AccueilTerritoiresBernard Morel : "La métropole naîtra de ces synergies entre acteurs du territoire"

Bernard Morel : "La métropole naîtra de ces synergies entre acteurs du territoire"

Au terme d'un mandat d'un peu plus d'une année à la barre de l'Etablissement public d'aménagement Euroméditerranée (EPAEM), Bernard Morel a passé le témoin ce 27 novembre à Laure-Agnès Caradec. Une transition en douceur bien dans le style de cet universitaire entré en politique sur le tard, aux côtés de Michel Vauzelle. A la veille de son départ, il a dressé avec nous un rapide bilan de ses 13 mois de présidence.
Bernard Morel :

TerritoiresBouches-du-Rhône Publié le ,

TPBM : Que retenez-vous de ce mandat relativement court ?
Bernard
Morel
: Ce fut un mandat assez bref, je vous l’accorde, mais relativement chargé en terme d’actualité. L’année 2015 aura marqué le vingtième anniversaire de l’opération. Vingt ans en matière d’urbanisme, c’est une durée qui permet d’apprécier l’avancée des chantiers. Le projet de renouvellement urbain est aujourd’hui une réalité. Du fort Saint-Jean au Silo, en passant par la Belle de Mai et la rue de la République, on perçoit la mutation. Elle ne se limite pas à la seule dimension tertiaire. Euroméditerranée intègre tous les aspects de la ville : l’habitat, les transports, les bureaux, l’activité, les services, les loisirs, le commerce... Cette transversalité est au fondement du projet instigué par l’Etat. On la retrouve d’ailleurs dans l’appel à manifestation d’intérêt pour l’îlot XXL qui vient d’être confié au groupe Bouygues. Il ne s’agit pas de créer une opération immobilière de plus, mais de développer un vrai morceau de ville qui tienne compte à la fois de l’histoire et du présent du site, notamment du marché aux puces qui est aujourd’hui l’un des poumons de ce quartier très paupérisé.

L’îlot XXL marquera justement le coup d’envoi des travaux de l’extension labellisée « Ecocité » (169 ha). Un projet appelé à mobiliser l’EPAEM au cours des deux prochaines décennies. Comment envisagez-vous cette nouvelle étape de l’opération ?
Euromed’II est riche en défis. Nous sommes sur une zone paupérisée, à faible densité bâtie et démographique, avec un tissu maillé de friches industrialo-portuaires aujourd’hui occupées par des activités productives : de l’artisanat, de la petite industrie, de la logistique... Autant d’activités qui ont trouvé là de quoi s’épanouir un peu à l’abri des regards... On est également sur le lieu où se situe la ligne de fracture entre le Nord et le Sud de Marseille.

L’enjeu va consister à redonner de l’urbanité à ces quartiers sans les vider de leur substance économique. Ce ne sera pas facile car au sein du territoire métropolitain, on manque d’espaces pour ces activités dites « productives ». On le constate avec le débat qui s’ouvre sur le projet de nouveau terminal ferroviaire de Mourepiane. C’est un défi d’échelle métropolitaine qui dépasse de loin le seul périmètre d’Euroméditerranée. A bien des égards, l’Ecocité regroupe tous les enjeux métropolitains : assurer un développement économique solidaire, créer de l’habitat pour tous, assurer la desserte en transports collectifs, développer des aménités urbaines... Le tout dans une démarche d’aménagement durable en phase avec les enjeux du changement climatique. Cette pluralité des enjeux nous impose de réfléchir à la grande échelle : je suis par exemple convaincu qu’une partie du devenir d’Euroméditerranée se jouera dans sa capacité à tisser des relations avec les autres grandes opérations d’aménagement comme celle qui se déploie sur l’Arbois, à Aix. La métropole naîtra de ces synergies entre acteurs du territoire.

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