AccueilBTPBéton : la chasse au carbone passe la seconde

Béton : la chasse au carbone passe la seconde

Face à la RE 2020, les fabricants proposent maintenant des bétons avec une réduction d’impact plus importante.
L’utilisation du béton bas carbone dans le projet d’extension de l’aéroport Marseille Provence a permis de diviser par deux l’impact carbone de la construction.
D. R. - L’utilisation du béton bas carbone dans le projet d’extension de l’aéroport Marseille Provence a permis de diviser par deux l’impact carbone de la construction.

BTP Publié le , EnvirobatBDM

Face aux objectifs fixés par la nouvelle Réglementation environnementale 2020, l’industrie du béton est en quête d’innovation pour réduire l’impact carbone de ses produits. Après la mise au point des béton dits « bas carbone » il y a quelques années, les fabricants proposent maintenant des bétons avec une réduction d’impact plus importante. Cemex, avec ses solutions Vertua® plus et ultra zero, annonce une réduction d’impact carbone supérieure à 60 % par rapport à un ciment classique CEM1. Lafarge, avec son ciment ECOPlanet produit dans les Bouches-du-Rhône, annonce une réduction pouvant aller jusqu’à 90 %.

Au-delà d’une augmentation croissante du taux de substitution du clinker, en particulier par des laitiers de haut fourneau, les fabricants travaillent sur de nouvelles pistes. C’est le cas des ciments développées par Materrup, pouvant contenir 70 % d’argile crue, ou du ciment H-IONA de Hoffmann Green Cement Technologies, qui est fabriqué sans cuisson. Le groupe Vicat a annoncé pour sa part début 2022 deux liants « carbo-négatifs » à base de matière biosourcée.

Enfin, les fabricants explorent la piste de la recarbonation du béton, notamment via l’incorporation de granulats recyclés, avec un projet de recherche nommé FastCarb. Face au défi du changement climatique, le monde du bâtiment doit plus que jamais accélérer sa transition.

Christophe Lacombe, Directeur général d’EODD Ingénieurs conseils

TPBM : Quels sont les atouts du béton très bas carbone dans la construction ?

Christophe Lacombe : Les principaux atouts du béton très bas carbone sont les mêmes que ceux du béton classique, notamment en termes de solidité, de performance structurelle et de durabilité. Ainsi, à l’heure où les enjeux climatiques imposent de réinterroger en profondeur nos pratiques constructives et d’en réduire drastiquement l’impact carbone, le béton très bas carbone apporte une réponse intéressante, voire incontournable, dans les cas où les solutions dites biosourcées trouvent leurs limites techniques et/ou structurelles.

Comment avez-vous inclus le béton très bas carbone dans le projet d’extension de l’aéroport Marseille Provence (MP1) ?

Le projet d’extension du terminal 1 de l’aéroport Marseille Provence est la parfaite illustration du propos ci-avant. La volonté affirmée de la direction de l’aéroport de réduire au minimum l’impact carbone du projet, couplée aux contraintes fonctionnelles et structurelles d’un tel ouvrage, ont naturellement conduit notre équipe de conception à s’orienter vers le béton très bas carbone, tant dans la réalisation des infrastructures que des superstructures. Ce choix a ainsi permis de diviser par deux l’impact carbone de la construction comparativement à une solution béton classique.

Propos recueillis par Isabelle Cambos

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