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Les Estivales de l'immobilier et de l'aménagement urbain Aix : "A la Constance, nous avons l'ambition de développer un nouveau morceau de ville durable"

Bouches-du-Rhône Publié le - - Territoires

Aix : "A la Constance, nous avons l'ambition de développer un nouveau morceau de ville durable"
Robert Poulain - Face à la rédaction de TPBM, les dirigeants des sociétés qui pilotent l'aménagement de l'agglomération aixoise ont accepté de lever le voile sur les grandes opérations en cours de développement.

Organisatrice des Estivales de l'immobilier et de l'aménagement urbain (13-15 septembre), avec la ville d'Aix et le groupe SeLoger-Logic-Immo, la Société d'économie mixte d'équipement du pays d'Aix (Semepa) a convié les élus et les opérateurs - bailleurs sociaux, promoteurs, investisseurs, agents immobiliers, etc. - à présenter à la fois leur stratégie et les programmes qui en sont la déclinaison sur le terrain. Début juillet, nous avons rencontré Gérard Bramoullé, premier adjoint au maire d'Aix qui préside le groupe Semepa, Jean-Louis Vincent, le directeur général, et Thierry Colombero, le directeur général adjoint de la Semepa, ainsi qu'Hervé Ghio, le directeur général délégué de la Société de construction et de gestion immobilière de la ville d'Aix (Sacogiva). Ils ont accepté de lever le voile sur les grandes opérations en cours de développement.

TPBM : Durant les années 80, la Semepa avait une petite sœur dédiée à la requalification du centre-ville d'Aix (la Semaraix). Cette mission a été récupérée par la Semepa en 1992. Quel bilan tirez-vous de son action sur le centre ancien ?
Thierry Colombero :
On travaille à la fois sur le vertical (le bâti) et l'horizontal (l'espace public). Via une convention, la ville finance à hauteur d'un million d'euros par an les travaux de remise à niveau des parcs immobilier et commercial du centre ancien ainsi que la requalification des espaces publics. Elle nous a délégué son droit de préemption. Dans le périmètre du Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV), nous avons un devoir d'entretien des façades à haute valeur patrimoniale. On veille également au maintien de la diversité des fonctions urbaines au sein du cœur de la cité : commerce, habitat, culture, équipements publics… afin que celle-ci ne devienne pas une ville-musée.
En près de deux décennies, nous avons ainsi réhabilité plus de 4 500 logements dans le centre-ville. Nous avons chassé de nombreux marchands de sommeil, comme sur la rue du Puits-Neuf, une opération de longue haleine instiguée en 1996. Il reste quelques points noirs. Mais aucun d'entre eux ne figure hors de notre champ de radar. Même si c'est très compliqué : vous avez parfois des immeubles qui présentent une façade en très bon état et dont l'intérieur cache des situations de délabrement avancé. Le chantier est souvent autant juridique que technique ou financier… Il faut convaincre les propriétaires. Cela implique souvent de les trouver dans le cas de successions multiples. Le cas échéant, on exproprie via le droit de préemption et on s'efforce de diversifier l'offre résidentielle en développant des logements familiaux (T3). Ce savoir-faire, nous le mettons d'ailleurs à la disposition de toutes les collectivités de la région confrontées aux défis de la redynamisation de leur centre-ville.

Pays d'Aix Territoires (PAT) est en première ligne dans le plan de sauvegarde de la copropriété de la résidence des Facultés, à la ZUP d'Encagnane. Où en est l'avancement de cette opération ?
Jean-Louis Vincent :
Cette copropriété de 502 appartements était en déshérence : trafics, prostitution… le mal était profond. En 2016, la municipalité nous a confié le pilotage du plan de sauvegarde pour tenter de sortir de l'ornière cet ensemble situé à un jet de pierre du centre-ville. Nous nous sommes associés avec la Sacogiva qui a engagé un travail de maîtrise foncière. L'objectif est de lancer des travaux de réhabilitation complète du bâti. Cela prendra des années mais notre détermination est totale.

Hervé Ghio : En deux ans, la Sacogiva a acquis 136 studios, 71 parkings, 13 bureaux et une douzaine de réserves de la copropriété. Cet effort a représenté un investissement de près de 4,2 millions d'euros. Sans compter les quelque 3 millions injectés dans les travaux de remise en état des logements. Ce sont des chiffres très importants pour la société [la Sacogiva a réalisé un chiffre d'affaires de 20,74 M€ en 2018, NDLR]. Nous sommes au taquet de ce que nous pouvons faire. Même s'il reste quelques propriétaires-bailleurs, l'objectif désormais est de diversifier l'offre résidentielle et de créer de petits appartements familiaux (T3). Mais en détenant un quart des droits de vote au sein de l'assemblée des copropriétaires, nous pesons dans les décisions. L'administrateur judiciaire nommé à la demande de Madame le maire, Maryse Joissains, a effectué un excellent travail. Un nouveau syndic a été nommé. Lors de la dernière assemblée générale de copropriété, tous les projets de travaux ont été votés. Et nous serons bientôt épaulés dans cette tâche par CDC Habitat. Même si tout ne va jamais assez vite, la vie quotidienne des résidents s'est améliorée. La résidence voit le bout du tunnel. Elle est désormais desservie par le Bus à haut niveau de service (BHNS). La demande de logements est forte dans ce quartier proche de l'hyper-centre.

La Duranne n'en finit pas de grandir. Où en est-on de l'aménagement de ce nouveau quartier périurbain ?
Gérard Bramoullé. :
Le projet a été initié par la précédente équipe municipale au début des années 90. Il s'agit d'une ZAC publique de 270 hectares dont le développement est porté par la Semepa à ses risques et périls. En 28 ans, c'est un morceau de ville composé de 2 700 logements qui est sorti de terre. Il y a plusieurs crèches, deux groupes scolaires, un collège, des commerces, un espace polyvalent… Et nous choisirons en décembre le groupement qui réalisera le futur complexe sportif qui comprendra un stade et un gymnase le long de la RD 543 [concours en conception-réalisation d'un montant estimé de 7 M€ HT, NDLR]. Fin 2018, on recensait 9 000 habitants à la Duranne. Il reste près de 1 500 logements à construire. On souhaite que ces derniers s'inscrivent dans une démarche d'aménagement durable. Pas question de créer une ville dortoir. On veut développer un véritable écoquartier avec un bâti inscrit dans le climat et le paysage méditerranéens : on veut privilégier les logements traversants, énergétiquement performants avec une architecture respectueuse de l'identité aixoise. Le tout dans une démarche foncière frugale.

Certains déplorent l'insuffisante desserte de ce nouveau quartier. Qu'est-il prévu pour en améliorer les accès ?
T. C. :
La desserte a longtemps été assurée par la seule RD 543. Mais depuis quelque temps, les choses avancent. Le doublement de la RD 9 jusqu'à la gare TGV est enfin achevé. La route départementale, ancienne route d'Apt, a elle aussi été élargie. Et nous avons mis en service une voie qui dessert le haut du quartier depuis le rond-point de Lagremeuse [la route de Calas, NDLR]. Le pôle d'échanges de Plan d'Aillane va monter en puissance ainsi que la desserte en transports collectifs des différents secteurs de l'écoquartier.

Quid de la Constance ? Les chantiers ont-ils démarré ?
J.-L. V. :
La Constance, c'est un peu la Duranne des années 2020-2030. Avec l'urbaniste Christian Devillers, auteur du schéma d'aménagement, nous avons l'ambition de développer un nouveau morceau de ville durable regroupant 3 600 logements, 70 000 mètres carrés de bureaux et 5 000 mètres carrés de commerces. Dans ce secteur d'une centaine d'hectares situé entre le Jas de Bouffan et la Pioline, nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur des partenaires comme la Sacogiva ou Erilia pour acquérir la maîtrise foncière du site [la Sacogiva et Erilia détiennent à eux deux près de 18 ha de la ZAC quand la ville maîtrise 16,2 ha, NDLR]. Nous travaillons à la réduction de l'empreinte environnementale du quartier. Nous réfléchissons par exemple à la mise en place d'une boucle d'échange thermique qui récupérerait l'énergie des effluents de la station d'épuration voisine pour chauffer ou refroidir les logements. L'aménagement fera la part belle à la nature : seulement 40 % de l'espace sera urbanisé. Et Christian Devillers a prévu de créer un grand parc paysager ouvert sur les paysages cézanniens au centre du quartier.
Les premières opérations sont lancées. Au printemps dernier, Voyage Privé a lancé les travaux de son nouveau siège qui formera la première brique du futur pôle numérique de la Constance. Cet automne, nous livrerons la Salle des musiques actuelles [la « SMAC » réalisée par le groupe Fayat, Rudy Ricciotti et Jean-Michel Battesti via un marché de conception-réalisation, NDLR] et dans la foulée le nouveau stade Reynier conçu par l'architecte aixois Stéphane Fernandez.​

TPBM est partenaire des Estivales de l'immobilier et de l'aménagement urbain, qui se tiennent du 13 au 15 septembre à Aix-en-Provence.
Lire l'entretien complet dans le n°1302 de TPBM, paru le 4 septembre.




William Allaire
Journaliste

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