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Interview Renaud Tarrazi et Emmanuel Gard : « En architecture, il y aura une accélération des tendances »

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Renaud Tarrazi et Emmanuel Gard : « En architecture, il y aura une accélération des tendances »
F. Delmonte - Renaud Tarrazi et Emmanuel Gard échangent sur les évolutions de l'immobilier après le Covid-19, notamment celui de bureaux.

Dialogue autour de l'architecture et de l'immobilier de bureaux après la crise du Covid-19, avec Renaud Tarrazi, le patron de MAP Architecture et Emmanuel Gard, co-fondateur de Trium, opérateur de l'espace bureaux et d'immobilier tertiaire crée par les équipes de MAP.

TPBM : Comment, en tant qu' architecte, avez vécu le confinement puis cette période de reprise ?
Renaud Tarrazi :
En patron d'entreprise ! Au début du confinement, il a fallu prendre des décisions très rapidement afin d'organiser le travail des équipes et la poursuite de l'activité. La chance que nous avons eue, c'est que nous étions prêts d'un point de vue technique et informatique à travailler à distance. Il a fallu aussi maintenir cet « esprit d'atelier » qui m'est cher et qui est important dans le fonctionnement d'une agence d'architecture. Nous avons donc recréé des liens via nos outils numériques afin de poursuivre notre dialogue, de maintenir les relations de humaines et les petites habitudes si essentielles dans une équipe. Il a fallu aussi apprendre à travailler différemment pendant cette période tout en préparant la reprise, rassurant les équipes sur notre avenir et en organisant le retour au bureau.

Est-ce qu'il y aura un après Covid-19 pour les architectes ?
R.T :
Il y en aura certainement un, mais la révolution ne viendra pas de là. Cette période va surtout être un accélérateur de tendances qui étaient déjà présentes.

Lesquelles ?
Emmanuel Gard :
Il y en a plusieurs. Il va notamment y avoir un attrait plus fort pour la campagne, avec certainement des Parisiens qui vont avancer leur projet de s'installer en dehors de la capitale. Cela va être simplifié avec la possibilité du télétravail. Ce phénomène pourrait bien profiter à la métropole marseillaise.
L'approche sanitaire dans l'urbanisme et l'architecture est aussi remise au goût du jour. Je veux parler du label Isadora, pour Intégration de santé dans les opérations d'aménagement. La prise de conscience était déjà là, mais elle va s'amplifier avec ce que nous avons vécu. Des réflexions vont aussi s'accélérer sur le traitement des îlots de chaleur en urbanisme, de l'isolation, etc.

Chez Trium vous êtes spécialisé dans l'immobilier tertiaire. Pensez-vous qu'il y aura des changements avec le développement du télétravail ?
E. G :
Là aussi, il n'y aura pas de révolution mais une accélération de la tendance. Alors qu'il aurait fallu plusieurs mois, voire années, pour avancer sur cette pratique qui faisait encore peur aux entreprises, en quelques jours, la mutation a été faite. Mais le télétravail ne sera qu'une brique dans les évolutions que connaît l'organisation du travail. La majorité des entreprises vont mettre en place trois types de fonctionnement pour leurs salariés : le bureau individuel ou le plateau, le flex-office avec le coworking et le télétravail.
R. T : Comme tout le monde ne dispose pas d'un bureau et de ne peut pas en aménager un chez soi, nous travaillons sur une box démontable qui pourra s'installer dans une pièce. Elle sera légère, confortable, notamment au niveau de l'assise et du poste de travail, insonorisée et surtout facilement rangeable. Cette box pourra être complétée avec une clef 5G un casque antibruit, etc. Ce développement du télétravail aura certainement aussi des conséquences sur la façon d'imaginer des logements. La tendance sera aux espaces modulables, avec pourquoi pas une pièce attenante au logement à transformer suivant les besoins en chambre, bureau, ou studio indépendant.

Est-ce que vous imaginez une autre approche dans la conception des immeubles de bureaux ?
E.G :
La réflexion que nous portons au sein de Trium est celle d'une organisation du travail en trois points, notamment pour les grandes entreprises. Le siège social ne sera pas forcément l'endroit où viennent tous les jours les salariés pour travailler, mais plutôt pour se retrouver, échanger sur les projets. Cela ne veut pas dire non plus qu'il n'y aura plus de bureaux et que l'on n'y travaillera plus. Mais le siège va devenir de façon plus forte un bâtiment « totem », un camp de base en quelque sorte. Il sera évolutif en fonction des besoins de l'entreprise et servira aussi d'élément de communication pour porter l'image de la société. On pense aussi au développement de tiers-lieux partagés, que les entreprises pourront louer pour regrouper des salariés, à proximité de leur domicile et éviter ainsi des trajets jusqu'au siège. Le home office va aussi perdurer, mais en complément.
R. T : Nous ne pensons pas qu'il y aura besoin de moins de mètres carrés dans l'immobilier de bureaux, mais que ces espaces devront être modulaires pour correspondre aux besoins des entreprises qui peuvent évoluer vite.




Frédéric DELMONTE
Journaliste

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