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Tribunal de commerce de Manosque Alpes-de-Haute-Provence : comment se portent réellement les entreprises ?

Peu d'activité économique mais peu d'entreprises en difficultés. C'est le surprenant constat qu'a dressé le tribunal de commerce de Manosque lors de l'audience solennelle de rentrée du vendredi 22 janvier. Une distorsion des indicateurs qui n'augure rien de bon selon ses observateurs de la vie économique.
Alpes-de-Haute-Provence : comment se portent réellement les entreprises ?
H. Saveuse - L'audience solennelle de rentrée du tribunal de commerce de Manosque s'est tenue le 22 janvier 2021.

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Si l'audience solennelle de rentrée du tribunal de commerce permet habituellement de donner la température de l'activité économique du département, cette année le thermomètre semble s'être grippé. En cause, une crise sanitaire sans précédent et des dispositifs de soutien qui faussent l'examen de la situation. C'est l'analyse qu'a fait Jean-Marc Charbonnier, président du tribunal de commerce de Manosque, lors de l'audience solennelle de rentrée qui avait lieu ce vendredi 22 Janvier.

Des indicateurs hors sol

En 2020, le nombre d'inscriptions au registre du commerce est en hausse alors que le nombre d'immatriculations s'affaisse. Les procédures de redressements sont également en baisse au même titre que les liquidations. Durant l'année qui vient de s'écouler, le tribunal de commerce manosquin a prononcé trois plans de sauvegarde, sept plans de redressement et un plan de cession. 133 clôtures pour insuffisance d'actif ont également été prononcées contre 140 en 2019.

D'autre part, le tribunal a acté deux jugements de faillite personnelle et quatre jugements d'interdiction de gérer contre sept l'an passé. Le président du tribunal de commerce de Manosque constate également une très forte diminution du contentieux et des procédures collectives entre 2019 et l'année 2020. Parallèlement, le greffe a enregistré 854 immatriculations à titre principal dont 406 personnes physiques et 448 sociétés commerciales, dont 287 sociétés civiles.

Un bilan plus qu'étonnant compte tenu du net recul de l'activité économique : « Nous constatons qu'un grand nombre d'entrepreneurs se sont lancés en auto-entreprenariat ». S'il se satisfait de constater qu'ils n'aient pas tous baissé les bras, Jean-Marc Charbonnier s'inquiète néanmoins et suppose qu'un grand nombre d'entrepreneurs ont voulu fixer leur activité grâce à tout l'arsenal juridique mis à leur disposition. Une bonne idée à l'instant T ? Probablement. Mais le président du tribunal de commerce nuance et s'interroge sur le moyen et long terme « les entreprises tiendront-elles lorsque la normalité de la situation sera revenue ? ». Il en doute et s'attend à une augmentation des défaillances dans les mois à venir.

Amortir la chute

Il poursuit : « en 2021, nous allons devoir relever des défis pour reprendre une vie normale. Les entreprises et les salariés, les commerçants et les artisans vont devoir s'adapter, revoir leur modèle économique et faire preuve d'innovation ». En prévision, le tribunal de commerce assure que « tout sera mis en œuvre, dans le respect des textes, pour sauvegarder l'économie locale et ses emplois » en attendant des jours meilleurs.

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