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Christiane Imbert-Gargiulo, bâtonnier d'Avignon : "Rapprocher le justiciable de l'avocat"

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Christiane Imbert-Gargiulo, bâtonnier d'Avignon : "Rapprocher le justiciable de l'avocat"
A. Ricci - Christiane Imbert-Gargiulo a pris ses fonctions de bâtonnier d'Avignon le 1er janvier dernier.

Le barreau d'Avignon compte 310 avocats dont 53 % de femmes et 47 % d'hommes. La moyenne d'âge est de 45 ans et demi. La majorité des avocats sont en cabinets individuels (209 avocats). Rencontre avec Christiane Imbert-Gargiulo, bâtonnier d'Avignon depuis le 1er janvier dernier.

TPBM : Comment s'est déroulée votre prise de fonction au sein du barreau d'Avignon ?
Christiane Imbert-Gargiulo : Tout s'est inscrit dans la continuité de l'Ordre. J'ai repris les dossiers de mon prédécesseur : les plaintes des clients, les observations des confrères, etc.

La réforme de la justice va-t-elle impacter le quotidien des avocats ?
Nous savons que nos juridictions vont rester. Mais quelles vont être les attributions des TGI* ? Y aura-t-il une spécialisation ? Certaines matières vont-elles être transférées ? Rien n'est moins sûr.

Y a-t-il une volonté de sortir certains contentieux de la sphère judiciaire ?
Oui clairement. Les ventes judiciaires à la barre, actuellement gérées par les avocats, vont prochainement passer dans le giron des huissiers. Il n'y aura plus de contrôle du juge pour le respect des droits du débiteur. Les avocats s'occuperont de la procédure, la vente aux enchères sera faite par les huissiers avec le créancier poursuivant et le prix de vente sera déposé à la Caisse des dépôts. Autre exemple, les pensions alimentaires seront décidées par le directeur de la CAF** suivant un barème. Il n'y aura plus de discussion. C'est un algorithme qui va décider du montant de la pension alimentaire. Le projet de réforme prévoit la création d'un tribunal criminel pour permettre d'alléger le stock du contentieux des cours d'assises. Ce tribunal criminel serait composé de magistrats professionnels. La justice ne sera plus rendue au nom du peuple français devant une cour d'assises ou dans des cas très limités.

Y a-t-il une précarisation de la profession ?
Les avocats sont de plus en plus nombreux et le marché est de plus en plus concurrentiel, notamment à cause des sites Internet. De moins en moins d'avocats sont soumis à l'impôt sur le revenu. 3 % des avocats du barreau d'Avignon sont d'ailleurs en grande difficulté financière. L'Ordre les soutient et tente de résorber leurs difficultés. La profession se précarise de plus en plus.

Quelles vont être les actions menées par l'Ordre des avocats d'Avignon ?
Nous allons développer, parallèlement au CDAD [Conseil départemental de l'accès au droit, NDLR], des bancs de consultation gratuits sur le point d'accès au droit de Pertuis. Les avocats pourraient donner une consultation gratuite et par mois par justiciable. Cela permettrait de rapprocher le justiciable de l'avocat. J'aimerais l'étendre après sur Apt et Avignon. Dans les zones plus rurales, via la Maison de services au public, nous voulons mettre en place des rencontres avec la population. A noter que nous venons de signer une convention Opalex avec les experts, la cour d'appel et les juridictions pour les expertises dématérialisées.

Quels sont les organismes que vous soutenez ?
Nous subventionnons et apportons de l'intendance à l'association SOS Avocats d'enfants. Elle tient des permanences de 14 h 30 à 17 h tous les mercredis. En 2017, l'association est intervenue dans 11 écoles et a été présente sur le point d'accès au droit de Pertuis. Nous soutenons également l'association Médiation 84 pour développer les modes alternatifs de règlement des conflits. L'UJA [Union des jeunes avocats, NDLR] est également l'une de nos priorités. Ils sont dynamiques et plein de projets. Ils vont d'ailleurs participer à la course de L'Avignonnaise le 8 avril. Enfin, la chambre de l'arbitrage se remet sur les rails. Elle devrait reprendre forme d'ici septembre.

* Tribunaux de grande instance.
** Caisse d'allocations familiales.




Alain Ricci
Journaliste

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