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Comment le tramway est arrivé jusqu'à la rue de Rome

Bouches-du-Rhône le - - BTP

Comment le tramway est arrivé jusqu'à la rue de Rome

Trois ans de travaux et un investissement de 57,4 millions d'euros* : c'est le temps et l'argent qui auront été nécessaires à la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) pour réaliser l'extension de son réseau de tramway.

Ce projet controversé, car aménagé dans un secteur déjà doté de deux lignes de métro, a permis de déployer le tram sur la rue de Rome, l’une des artères commerçante de l’hyper centre (1,2 km). Le nouvel axe relie Arenc, au cœur du quartier d’affaires d’Euroméditerranée, à la place Castellane, l’un des principaux hubs du réseau de Tcsp marseillais où convergent deux lignes de métro et les bus des réseaux urbains et départementaux.

Cette troisième ligne, d’une longueur de 3,6 km, dessert 11 stations dont la moitié est en tronc commun avec la ligne T2 d’Arenc au cours Belsunce. La rue de Rome, entièrement requalifiée pour l’occasion par Systra et l’architecte-urbaniste Christophe Fayel propose cinq stations (Cours St-Louis, Davso, place de Rome, Dragon et Castellane).

57 millions d'euros

57 millions pour 1,2 kilomètre : le prix peut sembler excessif. Lors de la marche à blanc en présence de la presse le 28 mai, Guy Teissier, le président (UMP) de MPM s’étonnait que l’aménagement du tramway ait coûté « plus cher à Marseille que dans les autres villes ».

Ce surcoût doit moins à une défaillance de la maîtrise d’ouvrage qu’au contexte de la rue. Comme pour le chantier de percement du tunnel Prado Sud, les entreprises ont dû prendre soin du grand émissaire, la grosse canalisation souterraine qui transporte les eaux pluviales et usées. Pour pouvoir résister au passage des rames du tram’, cet ouvrage a été renforcé par une dalle en béton posée sur 210 pieux ancrés à 20 mètres de profondeur.

L’étroitesse de la rue a également apporté son lot de contraintes. Afin d’éviter que les vibrations générées par le contact des roues du tramway avec les rails soient transmises aux immeubles adjacents, la voie ferrée a été installée soit sur dalle flottante dotée d’un tapis anti vibratile.

Extensions tous azimuts

Reste la question de l’intérêt de créer un axe dans un secteur de la ville déjà largement pourvu en transports collectifs. Jean-Claude Gaudin a balayé les critiques en rappelant que la décision de réaliser cet équipement avait été « le fruit d’un consensus politique en 2010 entre la ville, le conseil général et MPM », ces deux dernières étant à l’époque gérées par la gauche. Au delà de ces considérations politiques, ce tram s’impose aux yeux du maire de Marseille comme « le maillon central du futur axe nord-sud du réseau de transport en site propre de la ville ».
De fait, le nouveau terminus de Castellane ne devrait pas le rester longtemps. Lors de sa dernière plénière, le 15 mai, MPM a en effet voté les délibérations entérinant le lancement des marchés de maîtrise d’oeuvre pour une extension du tramway à la fois vers le sud et vers le nord, sur 10,6 km au total (devis estimé : 418 à 430 M€ HT matériel roulant compris).

Au sud-est de l’agglomération, le projet prévoit la création d’un axe d’environ 5,7 km doté de 13 stations supplémentaires jusqu’à la Rouvière (9e), avec une première phase d’ici 2020 entre Castellane et le futur Boulevard urbain sud (4,2 km et 10 stations), via l’avenue Cantini et le boulevard Schloesing. Cette tranche initiale intégrera notamment la réalisation d’un nouveau centre de maintenance et de remisage à Montfuron (9e), sur le site récemment libéré par les hélicoptères de l’AP-HM (2,5 ha), près du terminus actuel de la ligne 2 du métro. Devis estimé de l’opération : 139 millions d’euros.

Vers le nord, MPM prévoit d’étirer la ligne 2 sur 4,9 km, depuis Arenc vers le lycée Saint-Exupéry (15e), via la Cabucelle et le Cap Pinède (11 stations). Le projet devrait se dérouler en plusieurs phases, avec une première tranche de 1,8 km d’ici 2022 entre Arenc et le boulevard du Capitaine Gèze (4 stations), près du futur terminal du métro.

Le soutien de l'Etat

Pour mener à bien ces chantiers, MPM pourra compter sur le soutien de l’Etat : fin 2014, le ministère de l’Ecologie lui a alloué une enveloppe de 29,87 millions d’euros au titre du troisième appel à projets en faveur des Tcsp. Seule condition : les travaux devront démarrer avant le 31 décembre 2017.

* Le coût intègre l’achat de six nouvelles rames Bombardier.

Retrouvez l'article complet de William Allaire dans l'édition papier de TPBM

La vidéo de l'inauguration :




William Allaire
Journaliste

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