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Corinne (Vezzoni) et le pavillon jaune à la Timone

Bouches-du-Rhône Publié le - - Architecture

Corinne (Vezzoni) et le pavillon jaune à la Timone
J.Ph. P - Marie Lafond (à gauche) et Corinne Vezzoni

Tout ce qui brille n'est pas d'or. Démonstration éclatante de l'architecte Corinne Vezzoni, avec la réalisation d'un nouveau pôle pédagogique en cours d'achèvement à la Timone, à Marseille.

Corinne et le pavillon jaune : ça ressemble à un conte pour enfants, c’est en réalité une belle histoire architecturale sans fée Carabosse promise aux carabins de Marseille, mais aussi aux passants. Laquelle commence ainsi : il était une fois, dans la cité phocéenne, un boulevard asphyxié par la circulation automobile, très fortement pollué, pour ne pas dire franchement inhospitalier, et longeant le gigantesque ensemble hospitalo-universitaire de la Timone. Là-même où est apparu depuis quelque temps un flash jaune, un éclat de couleur bienvenu dans la grisaille de cette perspective urbaine.

Un repère idéal au sein de l'université

Pour en percer le mystère, rendez-vous a été fixé "devant le pavillon jaune"… C’est devenu un point de rencontre, un repère idéal dans cette immensité, confirme le doyen de la fac. Ecrin pop art, l’immeuble acidulé qui trône désormais à l’entrée du campus de la Timone, est en effet immanquable. Malgré ses dimensions plutôt modestes par rapport aux énormes bâtiments tout autour, l’édifice en cours d’achèvement attire immédiatement l’œil. Les variations de teinte de la mosaïque de carreaux de pâte de verre qui en couvre les façades, en accentuent l’attrait. Conçu par l’architecte marseillaise Corinne Vezzoni, ce bâtiment haut de quatre étages et d’une surface de 2850 m2 sera livré dans deux mois afin d’accueillir dès la prochaine rentrée universitaire des enseignements mutualisés des facultés de médecine, dentaire et pharmacie. Il ne manque guère plus que les grandes baies vitrées du hall d’accueil.

Hommage à Egger

Aussi pédagogue que talentueuse, son auteure, qui est accompagnée sur le chantier par sa collaboratrice chef de projet Marie Lafond, en résume les fondements en deux temps trois éléments. Pour imaginer ce "pavillon d’or" comme d’autres l’appellent déjà également, l’architecte avoue tout d’abord avoir été en partie inspirée par une peinture de Vermeer, une vue sombre de la ville de Delft tout juste éclairée par un petit pan de mur jaune. "Un tableau commenté en son temps par Marcel Proust dans son livre La Prisonnière", précise-t-elle *.       

Redonner cohérence au quartier


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Le second hommage rendu à sa muse l’est plus précisément au bâtiment originel de la fac de médecine situé juste derrière et à son architecte, René Egger, qui a bâti dans les années Defferre les grands ensembles universitaires et hospitaliers marseillais. "C’est le jaune de ses garde-corps que l’on a repris même si cela n’a pas été facile de retrouver cette teinte un peu moutarde qu’on utilisait à l’époque", explique encore Corinne Vezzoni. Enfin, elle en a également repris ou décliné certains grands principes corbuséens du mouvement moderne : "béton brut pour la structure et à l’intérieur, poteaux légèrement oblongs pour le hall vitré, lumière naturelle dans les circulations, brise-soleil rectangulaires autour des percements de la façade sud, rampes d’escalier béton en ruban…, détaille-t-elle. J’ai cherché à faire valoir le site, le contexte, redonner une cohérence au quartier, plutôt que de mettre en avant le nouveau bâtiment bien qu’il fonctionne comme un signal". Le hall traversant, qui invite à pénétrer au-delà dans le campus, le montre. Un peu d’humilité dans un monde souvent dominé par l’ego : la signature d’un vraiment grand architecte.

(*) « Enfin, il fut devant le Vermeer (…). Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard comme un enfant à un papillon jaune qu’il veut saisir, au précieux petit pan de mur. C’est ainsi que j’aurais dû écrire, disait-il. (…) Il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune ». Extrait de La Prisonnière, Marcel Proust

Retrouvez notre reportage complet, de deux pages, dans la rubrique "Rendez-vous" du numéro 1072 de TPBM, daté du 8 avril.




J. P. Pierrat
Journaliste

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