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Dans les travaux publics, de nombreuses questions demeurent pour la reprise

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Dans les travaux publics, de nombreuses questions demeurent pour la reprise
D.R. - Les chantiers vont mettre du temps à reprendre leur cours normal.

La Fédération régionale des travaux publics Provence-Alpes-Côte d'Azur (FRTP Paca) a questionné ses adhérents sur leur niveau d'activité actuelle et à venir. Si une grande majorité des entreprises sont à l'arrêt, celles-ci restent très dubitatives sur les perspectives de reprise pour de multiples raisons.

A l'instar de la France entière, la très grande majorité des entreprises de travaux publics sont à l'arrêt dans notre région depuis le début du confinement en raison de la crise et de l'état d'urgence sanitaires. Interrogés une deuxième fois consécutivement à ce propos du 8 au 16 avril dernier après l'avoir déjà été fin mars, près de 15 % des adhérents de la FRTP Paca qui pèsent dans leur ensemble habituellement 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaire, soit 132 entreprises, se déclarent à 67 % encore à l'arrêt au 10 avril, c'est-à-dire dans la moyenne nationale de 70 %. Lors du questionnaire précédent, en date du 25 mars, elles étaient alors 85 %.

Pour le reste, elles sont ainsi 33 % à se déclarer en cours de reprise. Sur les entreprises complètement arrêtées, près de la moitié (45 %) envisage de reprendre d'ici fin avril et seules 8 % sont prêtes à le faire dès cette semaine. En revanche, un tiers d'entre elles (33 %) n'affiche aucune visibilité à ce sujet. Enfin, 14 % de ces entreprises actuellement au point mort espèrent reprendre au-delà de la fin du mois.

De multiples freins

Mais si l'on en croit les nombreux commentaires apportés dans cette enquête par les professionnels des différentes filières (canalisations et autres travaux de la filière eau, travaux routiers et aéroportuaires, travaux électriques, ouvrages d'art/génie civil, terrassements/fondations, voies ferrées) et ce, quelle que soit la taille de leur entreprise, quant aux perspectives de reprise, de nombreux freins demeurent.

A commencer par le manque d'EPI (équipement de protection individuel), et en premier lieu, étant donné les circonstances, de masques et de gel hydroalcoolique, qui inquiète très fortement et souligné par trois quarts des entreprises, mais aussi du matériel et des matériaux pour reprendre l'activité. Quant ce n'est pas l'indisponibilité du personnel qui pose problème, un écueil jugé important ou très important pour un quart des répondants à l'enquête menée.

Sont également mises en avant les difficultés rencontrées avec les donneurs d'ordre publics ou encore l'arrêt des procédures réglementaires (instruction des autorisations d'urbanisme, pour la voirie, pose d'échafaudages, etc.). Sans oublier le guide des bonnes pratiques de l'OPPBTP avalisé par le gouvernement et des organisations professionnelles, mais qui ne pourra pas être forcément applicable à toutes les activités et qui va entraîner forcément un surcoût car avec moins d'intervenants, la rentabilité de la production en pâtira, ainsi qu'en conviennent la plupart des acteurs du secteur.


Lire aussi : Frédéric Tomasella : « Il faut que les collectivités relancent les ordres de services de travaux »


De sombres perspectives

Questionnés aussi à propos de leur chiffre d'affaires, en mars, mais aussi pour les mois suivants, avril, mai et juin, là encore, les clignotants sont au rouge. Pour 67 % de ces 132 entreprises toujours, le chiffre d'affaires du mois de mars a représenté au mieux la moitié, voire moins, de celui réalisé en mars l'an dernier. Et si 12 % déclarent avoir enregistré un chiffre d'affaires d'au moins 80 % par rapport à celui de mars 2019, les prévisions pour les trois prochains mois demeurent sur des positions basses. En avril, si l'on se base sur les estimations des entreprises de TP ainsi sondées, seul un quart de l'activité normale serait réalisé, à peine la moitié (47 %) en mai, et 68 %, enfin, fin juin.

Dans ces perspectives pas très prometteuses pour l'immédiat, même pas 10 % des adhérents de la FRTP Paca s'étant exprimés à travers l'enquête conduite, pensent ainsi qu'il sera possible de rattraper la perte d'activité subie d'ici à la fin de l'année. L'immense majorité juge au contraire que cela sera impossible. Comme le craint l'un des répondants, « ça va être long et dur… ».




J. P. Pierrat
Journaliste

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