AccueilTerritoiresBriançon : une ancienne ferme réhabilitée de manière éco-responsable

Briançon : une ancienne ferme réhabilitée de manière éco-responsable

L'association d'insertion Environnement et solidarité a acheté une ancienne ferme pour y installer ses locaux. Elle y mène actuellement des travaux conformément à ses valeurs solidaires et écologiques.
Inoccupée depuis les années 1960, la bâtisse nécessite de lourds travaux de réhabilitation.
Environnement et solidarité - Inoccupée depuis les années 1960, la bâtisse nécessite de lourds travaux de réhabilitation.

TerritoiresHautes-Alpes Publié le ,

Ce qui aurait pu, de prime abord, paraître comme une déveine s'est finalement mué en aubaine. Auparavant locataire d'un bâtiment appartenant à la Ville de Briançon, l'association Environnement et solidarité a été contrainte de déménager du fait de la vente du terrain sur lequel se trouvait le bien à l'entreprise de transports Resalp.

L'association d'insertion par l'activité économique comprend un secteur d'accompagnement à la transition écologique et plusieurs chantiers d'insertion : la ressourcerie La Miraille, à Saint-Martin-de-Queyrières, la plateforme de réemploi des matériaux de L'Argentière-la-Bessée et Valorisation des territoires de montagne (VTM), spécialisée dans l'entretien des espaces naturels et les travaux de menuiserie. Les nouveaux locaux se devaient donc de respecter certains critères. « Nous employons des gens en insertion, souvent peu mobiles, et nous avions donc besoin de nous trouver à proximité des transports en commun. Nous avons prospecté une vingtaine de bâtiments jusqu'à trouver une ferme », raconte Mikaël Backhaus, coordinateur du chantier d'insertion VTM.

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L'emplacement de cette ferme est idéal car situé en contrebas de la cité Vauban. Et le potentiel énorme : la bâtisse comprend trois parties distinctes (l'habitat, les écuries, la grange et la distribution des étages), construite sur un jardin clos. Soit, au total, 460 m2 de surface plancher et 972 m2 de terrain. Mais il y a fort à faire... Datant pour sa partie la plus ancienne du XVIIe siècle, elle n'a subi aucune transformation majeure depuis 1891, et demeure inoccupée depuis les années 1960. « Elle n'est pas reliée aux égouts, à l'eau ou au téléphone », glisse Mikaël Backhaus.

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L'enjeu de ce chantier de rénovation à Briançon consiste à concilier aspects esthétique et énergétique. (Crédit : Environnement et solidarité)

Savoir-faire, matériaux : tous les moyens réunis en interne pour mener ce chantier

Pas de quoi effrayer le superviseur du chantier. « Je suis titulaire d'un BTS en génie civil. J'ai été technicien de méthode au sein de la Société de travaux Alpes Méditerranée, à Guillestre, puis artisan en rénovation tout corps d'Etat, spécialisé dans les maisons de pays », détaille-t-il. Environnement et solidarité possédait donc les moyens en interne pour mener à bien cette réhabilitation lourde, réalisée en grande partie par les équipes de VTM, en mettant en pratique ses valeurs de solidarité et d'éco-responsabilité. « Il s'agit d'un bâtiment remarquable et nous sommes soumis à certaines contraintes. On ne peut le démolir ou en modifier le volume, ce qui correspond à nos valeurs de réemploi et de défense du patrimoine local », pointe Mikaël Backhaus.

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A terme, une fois les travaux achevés, en août 2024, la ferme abritera les bureaux de l'association, l'atelier de menuiserie, les vestiaires, une salle de réunion et un réfectoire. Une attention particulière sera portée à l'atelier de menuiserie qui ne doit pas comporter trop de poteaux et posséder une bonne isolation acoustique, de manière à ne pas gêner les services administratifs. Depuis avril dernier, entre six et sept salariés, encadrés par Mikaël Backhaus, s'affairent sur cette ferme, tout en continuant leurs autres chantiers.

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Les travaux de toiture ont été confiés à la Scop Les Mangeurs de bois. (Crédit : Environnement et solidarité)

Des matériaux biosourcés et de seconde main

Le principal enjeu consiste à ne pas dénaturer le bâtiment, tout en lui conférant les performances énergétiques les meilleures possibles en utilisant des matériaux bisourcés et parfois de seconde main. « Nous allons essayer d'isoler le bâtiment par le biais de bottes de paille, en appliquant un enduit correcteur à l'intérieur. La paille est ce qu'il y a de plus pertinent pour ce genre de construction, au regard du respect du bâti et de sa respiration », estime le superviseur.

En parallèle, l'équipe aura recours autant que faire se peut à des matériaux de réemploi provenant de la plateforme pour l'aménagement intérieur, qu'il s'agisse de placoplâtre, de carrelage, de plancher, de menuiseries, si elles sont conformes en termes de coloris et de coefficient d'isolation.

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Certains travaux sont confiés à des entreprises locales pour des questions de technicité et de sécurité : la Scop Les Mangeurs de bois à Villard-Saint-Pancrace pour la toiture, et Alexandre Mathieu, plombier-chauffagiste à Saint-Martin-de-Queyrières, pour une installation fonctionnant au thermique solaire, couplée à un poêle à granules.

Entre l'acquisition de la ferme et les travaux, l'opération se monte à 900 000 €. L'association a obtenu quelques subventions et le soutien de la Fondation du patrimoine (40 000 €) qui a lancé une souscription et propose de participer au financment de ce projet.

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