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Bassin cannois : des démolitions après les inondations

Alpes-Maritimes le - - Urbanisme

Bassin cannois : des démolitions après les inondations
Ville de Cannes - En bordure du vallon du Riou, des logements HLM et plusieurs maisons ont été détruites en 2018.

Cannes et la communauté d'agglomération n'hésitent pas à raser des constructions devenues trop vulnérables face aux inondations. Et la ville a aussi décidé d'opter pour un modèle d'aménagement plus protecteur avec moins d'urbanisation. Des règles retranscrites dans son plan local d'urbanisme qui vient d'être révisé.

A nouveau fortement touchée par les inondations de novembre-décembre 2019 (cumuls de 200 mm de précipitations au cours de deux week-ends successifs), l'agglomération cannoise montre l'exemple avec des mesures radicales de démolition des constructions dans des secteurs particulièrement vulnérables. « Une réflexion pour les quartiers des Floribondas et du Devens, trop souvent soumis aux aléas climatiques comme à l'occasion des dernières inondations, est engagée avec les services de l'Etat afin de proposer des destructions d'immeubles ou de maisons particulièrement exposés », confirme le président de l'agglomération Pays de Lérins et maire de Cannes, David Lisnard.

Au Cannet, secteur du Carimaï, sur un terrain appartenant à la ville de Cannes, un hameau de logements sociaux (26 maisons) de l'office public de l'habitat Cannes Pays de Lérins, dévasté par les inondations de 2015, avait déjà été rasé en 2018. A Cannes, au bas de l'impasse Nouvelle, en bordure du vallon du Riou, une résidence HLM (six logements) de l'office de Cannes et des maisons ont également été détruites. Ces sites ont été préservés ensuite de toute ré-urbanisation : au Carimaï, un bassin de rétention pourrait être installé et à Cannes, la parcelle sert désormais à la captation d'eau.

Intervention du fonds Barnier​

Ces décisions de démolition sont prises après analyses des hauteurs d'eau et des vitesses d'écoulement constatées. Pour financer les expropriations et la déconstruction, la collectivité fait appel au fonds Barnier. Ces mesures ultimes font partie d'un plan d'actions global que la ville est en train de déployer pour sécuriser son territoire, face à des événements devenus récurrents. En termes d'aménagements et d'ouvrages de protection, l'intercommunalité a programmé trois PAPI (Programme d'actions de prévention des inondations) qui vont s'étaler sur une période de 15 ans et mobiliser 150 millions d'euros d'investissements. Elle a également mis en place des DIG (déclaration d'intérêt général) qui permettent à la collectivité d'intervenir pour entretenir les berges privées des cours d'eau, en cas de carence des propriétaires.

Et elle vient de donner, au travers de la révision de son plan local d'urbanisme (PLU) approuvée fin novembre, une traduction réglementaire à « l'anti-bétonnage » et à « un développement urbain raisonnable, mesuré et équilibré. » « Il s'agit d'une approche globale, qui doit protéger la ville de la sur-urbanisation, facteur aggravant des inondations », souligne Thierry Migoule, directeur général des services de la ville.

Favoriser la nature dans la ville

Dans ce PLU, les zones agricoles et naturelles ont progressé de 65 hectares - les opérations immobilières sont désormais interdites dans la basse vallée de la Siagne -, les secteurs emblématiques sont très protégés et sur les collines, seules les améliorations du bâti existant sont autorisées. Face aux risques majeurs, plus de 50 % des terrains non bâtis sont soumis à des contraintes réglementaires et à contre-courant de l'évolution des modèles de développement urbain, les densités ont été limitées et l'habitat pavillonnaire maintenu.

Comment malgré tout permettre à la ville de continuer a se développer ? Son expansion va se faire en partie ouest - les 95 hectares de Cannes Grand Ouest-, un espace stratégique à requalifier et à restructurer. Il va être couvert par un nouveau PPRI (Plan de prévention du risque inondation), en cours de mise en place par l'Etat et des servitudes d'attente ont été prises. Dans ce secteur, la ville a prévu de mettre en œuvre des solutions de constructions innovantes, réduisant le risque et l'imperméabilisation des sols. « Il s'agit de bâtir autrement, en rehaussant les constructions, en prévoyant la possibilité de bâtir en hauteur mais aussi en remettant de la nature dans la ville », détaille Thierry Migoule. Pour élaborer ces solutions innovantes, la ville, avec 27 autres partenaires, participe au projet européen UnaLab, dédié précisément à la résilience urbaine au travers de l'utilisation de processus naturels.




Rémy Mario
Journaliste

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