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Alexandra Gaudy, une entrepreneure droite dans ses bottes

Hautes-Alpes le - - BTP

Alexandra Gaudy, une entrepreneure droite dans ses bottes
M.-F. Sarrazin - En 2010, Alexandra Gaudy a créé Gaudy Transports, spécialisée dans la location de camions pour transport d'agrégats et d'engins de TP.

Biberonnée aux travaux publics, Alexandra Gaudy a logiquement repris l'entreprise de son père et a créé la sienne. Cette femme de poigne ne reste jamais sur ses acquis. Sa méthode de travail se résume en trois mots : cohésion, innovation et probité.

Alexandra Gaudy est une femme de poigne, qui sait s'imposer, mener ses troupes et à qui on le la fait pas. Tel un couteau-suisse, à 39 ans, elle a déjà vécu de nombreuses vies. Aujourd'hui, elle est l'une des trop rares femmes entrepreneures dans les travaux publics, à la tête de deux sociétés à Chorges, dans les Hautes-Alpes. Celle de son père, Gaudy TP, qu'elle a reprise il y a un an, et la sienne, créée en 2010, Gaudy Transports, spécialisée dans la location de camions pour transport d'agrégats et d'engins de TP.

L'ironie du sort pour celle qui ne voulait « pas travailler dans le BTP avec mon père », mais qui admet avoir « davantage joué aux mini-pelles qu'aux Barbies ».

Alexandra Gaudy se lance d'abord dans des études de puériculture avant de gérer des clubs enfants de centres de vacances, « en ayant toujours un œil sur l'entreprise de mon père ». Le départ d'un salarié l'amène à venir donner un coup de main pour la gestion de l'atelier, du réapprovisionnement des chantiers, des contrats d'intérim, des devis, des fournitures, bref de la gestion commerciale. « C'était il y a 15 ans... », soupire-t-elle.

Parce qu'elle n'entend pas se reposer sur ses lauriers, à 27 ans, Alexandra Gaudy, consciente de ses « lacunes car je n'avais pas fait d'études dans ce domaine », s'inscrit à l'ESJDB (Ecole supérieure des jeunes dirigeants du bâtiment) de Lyon, se forme à la Forézienne (Eiffage), puis se met en tête de passer son permis poids lourd et super lourd. Car elle a bien l'intention de créer sa propre entreprise, qui prendra le nom de Gaudy Transports.

En 2017, elle part aux Etats-Unis pour deux ans suivre une formation de management et de consulting d'entreprise qui la conduira à... gérer un salon de coiffure et d'esthétique dans la banlieue de Miami ! Même pas peur. Elle y apprend une autre manière de diriger. La Haut-Alpine a fait siennes la réactivité, l'innovation et la droiture. La gestion à l'ancienne, les vieilles habitudes douteuses et répréhensibles, très peu pour elle.

Alexandra Gaudy met un point d'honneur à valoriser ses salariés et à créer des moments de cohésion dans le but de constituer une équipe soudée. « La qualité de nos chantiers s'en ressent », assure-t-elle. C'est d'ailleurs le premier sujet auquel elle s'est attaquée en rentrant en France et en reprenant l'entreprise que son père a créée en 1977. Aujourd'hui, elle gère une équipe de 35 salariés dans la partie TP et six dans le transport. Avec une multitude de compétences : la voirie et réseaux, les canalisations, le terrassement, le bâtiment, la démolition, les stations d'épuration, le génie civil, le déneigement. Ce qui la conduit à se lancer dans la promotion immobilière, à La Bâtie-Neuve, au bord de Serre-Ponçon et sur la Côte d'Azur.

« Je me sens totalement à ma place et mes salariés sont fiers d'avoir une patronne ! »

Alexandra Gaudy entend également introduire davantage la dimension écologique dans son quotidien d'entrepreneure. A commencer par la gestion des déchets. « On possède un atelier de concassage où l'on retraite les matériaux pour les réutiliser. D'ailleurs, on ne parle plus de démolition aujourd'hui mais de déconstruction. » La société Gaudy emploie des huiles bio pour ses machines et a investi dans deux camions nouvelle génération, « des machines hybrides qui permettent de consommer 40% de carburant en moins ». L'aspect durable se traduit aussi dans le choix des chantiers (des pistes forestières par exemple) et des partenaires écoresponsables. Sans oublier de proposer des variantes écologiques quant à l'emploi des matériaux (moins de plastique).

Si son père n'a pas encore tout-à-fait quitté le navire - il conserve un bureau dans les locaux -, Alexandra Gaudy assure n'avoir jamais souffert d'être « la fille de ». « Lorsque j'ai commencé chez mon père, ce sont les anciens qui m'ont vu naître qui se sont montrés les plus réticents. Pour leur prouver que j'étais capable, je transportais des sacs de ciment, lisait des livres de mécanique la nuit. Du moment où j'ai fait mes preuves, ils n'ont plus douté de mes capacités », se souvient-elle. Même si elle confie être parfois victime de remarques plus que déplacées, Alexandra Gaudy considère le fait d'être une femme comme une force. « Je me sens totalement à ma place et mes salariés sont fiers d'avoir une patronne ! »




M.-F. Sarrazin
Journaliste

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