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Antibes : une nouvelle urbanité pour le port Gallice

Typique des années 70, le port Gallice fait actuellement l'objet d'une requalification de 15 millions d'euros portée par la CCI Nice Côte d'Azur. Elle est basée notamment sur une reconquête par le végétal.
Antibes : une nouvelle urbanité pour le port Gallice
R. Mario - L'ensemble des quais sont rehaussés de 40 cm avec au niveau de la jetée principale, la pose de tirants.

UrbanismeAlpes-Maritimes Publié le ,

Un port de plaisance caractéristique des trente glorieuses, créé ex nihilo comme beaucoup d'autres sur le littoral méditerranéen mais offrant aujourd'hui le visage de surfaces goudronnées dévolues, à terre, à l'automobile, d'espaces publics peu développés et d'une végétalisation limitée... A la barre de la restructuration du port Gallice à Antibes depuis le 1er janvier 2018 dans le cadre d'une nouvelle DSP (délégation de service public) de 16 ans, Sas Gallice 21 (la CCI Nice Côte d'Azur, la Caisse des dépôts et la Caisse d'Epargne) a engagé un projet de modernisation et d'embellissement de 15 millions d'euros afin de lui conférer une nouvelle attractivité,

Un projet assez atypique car il vise tout à la fois à donner une nouvelle urbanité à cette infrastructure (près de 8 hectares, 436 postes d'amarrage pour des unités jusqu'à 44 m de long, plus de 3000 m2 de bâtiments), à valoriser son architecture méditerranéenne signée de Guillaume Gillet en 1966 mais aussi à protéger ce port des changements climatiques et notamment des risques de submersion avec la montée du niveau de la mer... « Port Gallice a été construit à l'époque en un an seulement avec des principes simples : une stricte orthogonalité dans l'implantation des bâtiments et des ouvrages portuaires hormis la jetée principale, courbe ; une architecture blanche et épurée pour les bâtiments dont l'horizontalité a facilité leur intégration dans le site. C'est en tirant parti de ces éléments que nous avons conçu notre projet de réhabilitation », détaille l'architecte Philippe Prost, en charge de la maîtrise d'oeuvre, avec Tout se transforme, paysagiste, des deux grands projets de modernisation des ports d'Antibes, Vauban et Gallice.

Rehaussement général des quais

Sans modifier le projet d'origine, les interventions consistent à végétaliser abondement cette infrastructure très minérale et notamment la zone de stationnement, à réaménager les bâtiments nord et sud en mettant en valeur leur architecture méditerranéenne, à aménager une promenade belvédère sur leur toiture... La reprise complète des réseaux et un plan lumière, économe en énergie, sont également prévus.

Mais avant il faut s'attaquer à la protection de l'ouvrage. La solution retenue est un rehaussement de l'ensemble du linéaire des quais d'environ 40 cm (soit environ 500 mètres à traiter), un chantier confié à Colas Génie Civil. Amorcée au niveau de la jetée principale et du quai sud dans le cadre de la première tranche des travaux, l'opération consiste a créer une nouvelle poutre de rive avec une imposante cage de ferraillage et un béton maritime, coulé sur place. « Pour reprendre les efforts horizontaux liés à l'amarrage des navires, des tirants de 7 mètres de long ancrés dans une plaque béton et dans la digue sont également mis en oeuvre », explique Cédric Simon, responsable sud-est de Colas Génie Civil. Ces travaux maritimes ont notamment nécessité de faire appel à des équipes de plongeurs (Mare Nostrum) pour immerger les réseaux dans ce nouvel ouvrage.

Traiter le ruissellement

Pour le quai sud, il est même nécessaire de conforter l'ouvrage par des reprises d'enrochement et des micropieux, un préalable à l'implantation d'un futur petit bâtiment d'accueil. Intervention inhabituelle sur une infrastructure portuaire : ce rehaussement s'accompagne d'un inversement de la pente de la plateforme bordant les quais et de la mise en place de système de récupération des eaux grises car à l'origine le port Gallice a été construit au ras de l'eau et avec une « mauvaise » pente, entraînant des déversements des eaux de ruissellement dans la mer lors des intempéries ou des coups de mer.

Pour le bâtiment nord, qui sera dévolu à l'exploitation du port et à la technopôle du yachting, le curage est terminé, laissant apparaître sa structure de poteaux avec une trame de 4,2 mètres. Suivra le cloisonnement de l'espace intérieur. Sur sa toiture, quelque 500 tonnes de galets qui la recouvraient ont été retirés et vont suivre les travaux d'étanchéité puis la végétalisation par apport de 60 centimètres.

Prototypes et zones test

« Nous travaillons beaucoup sur ce projet avec des prototypes d'aménagement et des zones test qui nous permettent de valider les choix techniques et de gagner du temps ensuite dans les phases d'exécution », précise Stéphane Attali, directeur construction et travaux de la CCI Nice Côte d'Azur. Ainsi des éléments de façade menuisée du bâtiment nord mais aussi des futures places de stationnement végétalisées avec la mise à l'essai de différentes solutions de revêtements perméables et verts. Cette désimperméabilisation passe également par la création de noues paysagères sur le parc de stationnement et le choix des essences et des végétaux adaptés à l'environnement marin est réalisé en partenariat avec la Villa Thuret de l'Inrae.

La fin de cette première tranche de travaux est prévue au troisième trimestre 2022 puis suivront de nouvelles phases jusqu'en 2027 pour boucler ce plan de réaménagement mené sur un port qui doit demeurer en exploitation. Une dizaine d'entreprises sont actuellement à pied d'oeuvre dont Spada Construction, Eiffage Energie Systèmes, STME, Menuiserie du Canal, SMAC/Tee, Colas VRD, MB Constructions, Take Off, EGTP.

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