AccueilEconomieDenis Philippe : « On ne doit pas se contenter de ce que l'on est mais voir plus loin »

président de la Cress Paca Denis Philippe : « On ne doit pas se contenter de ce que l'on est mais voir plus loin »

Son tour des territoires achevé, Denis Philippe, le président de la Chambre régionale des entreprises de l'économie sociale et solidaire Provence-Alpes-Côte d'Azur (Cress Paca), se projette dans l'après Covid-19 et entend défendre, plus que jamais, une chambre forte et utile à ses adhérents.
Denis Philippe : « On ne doit pas se contenter de ce que l'on est mais voir plus loin »
F. Delmonte - Ces dernières années, Denis Philippe et ses équipes ont fait évoluer la Cress Paca vers une chambre plus entrepreneuriale.

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TPBM : Quels enseignements tirez-vous du tour des territoires que vous venez de boucler, à la rencontre des acteurs de l'ESS en Paca ?
Denis Philippe :
C'était pour moi important d'aller à leur rencontre. On ne fait pas vivre le réseau de l'Economie sociale et solidaire (ESS) en restant dans ses bureaux à Marseille. Beaucoup de nos adhérents ont subi lourdement la crise, notamment toutes les entreprises, associations et structures qui œuvrent dans le tourisme, la culture, le sport… Ces dernières nous demandent plus d'accompagnement afin de les aider à se relever. D'autres, moins touchées, souhaitent aussi que la Cress Paca soit plus présente et leur apporte des services. J'en tire la conclusion que le modèle économique de la chambre doit encore évoluer.

C'est-à-dire ?
Ces dernières années, nous avons fait évoluer la Cress Paca vers une chambre plus entrepreneuriale, plus présente sur le terrain. Concrètement, le nombre de nos adhérents a augmenté, afin d'avoir une indépendance financière et surtout une légitimité accrue qui nous a permis de porter la voix des acteurs de l'ESS auprès des décideurs économiques et politiques. La Région Provence-Alpes-Côte d'Azur est notamment devenue notre partenaire. Maintenant que ce cap a été franchi, il faut en passer un autre afin d'accroître notre budget, nos moyens - notamment humains - et proposer de nouveaux services aux entreprises.

Votre modèle à atteindre est-il celui d'une chambre consulaire « classique » qui perçoit notamment une Taxe pour frais de chambre ?
Non. Notre modèle doit évoluer, mais il ne faut pas faire ce qui existe par ailleurs afin de toujours porter et représenter l'identité de l'économie sociale et solidaire. Cette spécificité est forte et doit le rester. Nous avons besoin d'un peu plus d'aide de l'Etat et de lien renforcé avec ce dernier. C'est le sens des discussions que j'ai eues avec Olivia Grégoire, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance, chargée de l'économie sociale, solidaire et responsable. Mais notre statut associatif dans les Cress n'est plus adapté à la situation et à la réalité de nos missions.

Où en-êtes-vous de ces échanges ?
On doit se revoir, mais il est clair que la situation ne devrait pas évoluer avant la présidentielle. En attendant, nous devons continuer sur cette dynamique et développer nos moyens, avec l'aide de notre réseau et de nos partenaires. De la même façon que nous avons lancé le fonds « InvESS't Paca », nous devons multiplier par deux le budget de notre chambre. Je n'ai pas suffisamment de salariés pour répondre à tous les enjeux.

Quels sont-ils ?
Cette crise a montré que le modèle porté par l'ESS est pertinent pour répondre à un certain nombre d'enjeux de notre temps. Ce modèle intéresse de plus en plus de jeunes qui entendent créer leur structure et monter des projets. On se doit de les accompagner d'un point de vue très pratique, tout en gardant les valeurs de l'ESS. Il nous faut développer et proposer, très vite, de nouveaux services comme l'accompagnement à la création d'entreprise de l'ESS, des formations pratiques, concrètes, utiles et avec nos valeurs. Il faut être ambitieux et trouver des moyens nouveaux. Cela va être le sens de mon engagement et de mon travail dans les prochains mois. En 2022, il y aura nos élections et je ne repartirai qu'avec un projet ambitieux. On ne doit pas se contenter de ce que l'on est mais voir plus loin, accueillir dans nos instances de décision plus de jeunes, renforcer notre gouvernance politique. On doit entamer ce travail de réflexion, c'est important pour la suite et la place que l'ESS doit tenir dans notre société. Notre chambre est pilote en France et doit le rester.

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