'Etat depuis 2007. Purgée de toute contestation, cette grande première s'applique donc à Ramatuelle, revendique avec satisfaction le maire Roland Bruno.

Changement d'ère vital

« Ce Schéma était indispensable pour pouvoir continuer l'activité en toute légalité, dans les nouvelles conditions fixées par le législateur », y compris sur des linéaires d'exploitation en diminution de l'ordre de 30 % selon les applications du décret plage de 2006 mises en œuvre à la faveur du renouvellement des concessions. En fait, 20 % maximum du linéaire de plage peuvent être occupés à partir de maintenant. « Nous sommes ici sur une plage mythique, où la déconstruction de 27 lots et la nouvelle mise en concurrence ont généré quelques difficultés, forcément. Cela étant, sur les 23 lots désormais consacrés à la restauration et aux bains de mer, il n'y a que cinq nouveaux, les autres sont des sortants qui ont candidaté avec succès pour s'impliquer dans la nouvelle configuration, souligne Roland Bruno. Tous ont accepté le nouveau cahier des charges et un engagement durable, qualitatif, contribuant au rayonnement des lieux et de la ville. Pampelonne ne perd pas son caractère, mais au contraire franchit le cap de la modernité dans le respect de son histoire et des personnes qui la fréquentent. Le travail que nous accomplissons, ce que nous avons trouvé et nettoyé, nous fait apparaître la plage d'hier comme un bidonville… » En outre, élaboré dans l'équilibre entre maintien d'une économie balnéaire majeure et protection de l'environnement, le schéma prend bien évidemment en compte les données de changement climatique, notamment en matière de stabilité de la plage, d'érosion côtière, de biodiversité, plaçant les bâtiments d'exploitation à l'abri des houles et tempêtes.

Avant de retrouver un court temps une ambiance oubliée, pure nature, entre démolitions et constructions réglementées, la première étape de réhabilitation a été impressionnante, Var aménagement développement (VAD, société d'économie mixte) assumant la charge d'un vaste programme d'opérations publiques sur trois ans et moyennant 11 millions d'euros TTC d'investissement. Afin de rendre possibles et accessibles les nouvelles installations, la phase 1 a été consacrée au travail d'enfouissement de tous les réseaux et de remise en état après nettoyage spectaculaire. Béton, amiante, plastiques, bacs à graisse… La purge n'était pas du luxe compte tenu du (mauvais) niveau d'hygiène constaté, confortant les velléités de changement d'ère. Plus qu'une rénovation, le projet a mué en une opération de sauvetage de la plage, de son sable, de sa flore, en corollaire de son économie. Le 2e volet, l'an prochain à l'automne, après la période saisonnière élargie, sera environnemental et paysager, tandis que la 3e année sera consacrée aux parkings.

Nouvel âge durable

Deux types d'établissements sont sortis lauréats de la Délégation de service public (DSP), huit en domaine public communal, 15 en domaine public maritime, engagés par contrats spécifiques de 12 ans selon une exigence environnementale stricte s'agissant des matériaux naturels utilisés (majoritairement du bois pour la construction, interdiction de mobilier en plastique), des niveaux sonores de l'activité, des conditions d'exploitation qualitatives et précautionneuses du site, y compris hors activité. Chacun étant maître d'ouvrage de son bâtiment, de son architecture, de ses équipements, de ses investissements, de son intégration. Pas d'uniformité mais un libre cours à la créativité, du moment qu'elle entre dans le cadre. La différence entre les deux DSP résidant dans le démontage obligatoire l'hiver des établissements sur le domaine public maritime, dont les modules seront stockés en entrepôts, laissant les emplacements nus mais dont les socles (agrémentés pour la plupart de pieux vissés et enfoncés de quelques mètres dans le sable) seront prêts à porter rapidement le redémarrage de printemps. Du réversible original, sachant que les dimensions des lots sont très variées, de 30 à 80 mètres de linéaire de rivage, offrant de 400 à plus de 1 600 mètres de surface de plage. Par ailleurs, indépendamment des 23 lots de bains de soleil et restauration, trois autres concernent les loisirs nautiques non motorisés, deux les loisirs nautiques motorisés, deux autres encore des clubs pour enfants.

Côté activité pour cette première année du nouvel âge - non pas de pierre et de plastique, mais de bois et de sable -, la ville est optimiste. Pampelonne représente en moyenne 50 millions d'euros de chiffre d'affaires chaque année et fait travailler quelque 500 saisonniers, au moins. La réduction du volume exploitable devrait être compensée par le nouvel engouement international lié à ces transformations novatrices en France, voire en Europe, que suscite ce petit point (grain) sur une carte de 4,5 km, en plein golfe de Saint-Tropez. L'usage, y compris de promenade et de détente rendu à la population hors saison dans des conditions appréciables, dégagées de gêne visuelle et sécurisées, déterminera rapidement le succès ou non de cette vision partagée et protégée de l'authentique…

* Loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbains.

Lisez notre dossier "Var : sur la plage le chantier" dans le numéro 1280 de TPBM. Cliquez ici pour plus d'informations sur nos offres d'abonnement.



Olivier Réal
Journaliste

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