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Après des années de procédure, la microcentrale hydroélectrique de Pont-Sarrazin enfin en fonction

Hautes-Alpes le - - Territoires

Après des années de procédure, la microcentrale hydroélectrique de Pont-Sarrazin enfin en fonction
M.-F. Sarrazin - Vincent de Truchis et Robert Nebon devant l'une des deux machines qui composent l'infrastructure de production d'électricité verte.

Il est des projets qui peinent à aboutir. La microcentrale hydroélectrique de Pont-Sarrazin, portée par l'Asa (Association syndicale autorisée) du Canal de Gap, en fait partie. Après des années de procédure, elle a enfin pu être mise en fonction en septembre dernier, pour un investissement de 3 M€.

Quand, en 2012, l'Asa (Association syndicale autorisée) du Canal de Gap a souhaité moderniser sa microcentrale hydroélectrique de Pont-Sarrazin, datant des années 1970 et du début des années 1980, elle s'est heurtée à l'opposition de la Cleda (Communauté locale de l'eau du Drac amont). « Ses recours portaient sur deux axes : la remise en cause du droit d'eau d'une part et le blocage du droit de produire de l'énergie d'autre part », explique Vincent de Truchis, directeur de l'Asa. La justice - la procédure est remontée jusqu'au Conseil d'Etat - a finalement donné raison au Canal de Gap. Et le projet a ensuite été monté très vite pour un investissement de 3 M€ porté uniquement par l'Asa. « Tout a été bouclé en huit mois. Les délais d'exécution ont été très courts car nous étions pris d'un côté par l'attente de la fin des recours de la Cleda et de l'autre par la date butoir que nous imposait le contrat de vente de l'énergie produite », indique le directeur.

Les machines actuelles sont désormais aux normes et permettent une amélioration du rendement de 8 à 10 %. Les deux unités qui composent l'usine devraient produire en moyenne 5 Mwh par an - et encore davantage cette année - pour un revenu annuel moyen de 250 000 €. « Environ 100 000 € sont destinés à rembourser l'emprunt. Nous devons aussi prendre en compte les dépenses de fonctionnement. Le reste entre dans les recettes du Canal de Gap. Ainsi, les dépenses ou charges annuelles qui sont à répartir entre les adhérents sont-elles minorées grâce à cette recette. »

L'installation de production d'énergie verte satisfait à toutes les normes écologiques

L'eau provient du lac des Jaussauds, où elle est stockée après son prélèvement dans le Drac. Elle est ensuite acheminée par une conduite forcée jusqu'à la microcentrale avant d'être rejetée dans la Luye. « Les turbines sont de type Pelton en inox de 700 mm de diamètre chacune. Un jet propulsé à 50 mètres par seconde fait tourner les roues et entraîne les alternateurs. L'usine se caractérise par sa grande hauteur de chute, de 370 m, et le faible débit de l'installation. Le débit maximum est de deux fois 230 l/s et la puissance de l'installation s'élève à 1 600 kW », détaille Vincent de Truchis.

L'installation de production d'énergie verte satisfait à toutes les normes écologiques. « Les débits que nous prélevons dans le milieu sont très faibles puisque l'autorisation administrative porte sur 5 millions de m3 par an lorsque le Drac roule chaque année plus de 150 millions de m3 d'eau. De même, le démarrage et l'arrêt de l'usine sont très progressifs pour ne pas induire de perturbations sur les milieux écologiques », précise le directeur. Il y a cinq ans, l'Asa a modernisé le barrage des Ricous, qui permet le captage des eaux sur le Drac, selon un procédé qui ne retient pas les sédiments constituant l'alimentation de la faune piscicole. « Il est doté d'une passe à poissons et à sédiments selon un procédé sophistiqué. Une vanne de 4 x 4 m se lève proportionnellement au débit du cours d'eau, laissant ainsi passer limons, sable et blocs de grosse dimension. » L'Asa a d'ailleurs lancé une étude sur trois ans pour savoir si l'apport d'eau du Drac améliore les conditions de vie des invertébrés aquatiques et des poissons de la Luye.

Un projet de réserve d'un million de mètres cubes d'eau à La Roche-des-Arnauds

Pour soutenir sa distribution d'eau, le Canal de Gap envisage de construire une réserve de stockage d'une capacité d'un million de mètres cubes d'eau à La Roche-des-Arnauds. Son coût est estimé à 17 M€. « Nous sommes déficitaires en eau d'irrigation sur le secteur de Tallard, Neffes et Pelleautier. Ce projet apporterait à la fois une solution et permettrait une augmentation du débit réservé sur le Drac de l'équivalent de la réserve », justifie le président du Canal de Gap, Robert Nebon. « Il s'agit d'un projet écologique », complète Vincent de Truchis. L'Asa espère soumettre le dossier à enquête publique d'ici six mois.




M.-F. Sarrazin
Journaliste

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