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Club TPBM : La Valette dévoile ses projets

La ville de La Valette a fait l’objet du dernier débat organisé par le Club TPBM et le Club immobilier Toulon Provence, autour de son maire, Thierry Albertini, et du directeur de ses structures d’aménagement, Laurent Chabaud.
Un débat riche en informations. De gauche à droite, Olivier Réal, correspondant de TPBM dans le Var, Thierry Albertini, maire de La Valette, Laurent Chabaud, directeur de la SPL Méditerranée et de la Semexval, et Frédéric Delmonte, rédacteur en chef de TPBM.
D. R. - Un débat riche en informations. De gauche à droite, Olivier Réal, correspondant de TPBM dans le Var, Thierry Albertini, maire de La Valette, Laurent Chabaud, directeur de la SPL Méditerranée et de la Semexval, et Frédéric Delmonte, rédacteur en chef de TPBM.

Club TPBMVar Publié le ,

Devant une cinquantaine de membres du Club immobilier Toulon Provence*, le maire Thierry Albertini et Laurent Chabaud, directeur de la Société publique locale Méditerranée (SPLM) et de la Semexval (Société d’économie mixte de La Valette-du-Var), bras armés de La Valette pour conduite les projets, ont joué le jeu des questions/réponses avec notre rédaction dans le bel établissement Pathé, 7e cinéma de France. Une ville que Thierry Albertini connaît bien, d’une part historiquement puisque sa famille y est implantée depuis cinq générations, et pour avoir exercé aussi sa profession libérale dans le centre.


« J’ai du sang de La Valette dans les veines, cela facilite mon rapport avec cette ville, son développement, ses habitants. J’ai commencé à être élu ici auprès d’un autre maire, Jacques Roux [maire de La Valette de 1973 à 2001, NDLR], qui a donné la première impulsion économique de la ville, en initiant la zone commerciale où nous nous trouvons. C’est là que La Valette, à travers la Semexval à l’époque, a créé Valgora, le premier centre d’affaires du Var. La zone s’est développée ensuite jusqu’à ce que L’Avenue 83 vienne compléter les offres, pour en faire aujourd’hui la première de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, devant Plan-de-Campagne, tant en surface qu’en nombre d’enseignes. C’est un atout, mais c’est aussi un poids, à proximité du centre-ville, car il faut l’entretenir, de même que les voiries et les espaces verts, sans oublier la circulation, surtout aux heures de pointes, sachant qu’il y a des habitations qui jouxtent la zone. En fait, nous avons voulu mixer les commerces, le tertiaire et le logement. On parle toujours des zones commerciales à proximité des centres-villes qui les font mourir. A La Valette, c’est tout le contraire, notre cœur de ville s’est développé et continue en ce sens, en harmonie avec la zone à côté, sans interférence. Nous avons donc deux pôles de développement. Les terrains sont rares, les terrains nus encore plus. Il faut offrir la possibilité aux Valettois et à leurs enfants de se loger. »

Le Club TPBM et le Club immobilier Toulon Provence, que préside Frédéric Leca, ont été chaleureusement reçus dans la salle VIP du cinéma Pathé. (Crédit : D. R.)

Bras armés

Dans ce contexte de ville à part entière avec une identité propre aux portes de Toulon et au sein de la Métropole, le grand dessein de Thierry Albertini est d’abord de ne pas dénaturer La Valette, qui a la chance d’être un village devenu une ville en gardant son esprit initial.

« C’est très important, il faut qu’il y ait un cœur et quand il bat bien, la périphérie peut se développer. On peut à ce moment-là avoir une commune en bonne santé. Le grand projet est d’urbaniser les zones où cela est encore réalisable, en supprimant les bâtiments vieillissants ou qui n’ont plus d’utilité, mais surtout, à chaque fois qu’il y a une opération de logements ou d’aménagement, nous amenons un service public. Quand on requalifie des maisons de centre-ville délabrées, on recoud la ville sur la ville, sans créer d’imperméabilisation supplémentaire. »


Pour ce faire, nos deux « bras armés » œuvrent à la conduite d’opérations d’aménagement. La Semexval est une société d’économie mixte créée en 1986, détenue à 78,71 % par la commune, à 0,575 % par son homologue de Signes et le reste par des actionnaires privés, dont la capacité d’intervention se situe sur l’ensemble du territoire national. La SPL Méditerranée a été créée en 2010, aménageur public détenu à 100 % par des collectivités pour lesquelles elle travaille sans concurrence et qui a développé la promotion immobilière à grande échelle. Une particularité de constructeur (par exemple s’agissant du grand programme des écoles) revendiquée par le directeur Laurent Chabaud.

Thierry Albertini, maire de La Valette. (Crédit : D. R.)

Ecoquartier des Fourches à La Valette

En première ligne d’aménagement dans les projets en cours, figure l’écoquartier des Fourches. « C’est un peu le témoin de ce que l’on veut faire dans le cadre de la mutation de la Zone d’activités économiques (ZAE) qui est obligatoire », a expliqué Laurent Chabaud. « Celles qui ont raté ce passage ont tout raté. Cela fait partie des sites à développer, identifiés au sein de Grand Sud Passion, qui est l’une des deux concessions de la ville avec le centre. L’idée de base, dans le contexte de couture entre la ville nouvelle et la ville ancienne, est de partir de fonciers communaux et de fonciers acquis autour de bâtiments à restructurer, de relocaliser aussi des établissements importants, pour lancer un nouveau projet permettant d’avoir de lamixité sociale (40 % de logements sociaux) et de l’activité commerciale. Soit, pour la première tranche envisagée, 204 logements et 2 565 m2 de commerces et activités. Nous allons rechercher la qualification écoquartier. Même s’il s’agit d’un petit parc, il y aura tous les espaces ouverts, des îlots de fraîcheur, du renouvellement urbain, une conception des bâtiments privilégiant des logements traversants et facilitant la prise en considération du changement climatique. »


Un écoquartier moderne dans sa recherche de requalification de l’espace bétonné ou en friche existant, et de nouvelles centralités, avec des commerces et des équipements publics accessibles à pied. A l’exemple de L’Avenue 83. « Les gens qui habitent en face viennent même au cinéma à pied », a précisé le maire. En termes de calendrier, compte tenu de la modification en cours du Plan local d’urbanisme (PLU), en concertation avec la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) et les services de l’Etat, le démarrage est attendu fin 2023, pour une livraison de première tranche en 2027.

« Cet écoquartier incarne le futur de la zone économique et commerciale, selon Thierry Albertini. Il faut que l’on continue à développer la désimperméabilisation. Dans ce périmètre, il y a des immenses parkings. Il faut créer du silo, revégétaliser tout ce qui est imperméabilisé. Nous avons un terrain de jeu pour créer une zone moderne. Pour que les pouvoirs publics et les investisseurs privés puissent être intéressés, il faut qu’ils aient un exemple. C’est ceci que nous mettons en place et à partir de là, nul doute que l’on pourra décliner cet esprit dans l’ensemble de la zone. »

La réussite de L’Avenue 83. (Crédit : O. Réal)

Immobilier en centre-ville de La Valette

« Nous avons besoin de loger des Valettois à La Valette. Nous avons aussi besoin de logements sociaux », a soutenu le maire qui est également président de Var Habitat, tout en saluant Martial Aubry, le directeur général de ce premier bailleur social du département dont on vient de fêter les cent ans. Ainsi, très proche du centre-ville, le grand projet Anatole France est en gestation. Une école élémentaire éponyme, qui accueillit naguère le maire, est en façade de cette opération, avec un beau bâtiment d’époque destiné à être conservé, tandis que la cour va devenir un parc et se désimperméabiliser. Deux cent soixante logements sont prévus, dont 75 Logements locatifs sociaux (LLS) et la relocalisation de 40 logements seniors.


Autres projets du centre, celui de l’ancienne Poste désaffectée, qui comprend 83 logements dont 25 locatifs sociaux, et les futures Terrasses du pin, concernant un immeuble en partie effondrée et un parking entre les deux, avec un grand pin parasol magnifique et classé. « Cela va faire une entrée de ville remarquable, comprenant la requalification du centre, un apport de nouveaux habitants, la proximité de parkings souterrains ouverts jour et nuit, permettant de rebâtir la ville sur la ville de façon raisonnable, en absorbant cet apport de population, au niveau des écoles et des services publics. Il faut tout dimensionner pour pouvoir accepter les deux ou trois programmes qui vont voir le jour dans les années à venir », a expliqué Thierry Albertini.

« Dans les deux concessions valettoise de la ZAE et du cœur de ville, notre rôle est différent, avec des capacités de renouvellement et d’aménagement plus limitées au centre », a renchéri Laurent Chabaud. « En dehors des projets scolaires, nous sommes aménageurs-constructeurs et nous agissons tout seuls. C’est différent dans la zone, les projets sont plus gros, nous cherchons à développer des partenariats avec des promoteurs privés au travers de la Semexval et que la SPL aménage. »

Laurent Chabaud, directeur de la SPL Méditerranée et de la Semexval. (Crédit : D. R.)

Dimensionnement maîtrisé

La Valette compte 25 000 âmes et ne souhaite pas dépasser 26 000 ou 27 000 personnes, a revendiqué le maire, car « nos infrastructures ne sont pas compatibles avec une ville de 35 000 habitants. La loi SRU [Solidarité et renouvellement urbains, NDLR] oblige les villes à construire des logements sociaux pour atteindre 25 % du total. Ces logements sociaux correspondent à 30 % des constructions. Si nous devions respecter scrupuleusement ces données, nous aurions rapidement 85 000 habitants à La Valette. Arithmétiquement c’est complètement impossible, et plus encore dans la réalité. Nous sommes raisonnables, nous connaissons le niveau de nos équipements publics, nous construisons de nouvelles écoles en mandat avec la SPLM [en l’occurrence six sur les onze que compte la ville, pour un investissement de près de 34 millions d’euros, le plus important de la mandature, NDLR], nous agissons en connaissance pour accueillir nos projets en centre-ville, mais ensuite il n’y aura plus d’espace. Plus largement, sur l’ensemble des 12 villes de la Métropole, il reste seulement 514 hectares constructibles. Si l’on considère qu’à peu près 2 000 logements sont construits par an sur la Métropole, au regard des espaces consommés cela signifie qu’en six ans 12 000 nouveaux logements seront réalisés, puis ce sera terminé ! Les seules interventions consisteront à recoudre la ville sur la ville. Nous sommes sur un territoire à fortes contraintes, avec des terrains agricoles ou classés et des options réduites. Le cousu main, comme nous faisons sur certains quartiers valettois, est plus difficile, plus coûteux aussi, d’où l’intérêt d’avoir des bras armés et des partenaires. »


Et le maire de conclure : « La Métropole représente la moitié des habitants du Var sur un dixième de la superficie du département. C’est une responsabilité d’avoir l’économie du Var entre nos mains. Continuons à être actifs et à mobiliser les acteurs. Il faut créer l’immobilier de demain, comme l’écoquartier des Fourches, et construire en rassurant. Cet immobilier doit tenir compte de la psychologie des populations. »

* Le Club immobilier Toulon Provence regroupe un large spectre d’acteurs majeurs du secteur, sous la présidence de Frédéric Leca.

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