AccueilEconomie[Carnet de voyage] La route des flux migratoires - 5/5

[Carnet de voyage] La route des flux migratoires - 5/5

Cette semaine, TPBM vous propose de suivre le voyage de notre journaliste Michel Deuff dans les Balkans, à travers ses carnets de voyage. Dernier épisode diffusé sur le site consacré aux flux migratoires. Les Balkans sont l'antichambre de l'Union européenne pour les migrants que nous croisons sur notre route.
[Carnet de voyage] La route des flux migratoires - 5/5
M. Deuff - D'après les statistiques, près de 17 millions de personnes ont choisi le chemin de l'exil vers l'Europe.

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À Belgrade et Subotica (Serbie), Kumanovo (Macédoine) ou en Grèce, il faudrait être aveugle pour ne pas voir ces migrants d'origine syrienne ou africaine, dans les villes ou sur le bord des routes. Lorsque nous les croisons, ils évoquent leur sort avec dignité et retenue. Nous sommes également témoins de la bienveillance et de la générosité dont font preuve les Serbes, Macédoniens et Grecs à leur égard. De leur côté, les administrations (police, douanes) semblent fermer les yeux.

D'après les statistiques, près de 17 millions de personnes ont choisi le chemin de l'exil vers l'Europe. Les analystes savent également qu'une part importante des personnes déplacées vont migrer sur le territoire national et donc en région Paca. « La question n'est pas tant de savoir s'il s'agit ou non d'une bonne chose que d'admettre son côté inévitable. Et donc de s'y préparer », résume le commissaire européen DimitrisAvramopoulos.

D'autant que le processus semble bien organisé. Liasses de billets de 100 euros en main, les groupes de migrants s'offrent les services de « facilitateurs » pour rejoindre leur destination, être hébergés ou passer en douce. À peine la Hongrie a-t-elle annoncé la construction d'un mur sur la frontière serbo-hongroise que les migrants se sont déjà organisés.

Une compétitivité indécente

En quoi cela nous concerne-t-il ? Il faut d'abord comprendre que ces millions de migrants et de déplacés n'ont plus rien à perdre. Ils ont tout laissé derrière eux. Quel qu'en soit le prix à payer, ils resteront sur place - dont une bonne partie en Allemagne, en Angleterre et en France. Comme avant eux les Arméniens, les Italiens, les Grecs, ils se retrousseront les manches pour tenter de s'intégrer. Une énergie vitale leur imposant d'accepter n'importe quelles conditions d'emploi. Petits boulots et économie informelle à la clé.

À ce petit jeu, l'absence de salaire minimum en Allemagne est un atout pour l'économie d'outre-Rhin. Des enquêtes approfondies ont montré que certains secteurs (l'agroalimentaire, les services, la sous-traitance) en tirent une compétitivité indécente. Mais la France a-t-elle les moyens de contrôler son tissu de PME ? Sûrement pas ! Le secteur du BTP en sait quelque chose, et les signaux d'alerte lancés depuis des années par les fédérations mériteraient d'être mieux entendus.

La suite des Carnets de voyage est à lire dans les prochains numéros de TPBM.

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