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Briançonnais : après le photovoltaïque, la Seve mise sur l'éolien et l'hydroélectricité

Hautes-Alpes le - - Territoires

Briançonnais : après le photovoltaïque, la Seve mise sur l'éolien et l'hydroélectricité
M.-F. Sarrazin - L'ancienne mairie de Puy-Saint-André a été la première toiture équipée en panneaux photovoltaïques par la Seve.

En 2011, Pierre Leroy a créé la première société d'économie mixte de production d'énergie, associant citoyens et collectivités en France. Face à des besoins croissants en énergie, la Seve se diversifie, sans pour autant occulter la nécessaire sobriété énergétique.

A Puy-Saint-André, la transition écologique n'est pas un vain mot. Elle est co-construite avec les habitants depuis 2008, date à laquelle le militant écologiste Pierre Leroy est devenu maire de cette commune perchée du Briançonnais, baignée de soleil. Lorsqu'il s'est agi de travailler sur la question de l'énergie, l'équipe a commencé par baisser sa consommation électrique, réhabiliter la quasi-totalité de ses bâtiments publics et s'est ensuite intéressée à la production d'énergies renouvelables. « La priorité, c'est la sobriété énergétique, puis l'efficacité et enfin la production, qui n'est là que pour compenser nos consommations », rappelle Pierre Leroy, qui a cédé son fauteuil de maire l'année dernière et qui est désormais deuxième adjoint.

Lorsque l'élu a proposé à la population de créer une société d'économie mixte de production d'énergie qui associait à la fois les citoyens et les collectivités, les habitants ont adhéré à l'idée. Ainsi est née la Sem Seve (soleil, eau, vent, énergie) en 2011, qui produit une énergie publique, renouvelable, citoyenne et locale. Une première en France. « Quand ce sont les utilisateurs des services qui en gèrent la structure, ils ont tout intérêt à ce que ça fonctionne », considère le président de la Seve.

Depuis dix ans, la Seve équipe des toitures privées et publiques du Briançonnais en panneaux photovoltaïques. Elle associe à son capital des collectivités publiques, la société locale de distribution d'électricité (EDSB), 53 citoyens et une entreprise. Son capital s'élève à 871 500 €. Elle en est aujourd'hui à sa vingtième installation et à une production annuelle d'un million de kWh, soit la consommation électrique de 310 foyers, hors chauffage. « Nous avons travaillé sur le photovoltaïque car c'était facile, rapide à mettre en œuvre et rentable. »

Des dividendes réinvestis dans la sobriété énergétique

Sur les toitures bien exposées et propices à la mise en place de panneaux, la Seve se charge de l'investissement, de l'installation et de l'exploitation de la centrale pendant 20 ans en injectant la totalité de la production sur le réseau. Au terme de ces 20 ans, l'installation revient au propriétaire, chargé de la maintenance et de l'assurance, mais qui jouit des dividendes de la revente d'électricité pendant environ 15 ans.

Aujourd'hui, le photovoltaïque n'est plus aussi rentable. En cause, « la politique gouvernementale sur les prix d'achat, passés subitement de 60 centimes du kWh à 12 ou 29 centimes selon les installations. C'est violent, estime Pierre Leroy. Le prix d'achat des capteurs a fortement baissé mais pas à la hauteur de celle du prix d'achat de l'électricité. » La Seve s'oriente désormais vers la diversification de la production d'énergie, car Pierre Leroy croit à l'adjonction de solutions, au mix énergétique. Avec un but : produire l'énergie uniquement pour couvrir ses besoins. « Il y a une levée de boucliers anti-hydroélecricité très forte, qui ne va pas aller en s'apaisant, et qui a une part de légitimité. » Mais face aux besoins croissants, et alors que des efforts sont déployés en termes de sobriété et d'efficacité, « comment fait-on ? », s'interroge Pierre Leroy. « Si on ne produit pas d'énergies renouvelables locales, moi je ne sais pas faire. » La Seve privilégie ainsi le turbinage de l'eau potable et a déposé un dossier au Coderst (conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques) concernant un projet à Saint-Martin-de-Queyrières.

L'éolien est également à l'étude. Après deux ans de mesures du potentiel éolien sur un mât de 50 mètres de haut à 2 400 m d'altitude, le projet, long à mettre en œuvre, est en discussion. « Il n'est pas question, en zone de montagne, de réaliser des champs d'éoliennes. Ce ne serait pas dans n'importe quel lieu, pas sur une crête, en plein milieu des remontées mécaniques. Il n'y aurait aucune habitation à moins de 2 km. »

Reste la problématique de l'inadéquation entre l'énergie produite et les moments où les besoins sont les plus importants. Pierre Leroy n'oublie donc pas sa priorité : la sobriété. Ainsi, les bénéfices issus de la production d'énergies renouvelables peuvent-ils être réinvestis dans la sobriété énergétique. Comme l'a fait la commune de Puy-Saint-André avec ses dividendes issus à la fois de la location de ses toitures et en étant actionnaire de la Seve. Cet argent a permis de réhabiliter trois bâtiments publics, travaux par ailleurs très fortement subventionnés.




M.-F. Sarrazin
Journaliste

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