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Comment habiter les Alpes demain ?

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Comment habiter les Alpes demain ?
M.-F. Sarrazin - La rencontre introductive du projet Habit.A s'est déroulée le 4 avril à la station des Orres.

Face aux changements climatiques, pour faciliter la vie de l'Homme à la montagne, le projet Habit.A entend valoriser l'exemple. Que ce soit en s'appuyant sur l'évolution de l'habitat traditionnel ou sur certaines réalisations exemplaires actuelles.

« L'homme a toujours su adapter son habitat à son milieu », rappelle l'architecte et urbaniste Paul Wagner lors de la rencontre introductive du projet Habit.A (voir encadré), début avril, aux Orres (Hautes-Alpes). L'objectif de ce projet transfrontalier ? Au regard du changement climatique, s'appuyer sur cette tradition, mais aussi sur des innovations, pour imaginer une nouvelle manière d'habiter la montagne.

Pour ce qui est des exemples traditionnels, l'architecte s'est appuyé sur la vallée de Vallouise. Le village du même nom est orienté au sud, « mais la plupart des maisons s'orientent dans le sens est-ouest de façon à bénéficier d'une double exposition au soleil tout en limitant l'ombre portée sur les autres maisons », a-t-il relevé. Sur la même commune, le hameau de Puy-Aillaud est quant à lui entièrement construit sur un éperon rocheux et présente une forte densité. « Pour autant, toutes les maisons reçoivent du soleil », a expliqué l'urbaniste.

« Mais les archives témoignent que cela a été le résultat de négociations âpres entre les habitants. Aujourd'hui, comment pourrait-on réglementer le droit au soleil dans un PLU ? La question reste posée... »

Au hameau des Prés, sur la commune de Puy-Saint-Vincent, la distribution des maisons s'est faite de façon à ce qu'elles se protègent du vent les unes les autres. « Actuellement, les espaces interstitiels ont pratiquement disparu », souligne Paul Wagner. « La loi Alur, en interdisant les surfaces minimum, ne permet pas d'agir sur cette question. »

« Il faut savoir parfois déroger à la loi pour la faire avancer »

En fonction du climat, de la géologie, des usages, des intérêts économiques et des rapports humains, les adaptations ont été différentes d'une vallée à l'autre, parfois même d'un hameau à l'autre. « Hier, le projet agro-pastoral était unique ou tout au moins dominant, a rappelé l'architecte. Aujourd'hui, saurons-nous arriver à fédérer des intérêts divergents ou en tout cas différents ? »

Un autre architecte, Philippe Madec, co-auteur du « Manifeste pour une frugalité heureuse », dans lequel il appelle à développer la construction éco-responsable et à stopper la monoculture du béton, est quant à lui revenu sur une expérience lancée en Bretagne avec ses étudiants de Rennes pour réhabiliter des bâtis ruraux dans des hameaux. Dans ce projet, un procédé de ventilation naturelle a pu être mis en œuvre, même si la réglementation impose en fait une VMC (ventilation mécanique contrôlée).

« Il faut savoir parfois déroger à la loi pour la faire avancer, a glissé celui-ci. Un des objectifs du manifeste, c'est très clairement de parvenir à une appréciation locale des normes. »

Pour Roger Masse, président du Pays Sud (Serre-Ponçon Ubaye Durance), comme pour Pierre Vollaire, maire des Orres, il s'agit désormais de « profiter de la responsabilité donnée aux élus locaux à travers l'élaboration du Scot (Schéma de cohérence territoriale), pour continuer d'avoir des habitants dans nos montagnes ». Et pour cela, mettre en œuvre des solutions nouvelles adaptées aux territoires de montagne même si elles dérogent au carcan des normes réglementaires nationales.

Retrouvez notre article complet sur le projet Habit.A dans le numéro 1232 de TPBM, avec une interview croisée de Cristiana Taricco (ordre des architectes de Cuneo) et de Paul Wagner (ordre des architectes de Provence-Alpes-Côte d'Azur). Cliquez ici pour plus de renseignements sur nos offres d'abonnement (à partir de 20€/an).

Habit.A : de quoi parle-t-on ?

A l'initiative des ordres des architectes de Provence-Alpes-Côte d'Azur et de la province de Cuneo, le projet Habit.A vise à amorcer un changement dans les façons d'habiter au sein de la région alpine face au réchauffement climatique. « La question que nous nous sommes posée, c'est d'anticiper l'habitat de demain, à l'horizon de 2040 environ. Il ne s'agit pas de savoir quel sera précisément cet habitat du futur, mais nous devons développer aujourd'hui les moyens pour trouver les solutions à long terme », souligne Paul Wagner.




M.-F. Sarrazin
Journaliste

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