AccueilUrbanismeDavid Ytier : « La ville de Marseille va devoir indiquer où elle souhaite densifier et ouvrir de nouveaux droits à construire »

David Ytier : « La ville de Marseille va devoir indiquer où elle souhaite densifier et ouvrir de nouveaux droits à construire »

David Ytier, vice-président délégué à l’habitat, au logement et à la lutte contre l'habitat insalubre de la métropole AMP, pilote l’élaboration du programme local de l’habitat (PLH). Il réagit aux propositions de la ville de Marseille.
« Nous avons besoin de produire là où sont réellement les besoins des habitants mais aussi là où se développent l’emploi et les moyens de transports », David Ytier, vice-président délégué à l’habitat, Ville de Marseille.
M. Colin - « Nous avons besoin de produire là où sont réellement les besoins des habitants mais aussi là où se développent l’emploi et les moyens de transports », David Ytier, vice-président délégué à l’habitat, Ville de Marseille.

UrbanismeBouches-du-Rhône Publié le , Propos recueillis par William ALLAIRE

TPBM : La ville de Marseille fixe un objectif de 4 500 logements par an, dont près de la moitié « abordables ». Ce chiffre est-il en phase avec l’ambition globale du PLH métropolitain ?

David Ytier : La réception de ces volontés marseillaises, que nous attendions depuis de longs mois, est une bonne nouvelle. L’ambition de la Ville est plutôt une surprise, compte tenu des volumes de production qui sont actuellement très en deçà de ces objectifs affichés. Toute la chaîne de production du logement ainsi que les habitants en attente d’un logement digne peuvent s’en satisfaire. L’objectif de 4 500 logements par an va contribuer à un PLH métropolitain conforme aux exigences du SCOT (schéma de cohérence territorial) lui-même en construction, mais dont les grands principes ont été actés par notre assemblée intercommunale, notamment la croissance démographique annuelle de 0,3 à 0,4 % sur la période du prochain PLH c’est à dire d’ici 2028.

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Cet objectif de 4 500 logements est assorti de nombreuses conditions, notamment la demande de réviser le PLUI de l’ex-territoire Marseille-Provence jugé trop malthusien. Cette exigence vous semble-t-elle en ligne avec l’urgence des besoins ?

Tout l’enjeu sera désormais, au delà de l’atteinte des objectifs du PLH métropolitain, de rendre crédible ces annonces marseillaises récentes. Nous disons chiche ! Pour cela, nous allons pouvoir travailler sur le PLUi et sur tous les outils opérationnels afin de les mettre en adéquation avec l’objectif marseillais. D’une manière générale, la Métropole des maires voulue par la présidente Martine Vassal consiste à répondre aux attentes communales lorsque cela est possible. Cela s’appliquera donc aussi au cas marseillais en ce domaine. Il y aura néanmoins de nombreux échanges techniques pour y parvenir. La Ville va devoir indiquer où elle souhaite densifier et là où elle souhaite ouvrir de nouveaux droits à construire.

La ville de Marseille plaide pour un rééquilibrage de la production à l’échelle du territoire d’AMP. Partagez-vous ce constat ?

Sans aucune forme d’idéologie, nous avons besoin de produire là où sont réellement les besoins des habitants mais aussi là où se développent l’emploi et les moyens de transports. Le PLH donnera cette vision que nous sommes actuellement en train de finaliser à l’échelle métropolitaine, avec des discussions spécifiques à certains bassins de vie.

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A court terme, la ville centre demande la mise en place d’amortisseurs comme l’encadrement des loyers. Y êtes-vous favorable ?

Notre position vis à vis de l’encadrement des loyers est très claire. Martine Vassal comme moi-même sommes opposés à cette mesure qui n’est pas adaptée aux besoins actuels de notre territoire. Nous avons plutôt besoin de produire, de lutter contre l’habitat indigne y compris avec des outils comme le permis de louer, ou encore de soutenir l’effort de rénovation énergétique. L’encadrement des loyers est devenu un totem politique qui risque de gripper certains rouages... Néanmoins, nous ne dirigeons qu’un établissement intercommunal et nous devons entendre la voix de chaque commune membre. La majorité municipale marseillaise souhaitant expérimenter cette mesure, nous allons transmettre la candidature de Marseille à l’État. En posant toutefois une condition : que la mesure soit circonscrite à Marseille car nous refusons que la volonté marseillaise puisse entraîner l’encadrement des loyers dans d’autres secteurs de la Métropole.

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