AccueilEconomie[Carnet de voyage] La Macédoine, terre de contrastes - 4/5

[Carnet de voyage] La Macédoine, terre de contrastes - 4/5

Cette semaine, TPBM vous propose de suivre le voyage de notre journaliste Michel Deuff dans les Balkans, à travers ses carnets de voyage. Aujourd'hui, tour de la Macédoine, dont l'économie en berne peine à être dynamisée.
[Carnet de voyage] La Macédoine, terre de contrastes - 4/5

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À l'époque de la Fédération yougoslave, la Macédoine était l'Etat le plus pauvre. Depuis son indépendance en 1991, la situation ne s'est guère améliorée. Les infrastructures sont insuffisantes (14.000 km de routes et 250 km d'autoroutes), seulement deux aéroports internationaux (Skopje, Ohrid) avec peu de voies ferrées, inefficaces et peu rentables. Autour des bassins miniers, on aperçoit des usines héritées de la Yougoslavie avec des camions et du matériel sans âge. Ici et là, des ateliers de mécanique, de menuiserie et quelques cimenteries délabrées. Le pays manque d'investissements et de moyens pour dynamiser une économie en berne.

Une agriculture de subsistance permet aux habitants de résister, et dans les petits villages des régions montagneuses, à l'est du pays, des vieilles femmes filent encore la laine à la quenouille. Les hommes y circuleraient armés ; ce que nous n'avons pu vérifier. C'est probable par endroits, car la diversité ethnique reste problématique.


Infographie Esther Griffe

Pourtant, le pays dispose d'une main-d'œuvre formée et compétitive. Des opportunités d'emploi insuffisantes génèrent un chômage supérieur à 30% et une économie informelle qui représente plus du tiers de son PIB (Produit intérieur brut). Seule la dette reste sous contrôle (moins de 30% du PIB) ; elle devrait atteindre 50% en 2016 avec la relance des investissements dans les entreprises publiques. La Macédoine est candidate à l'Union européenne, mais avec l'exemple grec, les citoyens sont partagés…

De nouveaux bâtiments au sens ​politique bien précis

Côté tourisme, la Macédoine est encore une destination confidentielle. Cela malgré trois parcs nationaux (Galcica, Mavrovo et Pelister), un taux de change avantageux et l'accueil chaleureux des habitants. Pourtant, lorsqu'on arrive au centre-ville de Skopje, on pourrait avoir une tout autre idée. De part et d'autre de la rivière Vardar qui traverse la capitale, des monuments, des statues et des décors exubérants nous transposent dans un autre univers. Le pharaonique (et coûteux) projet d'urbanisme, lancé par la mairie en 2009, est en train de défigurer la ville. Certes, Skopje a été détruite à 80% par un tremblement de terre en 1963, mais sa reconstruction (orchestrée par le Polonais Adolf Ciborowski) avait donné une certaine cohérence architecturale et urbanistique. La ville ayant été divisée en blocs ; chacun avec une fonction précise.

Très kitch et d'assez mauvais goût, les nouveaux bâtiments ornés de bronze et de statues ont aussi un sens politique bien précis. Opposée à son voisin, la Grèce, la Macédoine revendique être le berceau d'Alexandre le Grand ! Le nouveau musée d'archéologie (dont la richesse muséographique peut se comparer au Louvre) offre le même argument. Inutile de dire que les Macédoniens sont très divisés sur le sujet. Seule la jeunesse dorée semble se complaire du genre kitch. En tout cas, rien de comparable à Koumanovo (130.000 habitants), la seconde ville du pays qui aurait bien besoin d'une partie des millions dépensés, pour refaire ses routes, ses façades et ses bâtiments. Idem dans l'est du pays où des chantiers de routes et de voies ferrées sont à l'arrêt.

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