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Aux Orres, les pompiers disposent d'une caserne en or

Hautes-Alpes le - - Architecture

Aux Orres, les pompiers disposent d'une caserne en or
Maryline Chevalier - L'architecture fait la part belle au mélèze.

Dans les Hautes-Alpes, de nombreux maîtres d'œuvre et maîtres d'ouvrage adhèrent à la démarche BDM. Retour d'expérience après deux ans d'utilisation du centre d'incendie et de secours des Orres par son architecte, Maryline Chevalier.

L'architecte Maryline Chevalier n'en est pas à sa première récompense, mais l'émotion est toujours là. Mardi 22 septembre, la commission BDM (Bâtiments durables méditerranéens ou « de montagne ») se réunissait à Ribiers pour évaluer six réalisations, en phase « conception » ou « usage ». Parmi eux, figuraient deux projets haut-alpins dont le centre d'incendie et de secours des Orres, conçu par l'architecte de Crots. La caserne avait déjà remporté le label or en phases « conception » et « réalisation ». Au terme de deux ans d'existence et d'après le retour d'expérience de Maryline Chevalier, la commission BDM a attribué le label or en phase « usage ». Bâtiment qui avait déjà remporté le Grand prix départemental de la construction et de l'aménagement durables.

Il faut dire que pour les pompiers des Orres, les conditions de travail se sont nettement améliorées depuis l'émergence de cette nouvelle caserne, qui remplit toutes les conditions de confort, de convivialité, d'économies d'énergie, d'emploi de matériaux durables et locaux. « Le précédent centre de secours était petit, obsolète et mal situé, corrobore l'architecte. La commune disposait d'un terrain au Mélézet accessible et plus favorable. Nous avons choisi une architecture fonctionnelle, esthétique, durable, une isolation renforcée vu les conditions climatiques et employé des matériaux durables. »

Le bâtiment, d'une surface de 270 m2, situé à 1 485 m d'altitude, comprend une partie administrative avec un logement en rez-de-chaussée permettant d'héberger des sapeurs-pompiers volontaires, des garages et vestiaires, le centre d'appel, et à l'étage le foyer avec sa salle de réunion et sa terrasse abritée avec vue. Les travaux, commencés en juillet 2017, ont été livrés en juillet 2018 et le budget prévisionnel de 873 000€ a été respecté.

« Un bâtiment qui fonctionne bien est un bâtiment bien investi »

Mis à part le soubassement maçonné et les portes de garage, la part belle a été faite à l'utilisation du mélèze labellisé Bois des Alpes, autant dans la structure des murs extérieurs que dans la toiture. Une partie du bâtiment est recouverte de panneaux Rockpanel (panneau de bardage en roche volcanique résistant au feu). « En termes de volume et de colorimétrie, la construction est parfaitement intégrée au site, au point qu'on a même du mal à l'identifier depuis le chef-lieu », remarque la professionnelle. Autour de la caserne, la présence de plantes endémiques ne nécessite pas de système d'arrosage. « D'ailleurs, la végétation a bien repris sa place. »

D'un point de vue énergétique, le bâtiment est tout aussi vertueux. L'équipe a opté pour une chaudière bois à granulés alimentée par un producteur local, situé à 500 m de la caserne. Elle fournit également l'eau chaude sanitaire l'hiver, un appoint électrique prenant le relais l'été. L'équipe a également travaillé sur la ventilation nocturne. Pour une utilisation optimale de la part des usagers, l'architecte a pris soin de leur remettre un livret de bonne utilisation. Le pari est réussi : la caserne des Orres consomme moins que les bâtiments traditionnels du service départemental d'incendie et de secours.

« Il y a des espaces cocoon, de convivialité, des équipements sportifs. Je suis passée deux fois par an sur le site et tout le monde semble satisfait. Un bâtiment qui fonctionne bien est un bâtiment bien investi », conclu Maryline Chevalier.

Qu'est-ce que la démarche BDM ?

Le label a été instauré par l'association Envirobat BDM en 2009. Il vise à démocratiser les pratiques durables de construction et d'aménagement en vue d'accélérer la transition écologique, et encourage le recours aux savoir-faire et matériaux locaux. L'approche collaborative permet de faire monter les professionnels en compétence. 520 projets ont intégré la démarche dans la région.

En 2015, l'association a signé un partenariat tripartite avec le CAUE 05 (Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement) et le Département des Hautes-Alpes (dans le cadre du Plan climat-énergie) pour y encourager la construction et l'aménagement durables. Des groupes de travail ont déterminé des critères d'attribution spécifiques aux Hautes-Alpes, prenant en compte la météo et la géologie qui diffèrent nettement du reste de la région : l'isolation été comme hiver, la prise en compte des versants, la question des toitures qui doivent résister à la neige. Promouvoir les toitures plates végétalisées fait beaucoup moins sens dans les Hautes-Alpes !




M.-F. Sarrazin
Journaliste

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