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BTP 05 : une charte de bonnes pratiques pour traverser la crise

Dix-sept partenaires de la construction ont signé une charte élaborée collégialement. Il y est question de partage des surcoûts, d'outils juridiques et de continuité de l'activité.
BTP 05 : une charte de bonnes pratiques pour traverser la crise
M.-F. Sarrazin - Le président du BTP exhorte les maîtres d'ouvrage à continuer à lancer des projets pour maintenir l'activité du BTP, en particulier dans le logement.

BTPHautes-Alpes Publié le ,

Même si le carnet de commandes des entreprises haut-alpines du BTP est bien rempli, « les résultats de 2022 seront mauvais », prédit Nicolas Chabrand, président de la Fédération du BTP 05. Le secteur subit des crises successives depuis plusieurs mois maintenant, entre la Covid, la pénurie de matériaux entraînant mécaniquement une hausse de leur coût, et la guerre en Ukraine générant dans son sillage inflation et augmentation du prix des énergies. En parallèle, les entreprises doivent commencer à rembourser les fameux Prêts garantis par l'Etat (PGE).

Crise en Ukraine : le BTP des Hautes-Alpes fragilisé

Ce marasme crée à la fois des difficultés organisationnelles et de trésorerie pour les entreprises. « Un entrepreneur doit anticiper la commande de matériaux et les prestations des mois à l'avance, négocier avec les maîtres d'ouvrage pour la prise en compte des surcoûts, ce qui lui demande plus d'énergie pour faire fonctionner son entreprise, à effectif constant », observe Nicolas Chabrand.

Une charte unique en France

Pour préserver le deuxième secteur économique du département, une charte de bonnes pratiques a été signée par 17 partenaires de la filière de la construction : maîtres d’ouvrage publics, privés, maîtres d’œuvre, banques, négoces, représentants du monde économique et de l'Etat. « Une charte unique en France qui marque la solidarité d'un territoire où tout le monde se connaît et aux intérêts communs », commente le président du BTP.

Le message derrière est clair : tout le monde doit prendre sa part pour traverser cette crise le mieux possible et les surcoûts partagés sur la base de la théorie de l'imprévision. « Chacun doit avoir à l’esprit les efforts qu’il peut consentir dans l’intérêt de tous », estime Martine Clavel, la préfète des Hautes-Alpes. « Chaque situation doit être traitée au cas par cas, complète Nicolas Chabrand. Dans un souci de transparence, nous avons mis en place une méthode pour éviter les effets d'aubaine, dommageables pour toute la chaîne de la construction, et justifier la théorie de l'imprévision. » La Fédération du BTP 05 a fourni à ses adhérents un courrier type à adresser aux maîtres d'ouvrage lors de leurs demandes d'indemnisation.

« Si on ne fait rien, la prochaine crise sera celle du logement »

Cette charte était aussi un prétexte pour mettre autour de la table tous les intervenants de la filière, les inciter à réfléchir collectivement à des solutions, mettre en lumière les dispositifs juridiques existants et parfois relégués aux oubliettes. Par exemple, la possibilité, pour les promoteurs, d'introduire une clause de révision des prix, le coût de la construction ayant bondi d'une dizaine de pourcents. Présageant que l'inflation sera durable dans le bâtiment, Nicolas Chabrand estime que les salaires doivent suivre et des outils être mis en place pour pouvoir les augmenter en préservant les trésoreries des entreprises. Il plaide aussi pour une rehaussement du plafond de défiscalisation des heures supplémentaires, comme en 2020.

Par le biais de cette charte, le président du BTP exhorte les maîtres d'ouvrage à continuer à lancer des projets pour maintenir l'activité du BTP, en particulier dans le logement. Secteur qui pourrait bien faire l'objet d'une crise, selon lui. « Tous les indicateurs sont au rouge. » Il cite l'inflation, la hausse des taux d'emprunt, la RE2020, la loi REP (relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire), le zéro artificialisation nette, les zones à faible émission, la rénovation obligatoire des logements étiquetés F et G pour pouvoir continuer à les mettre à la location. Les Hautes-Alpes sont d'ailleurs le département de France qui en compte le plus du fait du la forte présence de bâti datant des années 1970 et 1980 à une altitude élevée. Toutes ces contraintes sont d'ailleurs accentuées par la topographie du territoire, où l'espace demeure naturellement restreint.

« La sauvegarde de la planète est un enjeu majeur, nous sommes conscients de l'urgence, mais on ne peut pas tout faire en même temps, le danger étant de ne pas y arriver. Il faut procéder étape par étape. Il y a alerte à la fois sur le neuf et sur la rénovation, le risque étant de ne plus pouvoir proposer de nouveaux produits et de ne plus pouvoir en louer certains... »

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