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Erilia veut bâtir du « durable » avec le BTP

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Erilia veut bâtir du « durable » avec le BTP
S. PAYRAU - De gauche à droite, Sauveur Cavataio, Djilali Derouiche, Philippe Deveau et Jean-Luc Bondon.

L'Entreprise sociale pour l'habitat (ESH) Erilia était l'invité du « Petit déj'éco du BTP » le 27 septembre dernier. L'occasion pour la quarantaine d'entrepreneurs présents de faire connaissance avec le premier donneur d'ordre au plan régional en matière de logements et d'habitat.

Une fois n'est pas coutume, le 27 septembre, la Fédération du BTP des Bouches-du-Rhône (FBTP 13) et la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) n'ont pas eu à « convaincre » leur invité du « Petit déj'éco du BTP » organisé à la Maison du BTP à Marseille. Et pour cause, c'est l'Entreprise sociale pour l'habitat (ESH) Erilia qui les a sollicités pour venir à la rencontre des professionnels du secteur.

Jean-Luc Bondon, directeur du développement, de la promotion et du renouvellement urbain chez Erilia, n'a pas manqué de clarifier le sens de sa démarche.

« On s'aperçoit que la commande publique est réglementée depuis l'ordonnance de 2016, et qu'elle est assez contraignante. Les appels d'offres en corps d'état séparés sont devenus le principe de la consultation. Et dans nos appels d'offres récents, on s'est aperçu que les entreprises ne nous connaissaient pas, ne nous répondaient pas, et qu'inversement, nous n'avions pas fait les démarches pour nous présenter et faire connaître nos activités », explique-t-il.

La Côte d'Azur, « notre implantation historique »

Une lacune comblée par Djilali Derouiche, directeur adjoint chargé de la maîtrise d'ouvrage chez Erilia, qui a présenté l'ESH basée à Marseille dont le groupe BPCE (Banque populaire - Caisse d'épargne) est l'actionnaire majoritaire. Le bailleur social gère un parc de près de 60 000 logements, dont quasiment les deux tiers érigés dans le Sud-Est. « Notre modèle économique est basé sur un maillage territorial avec 17 agences et neuf antennes. Notre implantation historique, c'est la Côte d'Azur - les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et des Alpes-Maritimes - la Corse et le Languedoc-Roussillon. Et on s'est développé ces dernières années dans le Grand Ouest, en Rhône-Alpes et en région parisienne », précise Djilali Derouiche.

En tant que donneur d'ordre, Erilia possède deux grandes activités : l'exploitation et la production. Sous sa première casquette, le bailleur social gère 37 000 logements sur le Sud-Est pour lesquels il lance régulièrement des consultations. « Pour la campagne prévisionnelle 2019-2020, on a évalué leur nombre à une trentaine en ce qui concerne l'entretien courant et les grosses réparations, pour un volume de 50 à 80 contrats : menuiserie, plomberie, serrurerie… On a une fourchette financière évaluée de 30 à 60 M€ pour ces deux ans », indique Sandra Orlando, chargée de mission à la direction des territoires d'Erilia. Quant à la production, l'ESH va lancer « très prochainement » une dizaine d'opérations de constructions neuves (350 logements) et une quinzaine d'opérations de réhabilitation ou d'acquisition/amélioration (plus de 1 500 logements). « A cela vont s'ajouter de grosses opérations de renouvellement urbain à Marseille, sur la Castellane et Air Bel notamment, Nîmes et Avignon », souligne Djilali Derouiche.

Pas de prime au moins-disant

Une manne de chantiers à venir d'autant plus intéressante pour les professionnels du BTP que la société a changé sa manière de procéder ces dernières années. « Le Code de la commande publique a instauré le corps d'état séparé. Avant, Erilia travaillait beaucoup en entreprise générale. Désormais, on s'ouvre aux entreprises », résume le directeur adjoint chargé de la maîtrise d'ouvrage. « Pour une opération de 1 000 logements avec un taux de rotation de 8 %, ça ferait 50 à 100 interventions/an. C'est un volume assez faible sur lequel peuvent se positionner les TPE/PME », cite en exemple Sandra Orlando. D'autant que le bailleur social a pris le parti d'opter pour « des petits lots en mono-attributaire plutôt que du multi-attributaires ». Seul critère : la société candidate doit réaliser un chiffre d'affaires de 200 000 €/an… ce qui ouvre la porte à beaucoup d'entreprises.

Deux éléments sont pris en compte pour attribuer ces marchés : le prix (60 %) et le mémoire technique (40 %), des proportions qui peuvent être inversées pour les consultations touchant à l'entretien. « Les entreprises moins-disantes ne sont pas forcément retenues. Ce n'est pas qu'un affichage, c'est une réalité. Car prendre une entreprise moins-disante et avoir des problèmes derrière va nous coûter beaucoup plus cher », insiste Jean-Luc Bondon. Et de livrer un message clair aux entrepreneurs présents : « On cherche des partenaires fiables dans la durée, techniquement et commercialement ». Car l'ESH se définit elle-même comme un partenaire fiable, qui « paye à 60 jours émission facture. » Un délai qui pourrait encore se réduire avec la dématérialisation de toutes les opérations de travaux à l'échéance du 1er semestre 2019.

Confrontée à une baisse assez importante de ses ressources à laquelle s'ajoute un contexte incertain*, Erilia n'hésitera pas à miser sur le sourcing pour dénicher ses futurs partenaires. « C'est une possibilité prévue par les textes. Il faut simplement une traçabilité des échanges en amont des appels d'offre », précise Jean-Luc Bondon. Et le directeur de la maîtrise d'ouvrage d'ajouter : « C'est comme ça qu'on pourra trouver des solutions techniques et financières pour que vous puissiez continuer à gagner votre vie et nous à équilibrer nos opérations. » Un discours qui a séduit Philippe Deveau. « Un entrepreneur, ce qu'il aime, c'est voir les gens. Et quand ils ont un langage clair, direct, ça donne envie de voir la suite. »

* Avec la baisse des loyers pour compenser la diminution des APL (Aides personnalisées au logement), Erilia a chiffré le manque à gagner à 10 M€ cette année, 10 M€ l'an prochain et 20 à 25 M€ en 2020. Et la société ignore si la TVA sur la production neuve sera ramenée à 5,5 % après avoir été relevée à 10 % par la loi de finances 2018.




Serge Payrau
Journaliste

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