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Projet métropolitain Ambition 2040 : « Une décision historique pour un processus créatif inédit »

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Ambition 2040 : « Une décision historique pour un processus créatif inédit »
D.R. - Michel Roux, vice-président de la métropole Aix-Marseille-Provence en charge du projet métropolitain.

Le Conseil de la métropole se prononce ce 28 juin sur le projet métropolitain « Ambition 2040 ». Michel Roux, 1er adjoint du maire de Salon-de-Provence, vice-président de la Métropole Aix-Marseille-Provence en charge du projet métropolitain, dévoile les coulisses de sa conception et les enjeux auxquels il répondra.

TPBM : Les 12 engagements inscrits au projet métropolitain relèvent, selon Aix-Marseille-Provence Métropole, d'une démarche inédite. En quoi l'est-elle ?
Michel Roux :
Notre « fabrique du projet métropolitain » s'est avérée tellement originale qu'elle a été distinguée le 25 juin à Paris par un prix des Défis urbains*. Nous l'avons conçu sur les conseils des équipes du campus d'innovation Thecamp à Aix-en-Provence en associant les élus qui voulaient participer à sa conception et des représentants de la société civile provenant des secteurs les plus divers, économie, culture, social, associatif… Cette mixité dans la coproduction permettait d'enrichir les possibilités d'apports d'idées pour répondre aux besoins les plus importants pour l'avenir de la métropole.

Parallèlement, les agences d'urbanisme, l'AGAM** et l'AUPA***, ont approvisionné les réflexions par leurs enquêtes et documents, en particulier sur les sept paradoxes de notre métropole, en matière d'emploi, de paysage, de cadre de vie, de ressources, d'innovation, d'international, pour les êtres humains qui y vivent. Les déséquilibres du territoire suscitent le départ chaque année de 4 000 personnes. Cette fuite non négligeable atténue la perception positive que l'on peut avoir d'habiter en Provence. Ceux qui ont à l'esprit les images de Pagnol n'imaginent pas se retrouver bloqués tous les matins et tous les soirs dans les bouchons autour de Marseille. Le souci commun à tous les participants à cette « fabrique du projet » était de sortir de ces déséquilibres en définissant une ambition à l'horizon de 20 ans qui renforce l'attractivité de la métropole.

En quoi cette « Ambition 2040 » peut-elle s'imposer à tous si elle est approuvée ce 28 juin ?
Ce projet métropolitain, ce n'est pas un document juridique tout ficelé, opposable comme un Plan local d'urbanisme ou un SCOT [Schéma de cohérence territoriale, NDLR]. Il dessine plutôt un chemin d'avenir. Bâtir un projet était dans la loi. Pour nous débarrasser facilement de la contrainte, nous aurions pu le faire élaborer par une équipe de technocrates. Nous avons voulu qu'il soit l'œuvre d'une grande variété d'acteurs et de points de vue. Les 120 pages soumises à l'approbation du Conseil de la métropole reflètent la contribution de plus de 150 acteurs qui ont pris part aux échanges. C'est une réelle innovation…

La métropole a suscité beaucoup de polémiques depuis ses débuts. Comment êtes-vous parvenu à ce que chacun s'inscrive dans une démarche constructive ?
Au début, certains sont venus voir par curiosité, sans réelle attente. Puis, ils se sont pris au jeu de ce processus créatif collectif. Jean-Claude Gaudin [maire de Marseille et président de la métropole, NDLR] était soucieux que chacun se sente entendu. Il n'était pas question d'imposer une façon d'avancer mais bien de respecter les particularismes de chaque partie du territoire métropolitain. En ouvrant le dialogue avec ceux qui sont venus ou en allant à la rencontre des autres pour recueillir leur avis, la métropole est devenue le centre du sujet et tous se sont mis à parler comme « Métropolitains » et non plus comme élu de telle ou telle commune. Au fil des échanges, nous avons senti évoluer les mentalités.

Quelles sont les attentes ou contradictions qui ont pu apparaître durant ces échanges ?
La loi oblige, par exemple, de construire des logements partout. C'est louable mais pas sans conséquence pour le territoire. Si vous édifiez des logements là où il n'y a ni emploi, ni moyen de transport, vous allez contraindre les habitants à emprunter tous les jours leur véhicule pour se rendre à leur travail et donc accroître les problématiques de déplacements déjà sensibles. La solution n'est pas forcément dans l'aménagement constant de nouvelles infrastructures routières, génératrices de trafic et de pollution atmosphérique, l'agglomération marseillaise étant déjà l'une des plus peuplées et des plus polluées de France, mais dans la mise en œuvre d'une autre approche où l'on construit des logements plutôt à proximité des zones économiques et on conçoit des modes de déplacements alternatifs à la voiture, plus protecteurs de la qualité du cadre de vie. Voilà l'un des axes sur lesquels se sont accordés les « fabricants » de ce projet…

Ce projet métropolitain se veut « évolutif ». Comment l' envisagez-vous ?
Ce 28 juin, les élus de la métropole vont se prononcer sur les douze engagements. Par leur vote, ils vont dire : « Voilà notre ambition commune, voilà le chemin à suivre »… Une fois voté, tout ce qui s'accomplira sur la métropole sera lié à ce projet. Le SCOT, l'Agenda de la mobilité… constitueront les outils qui permettront de le mettre en œuvre. A travers ses 120 pages, il ambitionne de traiter et résoudre 90% des problèmes de la métropole. C'est donc une décision historique que s'apprêtent à prendre les élus deux ans après le lancement de cette « fabrique du projet ». Jusqu'à la semaine dernière, nous l'avons encore fait évoluer pour intégrer des remarques de bon sens que les uns ou les autres ont formulées.


Lire aussi : Le Scot, premier outil métropolitain


Une frustration subsiste-t-elle après tout ce parcours consultatif et participatif ?
Nous n'avons pas économisé nos efforts pour associer le plus largement possible, mais j'aurais aimé qu'il y ait encore plus de participation. Le processus était complexe, il a connu des débuts difficiles parce que tout le monde n'a pas compris exactement pourquoi s'investir dans cette démarche… Certains pensaient même que c'était moi qui devais définir le projet et leur proposer ! Peut-être d'ailleurs le terme « projet » a-t-il pu désarçonner parce qu'on l'entend souvent sous la forme physique qu'il va prendre, un projet d'école, un projet immobilier, un projet urbain… Là, il fallait coproduire ensemble. D'autres ont pu craindre qu'il soit le premier acte d'une métropole qui impose sa vision aux communes et ont donc eu du mal à s'impliquer. Mais le président Jean-Claude Gaudin a souvent martelé qu'il privilégiait une « métropole des communes ». Cette volonté imposait une mission de « fabrique du projet » participative. J'ai tenté de m'y employer sans relâche…

* Les Défis Urbains sont organisés par le magazine Traits Urbains et la lettre Urbapress du groupe Innovapresse.
** Agence d'urbanisme de l'agglomération marseillaise
*** Agence d'urbanisme Pays d'Aix-Durance




J.-C. Barla
Journaliste

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