AccueilTerritoiresAix-en-Provence : la ville durable au coeur des discussions lors des Estivales

Aix-en-Provence : la ville durable au coeur des discussions lors des Estivales

Du 8 au 11 septembre, les acteurs de l’immobilier et de l’aménagement du pays d’Aix étaient en vitrine aux abords de la place de la Rotonde. Quatre journées ponctuées d’échanges entre élus et professionnels dont nous retraçons les points forts.
Les plateau TV des Estivales de l'immobilier à Aix-en-Provence.
Robert Poulain - Les plateau TV des Estivales de l'immobilier à Aix-en-Provence.

TerritoiresBouches-du-Rhône Publié le , Frederic Delmonte et William Allaire

Les Estivales de l'immobilier, de l’aménagement et de l’urbanisme durables, organisées début septembre à Aix-en-Provence par la Semepa, ont été l'occasion d'aborder de nombreux sujets d'actualité. Retour sur quelques-unes des interventions des décideurs publics et privés, invités sur le plateau TV du salon. Des échanges qui permettent de mieux comprendre Aix-en-Provence.

Replay : la charte du bien construire à Aix-en-Provence

Jean-Louis Vincent, adjoint à l’urbanisme : « Aix n’est pas la seule ville à se doter d’une charte. Marseille a la sienne. On souhaite redonner ses lettres de noblesse à l’architecture. Quand vous construisez à Aix, vous êtes dépositaire d’une histoire gravée dans la pierre. Des promoteurs m’ont fait visiter des programmes qu’ils ont réalisés dans Aix. Ce que j’ai pu voir m’a laissé pantois. Dans certaines résidences récentes, vous n’avez franchement pas le sentiment que le prix demandé est en adéquation avec la qualité des logements. Vous avez par exemple des terrasses accessibles par une marche de 15 centimètres. C’est à se demander pourquoi on construit des logements avec des normes d’accessibilité pour les personnes handicapées… En matière de taille minimale des logements, on demande simplement aux promoteurs de respecter ce qui est prescrit aux opérateurs de logement social. Pour éviter les quiproquos, on propose d’accompagner les opérateurs en amont et de les aider dans la conception de leurs projets plutôt que d’être obligés de refuser les permis car ils ne correspondent pas à la qualité architecturale et urbaine que la Ville souhaite promouvoir. »

La place d’Albertas à la veille de sa cure de jouvence

Marie-Pierre Sicard-Desnuelle, adjointe au patrimoine, aux musées et aux archives de la ville d’Aix :« Je pourrais écrire un livre sur l’histoire de la restauration de la place d’Albertas. Les bâtiments qui entourent cette place symbole de l’élégance aixoise appartiennent à des privés. La Ville n’a pas souhaité engager la requalification de la calade et de la fontaine tant que les travaux sur le bâti ne seraient pas réalisés. Les propriétaires des deux ailes latérales ont accepté de réaliser les travaux de ravalement. Pour la partie centrale, en revanche, il a fallu attendre que la succession de l’ancien propriétaire soit réglée. Ce n’est pas simple car ce monsieur s’était marié à plusieurs reprises et a eu des héritiers de ses épouses successives. L’Etat refusait de débloquer les subventions auxquelles les propriétaires étaient éligibles pour les travaux car il souhaitait que ces derniers soient effectués en même temps, en une seule phase. Nous avons bataillé pour que les propriétaires des ailes est et ouest puissent bénéficier des aides. Depuis, les deux façades latérales ont été ravalées avec soin. Reste la partie centrale. Nous en sommes à la troisième génération de descendants… La Ville a pris un arrêté enjoignant la réalisation des travaux. Et de son côté, elle va lancer le chantier de restauration de la calade et de la fontaine. Fontaine qui n’est pas d’origine car elle avait été refaite par les élèves de l’Ecole des arts et métiers en 1912. Elle va être rénovée par des artisans qui lui redonneront son lustre originel. »

Replay : les défis de la smart-city en Pays d'Aix

Un BHNS vers le pôle d’activités

Eric Chevalier, adjoint aux déplacements, au stationnement, à la voirie, à l’aménagement et à la construction : « L’Aixpress, la ligne de Bus à haut niveau de service (BHNS), est très fréquentée. La priorité désormais est de créer un second axe vers le pôle d’activités qui desservirait les 30 000 salariés de ce poumon économique. Nous plaidons pour l’aménagement d’un axe en site propre le long de la voie ferrée de Rognac, qui passe au nord du pôle d’activités. Le projet n’implique pas de lourds travaux de génie civil. Il reste à s’arroger la maîtrise foncière d’une demi-douzaine de parcelles qui longent la voie. La balle est dans le camp de la Métropole qui a la compétence transports. Nous allons défendre le dossier auprès du Groupement d’intérêt public (GIP) qui va piloter les chantiers du plan "Marseille en grand". Nous avons d’ores et déjà écrit un courrier en ce sens au président du GIP. »

Replay : les enjeux du logement à Aix-en-Provence

Une charte pour respecter la scène urbaine d’Aix

Sophie Joissains, maire d’Aix : « La charte du bien construire a pour ambition de valoriser la mise en scène urbaine d’Aix. Les récents textes législatifs prônant la densité et la reconstruction de la ville sur la ville ont eu un effet pervers : on a vu fleurir une myriade de permis de construire dans le centre-ville et la première couronne. Des projets qui menacent la forme de la ville et portent atteinte aux paysages invisibles, ces jardins intérieurs et autres arrière-cours typiques du tissu aixois. Aujourd’hui, les habitants veulent des logements clairs, spacieux… »

Replay : la mixité fonctionnelle à Aix-en-Provence

Le modèle de la ville du quart d’heure

Sophie Joissains, maire d’Aix :« Je plaide pour un développement raisonné de la ville. Au cours des dix dernières années, elle a gagné plus de 3 000 habitants. Je ne souhaite pas surdensifier afin de ne pas créer de ghettos ou de cités dortoirs. Il faut veiller à préserver la qualité de vie exceptionnelle que l’on a à Aix. Dans la logique de la ville du quart d’heure, on doit articuler logements et équipements de proximité, le tout dans un maillage de transport efficient pour que la vie soit la plus douce possible. »

Replay : les grands projets de la Constance et la Durane

La Constance toujours en attente

Sophie Joissains, maire d’Aix : « Le projet de la Constance est un beau projet. Il s’agit de développer un écoquartier de plus de 3 000 logements inscrit dans le grand paysage cézannien.L’Etat nous a demandé de réaliser une nouvelle étude traitant de la desserte et de la biodiversité. Nous nous y sommes attelés en étudiant notamment une autre desserte du quartier depuis le Jas de Bouffan. Nous attendons le retour des services de l’Etat. »

Promouvoir la production de logements familiaux à prix maîtrisés

Sophie Joissains, maire d’Aix :« Aix pâtit de son attractivité. Les jeunes ménages ont du mal à se loger car les prix de l’immobilier sont élevés, tirés par la forte demande. Cette situation nous a conduits à imposer 25 % de logements sociaux et 15 % de logements en accession à prix maîtrisé dans toute opération d’au moins 1 000 mètres carrés. Nous souhaitons par ailleurs promouvoir la réalisation de programmes de logements adaptés aux familles. »

Le quartier du Faubourg étire le centre-ville

Sophie Joissains, maire d’Aix :« Le projet de quartier du Faubourg a pour objectif d’étirer le centre-ville vers l’ouest, au-delà du cours Sextius. L’ambition est à double échelle : il s’agit d’abord d’améliorer les usages des différents équipements publics (bâtiment La Sextienne, crèche, jardin du Pavillon Gauffredy, etc.) tout en valorisant le patrimoine culturel, artistique et naturel du quartier. Nous souhaitons par ailleurs revoir le schéma de circulation du quartier avec une réduction de la place de la voiture au profit des modes doux et des transports collectifs, un objectif qui aura pour emblème la requalification du cours Sextius et du boulevard de la République, deux axes majeurs de la première couronne urbaine. Le projet est aujourd’hui soumis à la concertation. Celle-ci a été prolongée jusqu’au mois d’octobre afin de permettre l’émergence du maximum de propositions de la part des habitants et des usagers. Nous serons notamment très vigilants sur les questions de mobilité. »

Le PNRU d’Encagnane attend son protocole

Sophie Joissains, maire d’Aix :« Le protocole de renouvellement urbain d’Encagnane sera bientôt présenté devant le comité d’engagement de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). L’objectif est de régénérer ce quartier construit au début des années 1960 pour accueillir les rapatriés d’Afrique du Nord. A l’époque, on était dans une logique d’urgence : ces logements étaient censés être provisoires. Ils devaient durer cinq à dix ans, pas plus ! Soixante ans plus tard, ils sont toujours là. On va raser plusieurs barres d’immeubles qui regroupent 254 logements pour reconstruire 424 logements mixtes dans le quartier et en dehors. Le bâti conservé sera réhabilité. Pour permettre le lancement des travaux, nous avons signé fin juin une convention avec les bailleurs sociaux, l’Etat, le Département des Bouches-du-Rhône, la Métropole et le comité régional Action Logement. Cette charte vise à accompagner le relogement des ménages résidant au sein des immeubles Calendal et Méjanes, les ensembles voués à la démolition dans le cadre du projet de renouvellement urbain. »

Replay : le sport élément d'attractivité territoriale

Une inflation de chartes qui alimente l’inflation ?

Arnaud Bastide, président de la Fédération des promoteurs immobiliers de Provence (FPI) :« La France est la championne de la réglementation. Le Code de l’urbanisme et de la construction est déjà suffisamment complexe. Rajouter une couche ne nous paraît pas nécessaire. Si nous partageons évidemment les ambitions de ces chartes, nous préférons nous poser en partenaires des Villes. Cette coopération est indispensable si l’on veut déminer les innombrables oppositions suscitées par l’acte de construire. La charte aixoise est frappée au coin du bon sens. Même si certains de ses items nous laissent perplexes comme la préconisation d’une hauteur sous plafond de 2,70 mètres dans les pièces de vie. Cela contribue à augmenter les coûts de construction de 10 %. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée dans le contexte inflationniste que nous connaissons actuellement. »

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