AccueilTerritoiresCanal de Ventavon-Saint-Tropez : l’ASA livre un chantier qui doit diviser par cinq le volume d’eau prélevé

Canal de Ventavon-Saint-Tropez : l’ASA livre un chantier qui doit diviser par cinq le volume d’eau prélevé

Le chantier de conversion des réseaux gravitaires en réseaux sous pression entre les communes de Valernes et Sisteron est terminé. Initié en 2014, il a coûté 12M€ et va permettre de diviser par cinq le volume d’eau prélevé.
Les travaux sur le barrage des Poux visant à le rendre résistant aux crues décamillénales et aux séismes a démarré en 2014.
ASA Canal de Ventavon-St Tropez - Les travaux sur le barrage des Poux visant à le rendre résistant aux crues décamillénales et aux séismes a démarré en 2014.

TerritoiresAlpes-de-Haute-Provence Publié le ,

« Gérer l’eau, c’est prévoir demain. Prévoir demain, c’est protéger l’eau », le leimotiv de l’ASA du Canal de Ventavon-Saint -Tropez, se traduit concrètement aujourd’hui par la livraison d’un chantier de conversion des réseaux gravitaires en réseaux sous pression qui doit permettre d’irriguer 469 hectares de terrains agricoles entre Valernes et Sisteron en divisant par cinq le volume d’eau prélevé.

Un chantier, deux enjeux

« Un peu plus de 600 propriétaires sont à présent raccordés au réseau modernisé avec près de 80 % de surface vouée à l’agriculture et aux productions locales. Ce réseau est devenu très économe en eau puisqu’il ne nécessite plus que 1,5 millions de m3 par/an contre 7,5 millions avant sa réalisation », souligne Christian Gallo, le président de l’ASA. Outre, une économie de la ressource générée par la passage à l’irrigation par aspersion, l’ASA a profité des travaux pour changer l’emplacement de sa prise d’eau. Désormais les agriculteurs du secteur ne prélèveront plus d’eau dans le Sasse, un cours d’eau fragile classé zone de répartition des eaux (ZRE), mais dans le lit de la Durance.

Les Mées : convertir des canaux d’irrigation gravitaire pour économiser l’eau

inauguration-canal-ventavon-saint-tropez
Frédéric Esmiol, Président de la Chambre d’Agriculture, Daniel Poincelet, Ex-Président de l’ASA du Canal de Ventavon Saint Tropez, Natalie William, Sous-Préfète du Département 04, Christian Gallo, actuel Président de l’ASA du Canal de Ventavon Saint-Tropez, Jean-Noël Nal, membre de la commission syndicale du Canal de Ventavon Saint-Tropez, Annick Mievre, Directrice de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, René Isnard, Vice-Président de l’ASA du Canal de Ventavon Saint-Tropez, Françoise Garcin, Conseillère Municipale déléguée à l’Agriculture à la mairie de Sisteron étaient réunis pour l’inauguration. (Crédit : Asa Canal de Ventavon-Saint-Tropez)

Concilier la modernisation et le développement de l’agriculture avec les enjeux écologiques majeurs

Ce projet d’ampleur a nécessité l’installation de 60 kilomètres de canalisations en fonte et de 650 points de livraison d’eau, la création d’une station de pompage capable de refouler 300 l/s et d’un réservoir de 25 000 m3 permettant de réguler l’ensemble du système. Une opération coûteuse, dont le montant atteint les 12 040 000 € et qui va permettre de préserver la ressource en eau tout en maintenant le potentiel de production agricole. Pour Annick Mièvre, directrice de la Délégation de l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse, « il est possible de concilier la modernisation et le développement de l’agriculture avec les enjeux écologiques majeurs que sont le rétablissement de la migration piscicole, l’augmentation de l’hydrologie du cours d’eau et le transit sédimentaire redonnant au cours d’eau son aspect historique et naturel ». Christian Gallo, le président de l’ASA appuie : « Sans le soutien financier de l’Agence de l’eau, ces travaux n’auraient pas pu être possible ». Et pour cause, l’opération a été cofinancée à 80 % par l’Agence de l’eau et les fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) .

Le canal de Saint-Tropez s'offre une pression à 14 millions d'euros

Un chantier au long cours

Pour réaliser l’ouvrage, l’ASA s’est appuyée majoritairement sur l’expertise d’entreprises locales. « L’entreprise Minetto, de Sisteron, est intervenueavec Provence Alpes Canalisations, les entreprises Polder, Abrachy et Routière du midi, l’entreprise Gaudy de Chorges avec l’entreprise Benzo de Mison comme sous-traitant et avec les entreprises Snomakers et Isea pour la construction de la station de pompage. Mais la construction de réseaux ne suffit pas, encore faut-il que les usagers puissent avoir accès à la ressource en eau.Ça a été la mission de la société du Canal de Provence, de la société Bayard basée à Meyzieu, près de Lyon. Et, le dernier partenaire technique que nous avons retrouvé sur les tranches n°1, n°2 et n°3, c’est l’entreprise Electrosteel qui a fourni l’ensemble des canalisations et pièces spéciales », égrène Vincent de Truchis, le directeur des Canaux de Gap et de Ventavon Saint-Tropez, qui n’oublie pas les différents bureaux d’études venus en appui, Seret, Apave, Socotec, Sol concept, Confluence, Saunier Infra, le cabinet de géomètre expert Salla-Lecomte et le bureau d’étude SE2T ou encore le bureau d’étude Asellia Ecologie.

Les travaux, lancés en avril 2014 se sont donc poursuivis jusqu’en 2019 pour les tranches 1 et 2, représentants respectivement 6,2 et 4,8 millions d’euros. La 3e tranche a été réalisée entre 2021 et 2022 pour assurer la desserte des parcelles situées sur la commune de Valernes pour un montant de 1,04 M€.

C3PO, un outil numérique d'anticipation de la gestion de l'eau

La durée de vie de ce nouveau réseau a été estimé à un minima de 70 ans mais Christian Gallo, le président de l’ASA ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin : « La cerise sur le gâteau serait la réalisation d’une liaison hydraulique entre la rive droite et la rive gauche de la Durance qui permettrait de diviser encore par 2 le prélèvement opéré sur la Durance par la station des Prayaous, ou encore d’économiser sur ce cours d’eau près de 1 000 000 m3 chaque année ». Avec ce nouveau projet, il espère aussi économiser plus de 800 000 kWh d’électricité/an, minimiser la dimension à donner au réservoir des Poux, réaliser un maillage des réseaux et ainsi sécuriser le système hydraulique de plus de 3 500 hectares.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 23 novembre 2022

Journal du23 novembre 2022

Journal du 16 novembre 2022

Journal du16 novembre 2022

Journal du 09 novembre 2022

Journal du09 novembre 2022

Journal du 03 novembre 2022

Journal du03 novembre 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?