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Alpes-Maritimes : le BTP a tenu le choc

Grâce aux commandes engrangées avant la crise sanitaire, le BTP azuréen a réussi à maintenir son appareil de production en 2020. Il aborde 2021 avec prudence, en raison des nombreuses incertitudes qui pèsent sur ses marchés.
Alpes-Maritimes : le BTP a tenu le choc
R. Mario - Les responsables de la FBTP 06 (de gauche à droite) : Patrick Moulard, chargé du développement durable et des nouvelles technologies, Laure Carladous, présidente, Pierre Mario, responsable de la section travaux publics et routiers.

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« Dans une période plus que troublée, le BTP a fait preuve d'une capacité d'adaptation exemplaire. Nos entreprises ont pleinement assuré leur rôle économique et social en parvenant à poursuivre leur activité malgré la crise sanitaire. Et elles ont réussi également à préserver l'emploi, resté stable en 2020 dans le département, autour de 23 000 salariés », se félicite Laure Carladous, présidente de la Fédération du BTP des Alpes-Maritimes. Ce résultat pour le BTP azuréen est d'autant plus remarquable que les marchés de la construction ont connu globalement un reflux l'an passé. Fin 2020, la construction de logements accusait une baisse de 10% ; le non-résidentiel et notamment les bureaux, un retrait de 30% ; les travaux publics, une perte d'activité de 15%... Seul l'entretien-rénovation, grâce à un redémarrage rapide des chantiers chez les particuliers avec des protocoles sanitaires moins lourds, a limité les dégâts (- 4,5%), porté par le dynamisme des travaux de rénovation énergétique. Et il s'annonce comme le marché porteur en 2021 tant dans le privé avec de nouvelles mesures ciblées sur les particuliers (Ma Prim'Rénov et maintien de la TVA à taux réduit) que dans le public avec des rénovations énergétiques programmées sur des bâtiments Etat (70 opérations environ prévues).

Les retards dans les permis de construire risquent de peser

Si le secteur a passé sans trop de dégâts le cap d'une année 2020 très incertaine, grâce notamment aux commandes engrangées avant la crise sanitaire, des interrogations pèsent sur les mois à venir. « Nous redoutons une dégradation de la construction neuve, en particulier des mises en chantier de logements à cause des retards pris dans l'instruction des permis de construire », analyse Laure Carladous. Cumulé avec les recours, les blocages ou les refus de permis « sur des considérations purement politiques ou liées à une pseudo lutte contre la densification », ce coup d'arrêt dans la délivrance des autorisations de construire (- 28,6% en année glissante) pourrait entraîner, en 2021, une nouvelle chute de 10% de la production. Pour les représentants du BTP, cette situation va à l'encontre d'un contexte fiscal qui reste favorable à l'investissement immobilier avec notamment le prolongement du PTZ (Prêt à taux zéro) jusqu'à fin 2022 et du Pinel pour l'investissement locatif, jusqu'en 2024. Pour relancer la machine, la FFB propose même de les accentuer avec un crédit d'impôt spécifique pour la primo accession et une majoration du Pinel pour les logements réalisés avec la nouvelle réglementation environnementale RE 2020.

Les travaux publics veulent du court terme

« Dans les travaux publics, nous observons depuis plusieurs années une baisse constante des appels d'offres et cette tendance se confirme en ce début d'année dans le département », juge Pierre Mario, président de la section travaux publics et routiers au sein de la fédération. Pourtant, dans ce secteur les perspectives apparaissent plutôt favorables mais... à moyen terme. Début janvier, l'Etat et la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur ont signé le contrat d'avenir 2021-2027 (5,1 milliards d'euros mobilisés) et l'accord régional de relance 2021-2022 (1,7 milliard sur les 5,1 milliards d'euros du contrat d'avenir) qui doivent déboucher sur de nombreux investissements structurants dans les territoires. Dans les vallées sinistrées par la tempête Alex, la reconstruction va drainer des centaines de millions d'euros d'investissements... « Ces engagements concernent l'avenir. Mais ce dont ont besoin nos entreprises, ce sont des projets concrets et immédiats », analyse Pierre Mario. Dans les vallées par exemple, les travaux restent pour l'heure cantonnés aux interventions d'urgence pour rétablir les équipements essentiels avant d'envisager la reconstruction à long terme des infrastructures.

La pression sur les prix s'est accentuée

Consciente de ces difficultés, la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) a édicté un guide « Territoires : vite des projets » à destination des élus locaux. Le but est de présenter toutes les catégories d'infrastructures susceptibles de participer à la relance et de détailler les dispositifs et mécanismes de subventions disponibles pour chaque type d'opération. Car la profession est convaincue qu'il n'y aura de relance que si les maires se l'approprient et présentent des projets éligibles aux financements de l'Etat et de la Région. « Cette mobilisation à court terme ne doit pas nous faire oublier nos combats à long terme qui restent vitaux pour l'avenir de notre profession » ajoute Laure Carladous.

Parmi ces combats, il y a la lutte contre les prix bas ; une pression sur les entreprises qui s'est encore accentuée avec la crise sanitaire. « Les coûts supplémentaires directs et indirects liés aux préconisations sanitaires ont encore alourdi nos charges. Sans que l'on puisse les répercuter sur nos prix de vente car nombre de maîtres d'ouvrage privés ont refusé de prendre à leur charge une partie de ces surcoûts », déplore Laure Carladous. Confronté également à une hausse du prix des matières premières et à de nouvelles réglementations plus complexes, le BTP craint de ne plus pouvoir faire face, sans un ajustement des prix de la construction.

L'autre combat que la FBTP 06 poursuit inlassablement, c'est la formation des jeunes pour préparer au renouvellement des effectifs dans les entreprises. « Malgré la crise, le Centre de formation du bâtiment d'Antibes compte 1 050 apprentis actuellement contre 850 l'an passé. C'est le signe que les entreprises jouent le jeu et que nos formations s'adaptent aux enjeux de notre secteur et sont attractives », assure Patrick Moulard, chargé du développement durable et des nouvelles technologies à la FBTP 06.

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