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Rencontre Bormes-les-Mimosas : la famille Olivier fait « carrière »

le - - Economie

Bormes-les-Mimosas : la famille Olivier fait « carrière »
O. REAL - Messieurs Olivier fils, père et grand-père, une famille qui fait carrière.

Depuis quelque 60 ans, la famille Olivier exploite et travaille la pierre de Bormes-les-Mimosas, faisant carrière(s) d'un métier de terrain perpétué de grand-père en fils et petit-fils. Respectueux de leur environnement, ils contribuent à la qualité des ouvrages réalisés dans ce village varois.

On ne se lasse pas de la pierre de Bormes-les-Mimosas, qui fleure bon la qualité dans ce joli village perché surplombant Le Lavandou et une magnifique étendue maritime, face aux îles d'Or. Une pierre au marron dominant, presque dans l'ocre provençal parfois, offrant des reflets bleuets selon les veines, et qui contribue depuis des décennies à embellir les édifices locaux et alentours.

William Olivier a croisé son chemin en 1959-60, se rappelle-t-il, « pour voir d'abord si le filon était intéressant sur une première carrière », pour rendre service ensuite tout en se créant sa propre activité en l'achetant au propriétaire de l'époque qui avait besoin de liquidités. Le filon l'était, faisant « naître une passion qui ne s'est jamais démentie » et qu'il a su transmettre à sa descendance. Didier Olivier, son fils, a perpétué et développé l'œuvre familiale à la faveur du rachat des deux autres exploitations locales en 1996 et 2004, regroupant les carrières, y compris « l'historique » dont le peu de gisement encore disponible est conservé pour dépanner. « Nous avons ainsi préservé la matière et stabilisé les prix car les concurrents bradaient trop de pierres que l'on retrouvait dans des ouvrages afin de mettre moins de béton… », explique Didier, qui dirige deux sociétés, Sotec spécialisée en négoce de matériaux, et une EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) à son nom pour les terrassements aménagements paysagers.

Pierre de Bormes, pierre à bâtir, de dallage, d'enrochement, paillis végétal de chêne liège broyé, paillis minéral de pierre, sable de Bormes, lui aussi marron couleur terre, idéal pour faire des chemins d'accès… rien n'est à jeter ! Les idées d'utilisation ne manquent pas, la suite dans les idées non plus puisqu'un nouveau William, petit-fils et fils des « Olivier » précédemment cités, 19 ans, s'inscrit dans la continuité, avec la même envie. Titulaire d'un bac pro TP, du CAP conducteur de poids lourds, il « aime le travail de la pierre sur l'ensemble du cycle. On la sort de la roche, on la travaille, on la pose, on la met en valeur aussi par de la finition. Avec l'ensemble de nos matériaux, on peut diversifier l'activité, notamment en aménagements paysagers. C'est passionnant. »

Nouvel âge de pierre(s)

Si l'exploitation trouve son modèle économique, à raison de 3 000/3 500 tonnes par an en moyenne, essentiellement dans les deux carrières rachetées du haut, sur le piton, elle ne coule pas pour autant de source compte tenu de la réglementation en vigueur. « C'est la même démarche pour les petites carrières artisanales ou pour les plus importantes », explique Dimitri Boubée, qui dirige à Cuers le bureau d'études Ecap Environnement. « Nous avons monté et fait valider les dossiers de renouvellement sur les deux dernières et la plus ancienne, pour 20 ans, mais cela implique aussi un suivi permanent, y compris de respect de la flore et la faune. »

Un respect environnemental érigé en fil rouge sur les carrières « maison », au Baguier comme à Coste Dreche, revendique Didier.

« Nous sommes partis de rien et nous savons que rien n'est jamais acquis. La préservation de notre matière première est primordiale chez nous et nécessite une véritable réflexion sur les alentours. Une matière que nous travaillons à la main du début à la fin, du dégrossissement à la taille, à son désépaississement au fur et à mesure qu'elle est montée, jusqu'à son maçonnage dont l'ajustement spécifique est propre à la patte du professionnel. Chaque réalisation est différente sur la base d'un produit qui génère une identité commune. Si l'on considère 10 camions de pierres et 10 maçons, il y aura 10 ouvrages distincts. »

Selon la couleur de la pierre, plus ou moins teintée, Didier sait même reconnaître les années de réalisation. Pour lui, la roche a un sens, il faut la comprendre, voir ses lames, savoir la prendre, orienter l'angle d'attaque, doser la force de la frappe. Tout un art qui a constitué au fil du temps l'âme du village.

Ici, sur tous les sites classés Bâtiment de France, la municipalité exige l'utilisation de cette « fierté locale », sachant qu'elle est prisée dans nombre de constructions privées aussi, à l'image du Gaou Bénat, lotissement de 700 logements aujourd'hui, imaginé à la fin des années 50 par un collège d'architectes. Leur cahier des charges imposant un toit végétalisé et de la pierre de Bormes est perpétué. Cette belle histoire familiale aussi, messieurs Olivier, grand-père, père et fils démontrant avec abnégation qu'il y a de l'avenir à faire carrière.




Olivier Réal
Journaliste

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