AccueilUrbanismeAvignon : questionner le périurbain à l’heure du changement climatique

Avignon : questionner le périurbain à l’heure du changement climatique

L’Ordre des Architectes Paca a organisé une table ronde sur la périurbanisation, le 17 novembre, à Avignon. Adaptation de la ville au réchauffement climatique et réflexion sur le devenir des grandes zones commerciales ont été les sujets de ce débat.
Cécile Helle et les représentants de l’Ordre des Architectes Paca, ainsi que des représentants de la profession, ont débattu sur les nouveaux enjeux de la périurbanisation à Avignon, le 17 novembre dernier, au sein de la mairie de la Ville.
C. Plisson - Cécile Helle et les représentants de l’Ordre des Architectes Paca, ainsi que des représentants de la profession, ont débattu sur les nouveaux enjeux de la périurbanisation à Avignon, le 17 novembre dernier, au sein de la mairie de la Ville.

UrbanismeVaucluse Publié le ,

L’aire urbaine d’Avignon est une des plus étalées de France, avec 550 000 habitants, et s’étend sur deux départements (Vaucluse et Gard). « Si elle existe depuis 3 000 ans, Avignon a évolué constamment au cours des siècles. Du XIVe siècle, avec l’arrivée des papes, jusqu’au XIXe, avec le percement de grandes voies de communication (rue de la République, rue Thiers), la ville s’est maintenue dans ses remparts. Ce n’est qu’au début du XXe siècle qu’elle sort de ces derniers, avec la création de faubourgs. Après 1945, la ville se développe. Et depuis les années 1980 des lotissements résidentiels se sont créés, engendrant un étalement urbain », expose en préambule Michel Escande, conseiller à l’Ordre des Architectes (OA) du Vaucluse. Cette périurbanisation a continué, avec notamment l’émergence de nouveaux quartiers résidentiels, mais aussi économiques (Courtine, Agroparc). Avec un élément de plus en plus prégnant depuis quelques années : le changement climatique. Dès lors, la périurbanisation avignonnaise a dû s’adapter à cette nouvelle donne. Deux éco-quartiers ont ainsi émergé : Joly-Jean et Bel Air (ce dernier étant labellisé QDM : Quartier Durable Méditerranéen).

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« Dialoguer avec les architectes permet de faire grandir la ville »

« L’enjeu actuel dans la périurbanisation est de mettre en place une vraie politique foncière au service de la qualité des vies des habitants et qui respecte l’environnement. Il faut agir dès aujourd’hui pour la ville de demain », commente Cécile Helle, maire d’Avignon. L’édile se dit "ravie" des échanges qu’elle a avec les architectes de Vaucluse et de la Région Paca. « Dialoguer avec eux m’a beaucoup nourrie en tant qu’élue. Ce dialogue permet de grandir ensemble et de faire grandir la ville. C’est par cette approche collective qu’on arrivera à construire la ville de demain, profitable à tous et vertueuse pour l’environnement », a-t-elle ajouté.

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Équilibrer foncier résidentiel et foncier agricole

Et justement, c’est bien de ce dernier dont il est question dans la récente loi Climat et Résilience en date du 22 août 2021. Cette loi fixe pour objectif d’atteindre zéro artificialisation nette des sols en 2050. En d’autres termes : arrêter de "grignoter" sur les terres agricoles. « Nous avons trop construit sur ces dernières. Il nous faut maintenant penser autrement en fabriquant de nouveaux morceaux de ville qui répondent au triple enjeu de préservation de l’environnement, de la qualité de vie, et préoccupation pour les populations défavorisées », détaille Paul-Roger Gontard, adjoint au maire d'Avignon, délégué au développement territorial et urbain et aux grands projets.

En ce sens, le PLU d’Avignon pour 2023 prévoit un équilibre entre la densification urbaine et la préservation du foncier agricole, notamment en « fléchant l’arrivée des nouveaux habitants », selon Paul-Roger Gontard. « Il s’agit en fait de guider leur installation en identifiant les zones émergentes dans la ville de demain [Avignon, NDLR]. Par exemple : Confluence, Joly-Jean, Bel Air, Montfavet. Et ne pas construire que du logement mais construire aussi un lieu de vie, avec une vraie qualité de vie. Proposer un habitat collectif et individuel avec présence de nature, de contact humain, une bonne volumétrie dans le bâtiment et dans les logements. Avec l’exigence majeure de prendre en compte l’énergie renouvelable dès la conception du projet », poursuit-il. Le PLU de la Ville prescrit aussi des impératifs de désimperméabilisation des sols, afin de lutter contre les risques d’inondation (en cas de crues du Rhône).

Penser aujourd’hui les futures mutations de zones commerciales

Toujours dans l’optique de répondre à cet enjeu environnemental, la Ville d’Avignon mène une réflexion sur les futures transformations des zones commerciales (en cas de perte de vitesse de ces dernières), en leur trouvant de nouveaux usages : logements, bureaux, services, etc. La périphérie avignonnaise compte de grands centres commerciaux comme Avignon Nord, Mistral 7, Cap Sud. « Il faut d’ores et déjà anticiper les mutations futures des zones artisanales et zones commerciales. Par exemple, les SCOT (Schémas de Cohérence Territoriale) pourraient identifier les zones commerciales prioritaires en termes de changement d’usages. Et réfléchir à ce qu’on peut implanter à la place : du photovoltaïque, logements, bureaux, etc. », explique Gilles Périlhou, directeur de l’Agence d’Urbanisme Rhône-Avignon-Vaucluse (AURAV).

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Créer davantage de "poumons verts" dans les villes méditerranéennes

Pour Cécile Helle, ces espaces de reconversion « peuvent servir à revégétaliser la ville pour relever le défi du changement climatique et maintenir la qualité de vie. Les villes méditerranéennes auront encore plus besoin de poumons verts que d’autres villes en France. La question est de savoir comment on passe d’îlots de chaleur à des îlots de fraîcheur ».

Matthieu Lardière, du CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement) Vaucluse, pense que l’enjeu en termes de périurbanisation dans le futur sera « davantage axé sur le réaménagement/réhabilitation du bâti et moins sur de nouvelles constructions, ce afin de répondre à la pression climatique ».

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