AccueilTerritoiresEdouard Philippe vint, mais ne convainc pas

14e Congrès des régions de France Edouard Philippe vint, mais ne convainc pas

Lors du congrès des régions qui s'est tenu à Marseille, le Premier ministre n'a pas réussi à désamorcer la grogne des élus locaux signataires d'un appel pour la défense des libertés locales.
Edouard Philippe vint, mais ne convainc pas
J. P. Pierrat - Venu spécialement à Marseille pour, le Premier ministre ne semble pas pas avoir réussi à apaiser les débats.

Territoires Publié le ,

En réponse à « l'Appel de Marseille » lancé la veille pour la défense des libertés locales par les élus régionaux, départementaux et locaux* en colère contre ce qu'ils dénoncent comme une « recentralisation massive » du pays, Edouard Philippe, le Premier ministre venu à Marseille, au Palais du Pharo où se tenait le Congrès des régions de France, a, lui, fait « le pari de Marseille ». Celui tout d'abord de les convaincre au contraire des bonnes intentions du gouvernement à propos de la décentralisation sur laquelle « personne ne veut revenir, ni l'Etat, ni le gouvernement, ni les élus locaux. C'est irréversible, la France est une république décentralisée, point », a notamment déclaré le pensionnaire de Matignon.

Ne niant pas les désaccords mais jugeant ce débat sur la recentralisation totalement infondé, il s'est attaché, dans son discours, à répondre aux demandes des signataires de l'appel. Se livrant en particulier à différents calculs de charges, Edouard Philippe a souligné que pour les deux ans à venir « l'effort de l'Etat pour la maîtrise de ses dépenses sera supérieur à celui demandé aux collectivités territoriales » et a promis aussi que « les concours de l'Etat dans les projets de ces mêmes collectivités territoriales seront stables ».

« Nous, nous avons assuré la stabilité des dotations et même une très légère hausse », a aussi assuré celui qui a rappelé à son arrivée au pupitre « tout [son] engagement politique avant tout local ». « La cour des comptes a dit sa préférence pour la méthode que nous avons retenue », a-t-il également souligné, faisant alors « le pari de Marseille, qu'à l'avenir et quels que soient les gouvernements, on ne revienne pas sur cette façon de faire. »

Dialogue de sourd

L'ancien maire du Havre a poursuivi ensuite dans la même veine, à fleuret moucheté, en particulier autour de la Conférence nationale des territoires fustigée selon lui dans ce désormais fameux appel de Marseille et boycottée en juillet dernier par les signataires de ce dernier. Idem sur l'apprentissage ou la question de l'orientation, pour ne citer que ces deux autres sujets de discorde. Cherchant à rassurer, le Premier ministre aura eu beau appeler à la concertation et au dialogue, les échanges auront finalement plutôt tourné au dialogue de sourd, chaque camp campant sur ses positions.

La conférence de presse des présidents de région à l'issue de cette matinée a été sur ce point on ne peut plus éloquente. Ces derniers, et à commencer par les représentants de Corse et de l'outremer, n'ont en effet aucunement cherché à cacher leur déception. « Un rendez-vous manqué », comme l'a résumé l'un d'eux et pour ne reprendre qu'une des réactions les moins dures.

* Signé par l'Association des territoires unis (associations des maires, des départements et des régions, toutes présidées par des élus LR).

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?