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INTERVIEW Eliane Barreille : « Nous avons de nombreux chantiers à mener »

Conquérante, Eliane Barreille a l’intention de remettre les Alpes-de-Haute-Provence au centre du jeu économique. Pour cela, la nouvelle présidente du conseil départemental entend actionner tous les leviers à sa disposition.
Eliane Barreille : « Nous avons de nombreux chantiers à mener »
H. Saveuse - Eliane Barreille, la nouvelle présidente du conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence veut remettre le Département au centre du jeu économique.

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TPBM : Quelles vont être les grandes orientations de votre mandat ?
Eliane Barreille : La précédente mandature nous a laissé des finances saines qui vont nous permettre de dérouler nos ambitions pour ce département. Mon objectif principal est de faire revenir le conseil départemental là où il n’est plus depuis trop longtemps. Je pense notamment à la jeunesse et au sport ou à la culture où nous devons avoir une véritable politique volontariste et une stratégie de développement. Nous allons aussi créer un pôle Montagne qui doit nous permettre d’apporter des solutions alternatives pour développer les activités économiques autres que le ski dans nos montagnes. Ces projets passeront notamment par la recherche de fonds européens.

A ce sujet, êtes-vous favorable au projet de création de l’espace Lumière, actant la liaison entre les stations de Pra loup et de la Foux d’Allos ?
Un master plan a été commandé, nous aurons les résultats dans quelques semaines. J’en saurai alors un peu plus sur l’intérêt réel de ce projet. Sur le principe je n’y suis pas défavorable mais ce projet, estimé à près de 50 M€, doit pouvoir apporter de l’activité économique et doit aussi, selon moi, offrir de nouveaux usages à la montagne et à ses territoires. Il faut trouver une alternative au tout ski pour nos vallées.

Quels seront vos premiers chantiers ?
Nous avons de nombreux chantiers à mener. Depuis deux mois que j’occupe ces fonctions, je découvre un nouveau dossier par jour. Il y a beaucoup de travaux à réaliser, notamment aux chantiers prévus dans les collèges, en particulier à celui du Mont d’Or à Manosque mais pas seulement. Il s’agira à la fois de travaux d’amélioration des locaux mais nous devrons aussi apporter de nouveaux équipements aux collégiens. Je pense à l’accès au numérique. Nous avons aussi de grands chantiers à lancer sur nos routes. Elles sont encore trop nombreuses à porter des panneaux « risques d’éboulements ». Nous savons que certains secteurs routiers sont dangereux, il est de notre devoir de les sécuriser. Nous ne pouvons plus reculer l’échéance des travaux. Il en va de ma responsabilité et de la sécurité des usagers de la route. Je pense notamment à la route des crêtes entre Rougon et Castellane, au col d’Allos où les glissières de sécurité sont quasiment toutes affaissées, au secteur d’Entrevaux ou celui de la Rochaille où d’importants travaux sont prévus. Il ne doit plus y avoir de segments routiers insécuritaires dans ce département. C’est en tout cas ma feuille de route.

Comment envisagez-vous le financement de tous ces projets prévoyez-vous d’avoir recours à l’emprunt ?
Oui. Nous finances sont saines. Le Département n’est endetté qu’à 3 ans alors que l’on peut sans difficulté aller jusqu’à 10 ans. Si l’endettement est porté à 6 ans, la structure ne sera pas en danger et nous arriverons à régler de nombreuses situations critiques. Côté budget, je ne m’inquiète pas pour l’investissement. Nous manquerons davantage de marges de manœuvre sur le fonctionnement.

Quelle sera votre politique en matière de soutien à l’aménagement du territoire ?
Le Département des Alpes-de-Haute-Provence sera aux côtés de toutes les communes du territoire. Sur le Fonds départemental d’aide aux communes [Fodac, NDLR], nous savons que le montant maximum fixé à 10 000€ ne suffit souvent pas à celles de tailles moyennes alors qu’il permet à de nombreuses petites communes du département de réaliser des aménagements. Nous envisageons de réformer le Fodac pour qu’il satisfasse toutes celles qui y ont droit. J’ai la volonté d’aller plus loin. Nous réfléchissons à des fonds d’aides différenciées qui fonctionneraient un peu différemment. D’autre part, nous savons aussi qu’il y a de grandes attentes au sujet de l’agence d’ingénierie IT 04 mais j’estime que l’outil n’est pas optimal, le service est aujourd’hui insuffisant. Il ne réponds pas toujours aux besoins des communes. J’aimerai mettre en place un service renforcé, qui permette aussi d’assister les communes dans la constitution de dossiers, pour solliciter des fonds européens par exemple, et qui soit au service de toutes les communes. Bien sûr nous veillerons à ne pas être en concurrence avec les maîtres d’œuvre. C’est la condition sine qua non.

Sur l’emploi, vous souhaitez que le Département soit également présent en passant par le biais de la compétence « solidarité » en partenariat avec d’autres organismes. Pouvez-vous nous en dire davantage à ce sujet ?
Le nombre de demandeurs d’emplois ne cesse de croître. Nous voulons participer à la remise sur les rails de ces personnes en créant un service d’insertion économique. Nous allons nous mettre autour de la table avec la CCI 04 et pourquoi pas l’UDE04 pour créer des passerelles entre les demandeurs d’emplois, les entreprises et les organismes de formation. Nous y avons ici un double intérêt.

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