AccueilEconomieBouches-du-Rhône : l’union et la continuité à la conquête des CCI

Bouches-du-Rhône : l’union et la continuité à la conquête des CCI

L’UPE 13, la CPME 13 et l’U2P misent sur le « jeu collectif » pour relever le défi de la fin du « quoi qu’il en coûte ». Une unité incarnée par les présidents sortants, Jean-Luc Chauvin et Stéphane Paglia.
Bouches-du-Rhône : l’union et la continuité à la conquête des CCI
R. Poulain - Les deux présidents sortants, Jean-Luc Chauvin (au micro) et Stéphane Paglia, sont les chefs de file des listes d’union dans les Bouches-du-Rhône.

EconomieBouches-du-Rhône Publié le ,

C’est peu dire que le monde patronal s’était déchiré il y a cinq ans lors des précédentes élections consulaires dans les Bouches-du-Rhône. A l’heure de trouver un successeur à Jacques Pfister, qui était resté 11 ans aux commandes de celle qu’on appelait encore la CCI Marseille Provence, pas moins de trois listes s’étaient disputées les suffrages des entrepreneurs de la métropole. L’union n’était pas non plus de mise dans le pays d’Arles où deux listes étaient en lice pour briguer le fauteuil laissé vacant par Francis Guillot qui avait décidé de ne pas se représenter. Au final, les scrutins avaient débouché sur deux verdicts différents : Jean-Luc Chauvin, investi par l’UPE 13, s’était installé aux manettes du Palais de la Bourse, alors que Stéphane Paglia, chef de file d’une liste Energie PME soutenue par la CPME 13, l’avait emporté en Camargue.

Cinq ans et une crise sanitaire plus tard, la donne a diamétralement changé. A la veille de l’été, l’UPE 13 et la CPME 13 ont scellé leur union, rejointes lors de son officialisation à la rentrée par l’Union des entreprises de proximité (U2P). « Cette convergence avait déjà eu lieu depuis le début du confinement », a rappelé alors Corinne Innesti, la présidente de la CPME 13. « Bien sûr, nous avons des divergences », avait précisé Philippe Korcia, son homologue de l’UPE 13, mais « je sais que la meilleure chose, c’est le consensus ». Un « jeu collectif » qui doit permettre de faire face à « un vrai défi », dixit Corinne Innesti : affronter la fin du « quoi qu’il en coûte » avec une ambition majeure, « sauver le maximum d’entreprises », comme le résume Philippe Korcia. Une union qui se veut aussi un mariage d’ambitions. « Nous sommes ensemble pour que notre économie gagne », insiste Patricia Blanchet-Bhang, présidente de l’U2P Bouches-du-Rhône.

Des listes largement renouvelées

Et en cet automne 2021, l’unité rimera avec continuité puisque les deux présidents sortants ont été choisis pour incarner cette démarche collective, rangés derrière un slogan commun, « Accélérons ». Pour ce deuxième mandat à la tête de la CCI métropolitaine Aix-Marseille Provence (CCIAMP), Jean-Luc Chauvin s’appuiera sur une équipe de 89 colistiers renouvelée à 53 %, quasi paritaire (41 femmes et 48 hommes). « Elle reflète la diversité et la richesse de l’écosystème économique local, tant en termes de tailles d’entreprises, de métiers que d’origines géographiques », apprécie le candidat. Outre la volonté de « tout mettre en œuvre pour attirer les meilleurs talents, les meilleurs investisseurs, et capitaliser sur toutes nos forces », le président sortant se prévaut d’une méthode, « participative ».

« La CCIAMP de demain se doit d’être le catalyseur des besoins des entreprises afin de les porter auprès de tous les acteurs publics et privés du développement économique », ajoute Jean-Luc Chauvin.

Stéphane Paglia conduira pour sa part une liste de 34 chefs d’entreprise renouvelée à 65 % et féminisée (40 % de femmes contre 36 % lors de la mandature précédente). Une équipe qui atteindra la parité parfaite une fois intégrés les membres associés. L’ambition sera notamment d’œuvrer pour attirer des projets industriels en pays d’Arles.

« La crise a révélé la faiblesse structurelle du territoire quand le tourisme et la culture s’arrêtent, donc il nous faut d’autres piliers pour notre économie », résume le président sortant.

Quelle participation pour quelle légitimité ?

Forts de cet élan unitaire, les deux ambitionnent de voir la participation au scrutin progresser : Jean-Luc Chauvin vise les 15 % sur la métropole là où elle avait atteint 11 % en 2016, alors que Stéphane Paglia espère atteindre la barre des 30 % là où elle s’était chiffrée à 26 % il y a cinq ans, faisant du pays d’Arles un des meilleurs élèves hexagonaux en la matière.

Deux éléments pourraient cependant troubler fortement l’analyse des résultats. Tout d’abord, le scrutin sera pour la première fois entièrement électronique, du 27 octobre au 9 novembre, mais sans application dédiée pour y prendre part : cela découragera-t-il la participation ?

Autre inconnue, la très forte augmentation de la population entrepreneuriale recensée sur la circonscription de la CCIAMP, passée de 90 000 à 134 000 ressortissants (près de 49 % de hausse) en cinq ans - ce qui provoque l’augmentation du nombre d’élus de 66 à 90. Nul ne peut prévoir quelle sera l’ampleur de la mobilisation de cette nouvelle frange d’électeurs. Cette donnée et l’absence de listes concurrentes, ce qui avait pu créer une émulation en 2016, pourraient produire un double effet ciseau. Avec le danger de ne pas atteindre un taux de participation à deux chiffres, ce qui risquerait d’entamer la représentativité et la légitimité de la CCIAMP dans ses futures actions. Plus que jamais, les entrepreneurs sont donc appelés aux urnes afin de conforter les seules institutions gérées par des chefs d’entreprise.

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?