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Hautes-Alpes : Elu et entrepreneur, Cyrille Drujon d'Astros ou le don d'ubiquité

Le maire de Freissinières et président de la communauté de communes du Pays des Ecrins dirige trois entreprises du bâtiment.
Hautes-Alpes : Elu et entrepreneur, Cyrille Drujon d'Astros ou le don d'ubiquité
M.-F. Sarrazin - Cyrille Drujon d'Astros, maire de Freissinières, président de la communauté de communes du Pays des Ecrins et dirigeant de trois entreprises du bâtiment.

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Un emploi du temps pareil en laisserait plus d'un exsangue, mais pas lui. Cyrille Drujon d'Astros est maire de la commune de Freissinières depuis 2001, président de la communauté de communes du Pays des Ecrins depuis 2008, à la tête de trois sociétés... et papa d'enfants en bas âge. « J'ai peu de stress malgré tout. Ce que je fais me passionne et je suis entouré d'une équipe exceptionnelle », sourit-il. Des gens solides, qui adhèrent à l'idée ne pas forcément obtenir une réponse dans la minute, admet-t-il.

En 2008, pour plus de souplesse dans son agenda d'élu, il crée sa première société, Batiss, spécialisée dans la maîtrise d'œuvre de travaux pour le compte des syndicats de copropriété, conduisant les gros chantiers de ravalement de façades, réfection de toitures, d'isolation ou encore de remplacement de systèmes de chauffage. « L'activité a véritablement décollé en 2010, grâce à Christophe Petit, de Foncia, qui nous a fait confiance », reconnaît le chef d'entreprise. Batiss s'est, en parallèle, lancée dans les rénovations après sinistre. « Les gens ont tout perdu. On les voit revivre au cours de la réhabilitation de leur logement », dépeint Cyrille Drujon d'Astros. Même si parfois le plus simple serait de repartir de zéro, de tout raser pour reconstruire, le défi consiste à refaire un maximum en conservant l'existant pour maintenir les garanties d'assurances. « Les experts nous recommandent car nous sommes capables de chiffrer rapidement le projet. Nous sommes rodés à ça : nous avons des bases de prix, travaillons avec des bureaux d'études structures, avec des architectes partenaires... » Batiss se charge aussi des projets de constructions neuves ou des rénovations pour les particuliers.

L'entreprise ne cesse de grandir et compte désormais sept salariés. Si elle intervient principalement dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, son dirigeant entend la développer dans les Alpes-Maritimes et envisage d'ouvrir un bureau du côté de Montpellier.

Un projet de séchoir à Eygliers

Toujours en lien avec le monde du bâtiment, en 2020, l'entrepreneur crée Terratech, une société de revente de matériaux de construction, avec son associé Nicolas Baret.

« Ce marché est détenu par de grands groupes. Nous avons voulu aborder le sujet différemment. Les gens nous présentent leur projet et nous leur trouvons les matériaux au meilleur prix. C'est intéressant pour ceux à forte plus-value comme le bois, le carrelage ou la colle. »

Pour l'heure, Terratech propose beaucoup de carrelages pour lesquels elle dispose de contacts directs de magasins d'usine italiens ou espagnols. Le bois demeure un axe de développement : « Nous avons la ressource dans les Hautes-Alpes mais la filière est mal organisée. Nous voulons nous fournir en bois brut auprès des scieurs locaux, le sécher nous-mêmes en nous dotant d'un séchoir. » Terratech essaie également de récupérer des matériaux valorisables en fin de chantier ou sur des projets de démolition, ce qui peut surtout intéresser les auto-constructeurs.

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Sa dernière entreprise, la Menuiserie du Guil à Eygliers, il en a hérité un peu par hasard. « Je m'étais engagé avec Eric Abrard, mon cousin, mais il est décédé. J'en ai donc repris la direction. Un métier que je découvre complètement. » Cette menuiserie de taille intermédiaire, qui emploie six salariés, travaille le pin, le sapin et le mélèze, parfois un peu de noyer et de feuillus, pour tout type d'agencement intérieur. Elle est équipée d'une machine numérique, ouverte à d'autres menuisiers partenaires. Cyrille Drujon d'Astros a déjà réfléchi à des pistes de développement pour cette menuiserie dont les ateliers sont grands : « Nous aimerions produire des bardages, des parquets. Les gens se fournissent loin. » Le projet de séchoir s'intègre pleinement dans cette dynamique. « Ici, des scieurs possèdent quelques séchoirs. Nous voulons un créer un plus gros. » Il se situerait sur le terrain de la menuiserie, à Eygliers. « Nous allons déposer une demande de financement dans le cadre du programme Leader [Liaison entre action de développement de l'rconomie Rurale, NDLR] », annonce l'entrepreneur, très au fait de ces dispositifs d'aides du fait de sa casquette d'élu. Comme quoi, jongler entre plusieurs activités rend plus performant.

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