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Dévoluy : un téléporté et un front de neige d'altitude en projet

La SEM Dévoluy compte créer un téléporté reliant les stations de SuperDévoluy et La Joue-du-Loup, ainsi qu'une gare intermédiaire qui abriterait un nouveau point d'attractivité touristique.
Dévoluy : un téléporté et un front de neige d'altitude en projet
SEM Dévoluy - Ce plateau deviendrait un point de rencontre et de découvertes.

UrbanismeHautes-Alpes Publié le ,

Le changement climatique et les nouveaux modes de consommation obligent les stations de ski à repositionner leur offre. Une étude concernant l'impact de l'évolution climatique sur les stations, menée par Climsnow à la demande de la Région, va les y aider. Dans le Dévoluy, un gros projet est en train d'émerger et sera affiné en fonction des résultats de cette étude et d'un audit de Protourisme commandité par ses soins.

Les deux stations du Dévoluy - SuperDévoluy et La Joue-du-Loup - sont exploitées par Dévoluy ski développement (DSD). La société a changé de main en 2019, passant du groupe Maulin à la société d'économie mixte (SEM) Dévoluy, constituée pour l'occasion et détenue par la commune du Dévoluy (60%), la Caisse des dépôts (30%), la Banque populaire (5%) et la Caisse d'épargne (5%). La SEM projette de relier ses deux stations par téléporté, pas de manière linéaire, mais en créant une gare intermédiaire en haut du domaine skiable, où serait créé un front de neige d'altitude aux multiples points d'attractivité pour les skieurs et non skieurs.

Ce plateau situé à 1 850 m d'altitude, à la vue époustouflante, deviendrait un point de rencontre où l'on retrouverait le Dévoluy sous toutes ses filières : pastorale, scientifique avec l'observatoire radioastronomique de Bure et géologique avec ses cavités naturelles appelées chourums. « On souhaite en faire un espace de découverte et d'expériences à vivre », résume Laurent Thélène, directeur de DSD. L'équipe réfléchit à installer une bergerie, un petit observatoire, une aire de barbecue, à proposer des jeux du type escape game, du cerf-volant, de la luge, à aménager une via souterrata dans deux cavités, un site d'initiation à l'escalade, un site nordique version biathlon. Sur ce plateau, la SEM entend consolider l'offre ski grâce à un lieu d'initiation, traditionnellement cantonné au bas de station. On pourrait aussi y pratiquer du ski qui s'éloignerait des codes traditionnels, « sur un espace vierge sécurisé, avec beaucoup de mouvements de terrain, des bosses, des parties damées et d'autres moins ». Un sentier mènerait à un lac d'altitude, constitué à partir des deux actuelles retenues collinaires. « Ce lac servirait toujours à la production de neige de culture et dans une moindre mesure à l'élevage, mais deviendrait aussi un lieu d'agrément en y aménageant les pourtours. » A partir de la gare intermédiaire, un petit télésiège mènerait au sommet du Jas.

« Nos investissements lourds doivent concerner le ski mais pas que »

Cet équipement complet présenterait de multiples avantages. Pour l'heure, les deux stations, distantes de 12 km par la route, sont reliées en continu par navette en saison, « ce qui engendre un mauvais bilan carbone », relève Laurent Thélène. Avec ce téléporté, le temps de trajet serait réduit à 12 mn. Cette liaison aérienne permettrait de rejoindre dans un temps contenu les équipements de chacune des deux stations, comme le nouveau centre aquatique et de bien-être O'dycéa, à La Joue-du-Loup. « Elle permettrait de doubler le départ depuis La Joue-du-Loup, qui ne dispose que d'un télésiège, souvent saturé », ajoute le directeur. Ce nouvel outil s'accompagnerait de la création de 500 à 1 100 lits répartis entre les deux stations.

Un nouveau centre de bien-être à La Joue du Loup

S'il a été conforté par la crise sanitaire, ce projet a été élaboré en amont, pour répondre aux enjeux climatiques et sociétaux. « Nos investissements lourds doivent concerner le ski mais pas que. On doit créer un point d'équilibre », estime Laurent Thélène. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : - 20% de journées skieur en 10 ans, on skie en moyenne 4 heures par jour, 17% des vacanciers ne skient pas (+ 4 points entre 2012 et 2017), 40% veulent pratiquer d'autres activités que le ski, 53% choisissent leur destination en fonction de critères hors ski. Sans oublier l'été, qui, s'il ne représente que 3% du chiffre d'affaires de DSD, convertit chaque année de nouveaux adeptes (+ 9,5% cet été). Une saison cruciale pour toute une vallée en réalité. « L'été nous rapporte peu mais impacte la vie de tout le territoire, nous permettant de garder l'emploi dans l'entreprise, et donc des compétences, et plus largement nourrit tout le tissu économique du Dévoluy », considère Laurent Thélène.

Calendrier et budget

  • Le lac : 3 M€, ouverture prévue pour l'hiver 2023/2024 (financement DSD)
  • Le téléporté : plus de 15 M€, ouverture prévue pour l'hiver 2024/2025 (financement SEM)
  • La gare intermédiaire (infrastructure + espace découverte) : 6 M€, ouverture prévue pour l'hiver 2024/2025 (financement SEM)
  • Le télésiège : 4 M€ (financement DSD)

Sur l'ensemble de l'investissement, l'équipe espère environ 30% de subventions de la part de la Région et du Plan de relance de l'Etat. 

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