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Denis Philippe : « L'économie sociale et solidaire est un moteur de croissance »

2017 sera une année charnière pour la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur (Cress Paca). Interview de Denis Philippe, son président.
Denis Philippe : « L'économie sociale et solidaire est un moteur de croissance »
D.R.

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TPBM : Benoît Hamon est le candidat du PS. Il a été ministre de l'Economie sociale et solidaire (ESS) et une loi portant sur la consommation porte son nom. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Denis Philippe : Effectivement, il a été ce ministre, mais il en a peu parlé pendant sa campagne pour les primaires. La loi Hamon a le mérite d'exister, mais il faut l'améliorer.

L'ESS ne semble pas un enjeu majeur pour les candidats, qui en parlent peu…
L'économie sociale et solidaire n'est pour l'instant pas assez prise en compte par les candidats à cette élection… Pourtant, elle est un moteur de croissance. J'ai l'impression que personne ou presque n'a tiré les conclusions de la crise de 2008. Nos entreprises correspondent aux attentes de la population, au sujet de la transformation sociale, écologique et de la proximité des services et des emplois. Depuis toujours, l'ESS a porté une forme de progrès : pensons au service civique, aux Chèques-Déjeuner, au fait mutualiste et associatif…

Pourquoi alors on ne parle pas plus de l'ESS ?
Peut-être que parce que jusqu'à maintenant, on a été trop modeste et que l'on a pas suffisamment su parler de nous. Il y a aussi une méconnaissance de nos spécificités par les acteurs politiques.

Et en région Paca, comment est vue l'ESS par vos interlocuteurs politiques ?
Nous avons d'excellentes relations avec la région, son président et son équipe. La Cress est reconnue comme un interlocuteur et un acteur local. Mais mon problème est le suivant : comment faire pour que les spécificités des entreprises de l'ESS soient mieux prises en compte ? Des entreprises et associations de notre secteur sont en difficulté à cause de la baisse des subventions des collectivités. Je comprends cela, mais comment on fait pour les accompagner ? Elles ont un rôle social à prendre en compte.

Justement, la Cress Paca porte une image nouvelle de l'ESS. Vous voulez casser l'image de l'ESS égale une association qui vit de subventions ?
Quand on parle de l'ESS, on nous caricature. Si vous lisez le rapport de l'Inspection générale des finances sur les Cress en France, vous pouvez voir que le modèle que nous portons en Paca est mis en avant. Nous voulons nous organiser pour être indépendants. C'est ce que nous faisons en développant notre réseau, en trouvant de nouvelles ressources financières, via les adhésions et en proposant des services. Nous voulons être une organisation autonome et forte qui colle à l'économie de son territoire. C'est vrai que ce modèle n'est pas encore majoritaire dans notre réseau au niveau national. Nous sommes une Cress pilote.

Où en sont vos projets ?
Le fonds dédié aux entreprises adhérentes, lancé avec les banques du réseau, sera opérationnel pour juin. Il sera composé de 5 millions d'euros, auxquels s'ajouteront 5 millions de la région, qui apportera sa garantie, et certainement aussi des fonds européens. Ce sera un fonds de 8 ans, avec deux ans de prolongement. Le ticket commencera à 10 000 euros pour tout type d'entreprises en haut de bilan pour des emprunts simples. On réfléchit aussi à une solution pour du micro-crédit. L'idée est de créer une marque Cress Paca, avec un univers de services. Dans cette optique, on travaille sur la création d'une place de marché pour notre réseau sur le thème de l'emploi et d'une place des affaires. Elle fonctionnera comme un club business entre adhérents. L'idée est d'apprendre aux acteurs locaux de l'ESS à travailler ensemble. Nous allons aussi réémettre des titres associatifs, à 100 000 ou 200 000 euros, afin de donner à la Cress de nouvelles capacités d'investissement.

Et votre représentation départementale ?
Nous ouvrirons des antennes locales, des vitrines de l'ESS, cette année dans les Alpes-Maritimes, le Var et le Vaucluse, et l'année prochaine dans les départements alpins.

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